Pieter Huys ( École de ?), Pays-Bas du Sud, La Tentation de saint Antoine, 1547
On pourrait définir l’esprit religieux comme une disposition intérieure qui pousse l’individu à s’attacher profondément à une croyance, un ensemble de valeurs ou une vision du monde partagée par une communauté. Il implique à la fois une adhésion intellectuelle (croire en des principes, des récits, des vérités) et une dimension affective (sentiment d’appartenance, confiance, dévotion). Dans ce sens élargi, le religieux est partout : inutile de le circonscrire à la communauté des croyants au sens traditionnel. Dès lors qu’il y a une communauté, un credo et une règle à respecter, une forme de religieux apparaît.
Ainsi, au sein d’un groupe animé par une forte charge utopique — une communauté anarchiste prônant le retour à la nature, par exemple —, si l’on se donne comme norme de renoncer à toute consommation de viande et d’interdire l’alcool pour mieux contrôler les dérapages pulsionnels, tous les éléments du religieux sont réunis.
Pourquoi
pas, d’ailleurs ? Encore faut-il l’assumer*. (À suivre)
* Les crédos sont des récits partagés : ils contribuent à notre identité et, en même temps, ils nous habitent comme des forces extérieures qui orientent nos comportements au point de nous altérer. (Altérer, à l’origine, signifie « rendre autre », « transformer en quelque chose de différent »).
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