Maurice de Vlaminck, 1926. Côte de bœuf
Tout le monde n’aime pas la psychanalyse. Et on peut comprendre : le patient dit une chose, le psychanalyste, souvent, en entend une autre. J’y pense à propos de cette phrase, extraite d’un ouvrage d’Erich Fromm, qui m’est revenue à l’esprit tout récemment.
« Les caractéristiques de cette orientation nécrophile
apparaissent dans certaines remarques qu’il répétait fréquemment. Bien
qu’Hitler suivît un régime végétarien, on servait à ses invités des repas
ordinaires. “Quand on apportait un bouillon de viande”, rapporte Speer, “je
pouvais être sûr qu’il parlerait de ‘thé de cadavre’.” » Erich Fromm, The Anatomy of Human Destructiveness,
1973
Je ne veux pas faire de reductio ad hitlerum, mais j’ai vu passer la pétition « Stop aux appellations ridicules de la nourriture » contre des propos de S. Rousseau très similaires :
RépondreSupprimer« J’aimerais bien un jour réussir à passer une loi où on appelle les steaks de la bonne manière, c’est-à-dire des cadavres d’animaux. ».
La pétition ironise avec une sorte de jeu qui suit le même principe : le caviar devient un « avortement de poisson », qu’on peut accompagner d’un verre de « pourriture de raisin » , etc… ».
Il ne nous reste plus qu’à terminer le repas en sortant une cigarette du gracieux paquet qui nous indique que « fumer tue » sous la photo d’un cancéreux et on sait ce qu’il nous reste à faire.
Armelle Sêpa.