mardi 8 mars 2016

Faut-il inhumer les animaux naturalisés?



Goniomètre crânien permettant de prouver que les Auvergnats, contrairement aux Néo-Calédoniens,  "ont l'angle pariétal presque nul et parfois négatif". 


On  connait Cesare Lombroso, fondateur de l'école italienne de criminologie (l'instinct criminel est héréditaire, des indices physionomiques permettent de le déceler).   Tous les ans, animés par des raisons strictement scientifiques,  des milliers de visiteurs arpentent les salles du musée turinois consacré à Lombroso pour admirer sa collection de crânes,  de têtes naturalisées, de cerveaux sous formol et autres  préparations anatomique (que ne ferait-on pas pour amour de la science).  Récemment, après la  polémique ayant mené à l'enterrement de Saartjie Baartman, la "Venus Hottentote", le comité No Lombroso demande la fermeture du musée*.

Cela se comprend, l'installation des morts dans un cadre profane les prive du traitement funéraire auquel ils auraient droit (même si, de leur vivant, ils ont été des égorgeurs patentés ou des violeurs compulsifs). De plus, on sait que les défunts sans sépulture, condamnés à une mort perpétuelle, errent dans le monde désireux de se venger.

Aujourd'hui, dans la mesure où les bêtes font l'objet d'une réhabilitation, on pourrait pousser cette requête encore plus loin. Il ne serait pas étonnant de voir naître une nouvelle association (le comité No Leroi-Gourhan, par exemple), sommant le Muséum national d'Histoire naturelle d'enterrer tous les hôtes de sa Galerie d'Anatomie comparée afin de leur assurer l'accès au Paradis.  Ne voit-on pas se multiplier des cimetières pour les animaux?


* Le cas de Saartjie Baartman est une perle de l'histoire coloniale. Née en 1789, rebaptisée la  "Venus Hottentote" par ses "montreurs",  cette femme sud-africaine aux traits particulièrement prononcés (les hanches, les fesses, les organes sexuels protubérants)  fut exhibée comme une bête de cirque dans plusieurs pays européens (Angleterre, Hollande, France).  Le moulage de son corps et son  squelette ont été exposés dans la galerie d'anthropologie physique du Musée de l'Homme à Paris jusqu'en 1974. En 2002, la dépouille de Saartjie Baartman a été rendue à l'Afrique du Sud qui a organisé ses funérailles.

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