jeudi 31 mai 2018

Une sale bête : l'envie (1 sur 3 voire 4).


Giotto, L'invidia (l'envie)

Voici une histoire de chiens qui m'a été racontée. Je la propose telle quelle ou presque, saucissonnée en quatre ou cinq tranches. 

À cette époque  Monsieur Olivier avait deux chiens de chasse. Le braque allemand (un peu atypique, il n’aurait jamais gagné un concours de beauté) arpentait la colline avec grâce et zèle. Le griffon blanc, en revanche, avait toujours des problèmes. Et en plus, il était peu concluant. S'il commençait une opération, il n'arrivait jamais à la terminer, distrait par d'autres tâches qui, tout à coup, lui paraissaient plus urgentes : "Oui, se disait-il soudainement, mais qui m'assure que pendant que je suis en arrêt ici il n'y a pas un faisan encore plus gros qui se cache dans ce buisson là-bas? Vite, partons !». Cela allait de pair avec son incapacité à établir des hiérarchies : « Que vaut-il davantage ? un faisan ou un perdreau ? Deux faisans ou un perdreau ? Deux perdreaux ou un faisan ? » Le doute le paralysait et brûlait rapidement ses énergies. L’autre chien, entre temps, suivait ses instincts ataviques en donnant à Monsieur Olivier de nombreuses satisfactions.   


A quei tempi il signor Olivier aveva due cani da caccia. Il bracco tedesco (un po’ atipico, non avrebbe mai vinto un concorso di bellezza),  zigzagava nei prati zelante e leggiadro. Lo spinone bianco, invece, aveva sempre qualche problema. E in più era inconcludente. Se cominciava un'operazione non riusciva mai a terminarla, distratto da altri compiti che, di punto in bianco, gli parevano più urgenti : "Sì, pensava improvvisamente, ma chi mi assicura che mentre sono in ferma qui non ci sia un fagiano ancora più grosso che si nasconde in quel cespuglio lì? Presto, partiamo". A questa difficoltà si aggiungeva la sua incapacità a stabilire delle gerarchie : " Cosa vale di più? Un fagiano o una pernice? Due fagiani o una pernice? Due pernici o un fagiano?". Il dubbio lo paralizzava bruciando tutte le sue energie. L'altro cane, nel frattempo seguiva i sui istinti atavici dando al Signor Olivier parecchie soddisfazioni.   

mardi 29 mai 2018

Les dents d'Hitler (faux syllogismes)




On vient de confirmer qu’Adolf Hitler, à la fin de sa vie, était végétarien. Tolstoï aussi, à la fin de sa vie, était végétarien. Rien ne nous permet d’en déduire que Tolstoï,  à la fin de sa vie,  était nazi.

È appena stato confermato che Adolf Hitler, sul finire della  vita, era vegetariano. Anche Tolstoj, sul finire della vita, era vegetariano. Questo non  ci permette di dedurre che anche Tolstoj, sul finire della vita, fosse nazista.  

dimanche 27 mai 2018

Vers l’introduction du puma dans les forêts françaises ?



Puma obèse aperçu par une caméra, l’autre nuit, dans un camping de  La Plaine-sur-Mer.


Le loups de chez nous ne font plus peur à personne. Cela prouve que nous sommes plus lucides que nos prédécesseurs*. C'est dommage parce que le méchant loup d'autrefois, avec toutes ses limites, avait de la gueule. Heureusement qu’en Amérique il reste quelques pumas. Eux, en revanche,  font encore peur. Un puma particulièrement maigre, l’autre jour, a dévoré une cycliste. Lorsque ces accidents se produisent tout le monde en parle. On organise des visites. Le lieu du sinistre sort de l'anonymat.

J’en tire deux  conclusions : 1) la présence de fauves anthropophages dans les espaces boisés  fait augmenter nos risques tout en anoblissant nos promenades. 2) Si j’étais le comité d’initiative de  Saint-Leu-la-Forêt ou de Sourdeval-les-Bois,  je commanderais deux ou trois pumas à lâcher dans la nature pour renforcer le flux touristique.

* Nos ancêtres, craignaient les loups, c’est dire s’ils étaient ignorants …

I lupi nostrani non fanno più paura a nessuno.Questo dimostra che siamo più lucidi dei nostri predecessori (loro avevano paura dei lupi, bisogna essere proprio ignoranti ...). È un peccato perché il lupo cattivo di una volta, con tutti i suoi limiti, aveva un suo fascino. Per fortuna in America resta qualche puma. E i puma fanno ancora paura. Un  esemplare particolarmente magro, l'altro giorno, ha sbranato una ciclista. Quando avviene questo genere di avvenimenti  tutti ne parlano. Si organizzano delle gite. Il luogo del sinistro esce dall'anonimato. Ne traggo la conclusione seguente : la presenza di belve antropofaghe nei luoghi di vacanza fa aumentare i rischi ma nobilita le passeggiate. Se fossi la pro loco di Saint-Leu-la-Forêt o di Sourdeval-les-Bois, ordinerei due o tre puma da liberare nei boschi per incrementare il flusso turistico.  

vendredi 25 mai 2018

Encore sur la moralisation de la vie animale


Jérôme Bosch Le Jardin des délices (entre 1494 et 1505) détail. 

Il y  a quelques, temps, juste pour le plaisir de la provocation, j’avais simulé l’existence d’un soit-disant « Groupe pour la moralisation de la vie animale » basé en Allemagne. (cf. l’article du 10 mars 2018). Eh bien, je n’avais rien inventé. Je viens de découvrir que le samedi 26 mai, à l’IUT de Saint-Denis, aura lieu le Colloque : « L’animal comme être vivant et non violence : vers une moralisation de la vie animale ».  Je partage l’idée de fond. Moi aussi je trouve que si, contrairement à ce que pensaient Descartes et Malebranche, les animaux sont doués d’une subjectivité, ils ont des droits mais aussi des devoirs.  Or, il s’avère que certains animaux se comportent très mal (certains sont violents, d’autres lubriques, d’autres encore affichent une avidité et une jalousie révoltantes).  Un groupe de réflexion sur la moralisation de leurs mœurs ne pourra que faire avancer  les choses. 

Tempo fa, giusto per il piacere della provocazione, avevo simulato l'esistenza di un sedicente "Gruppo per la moralizzazione della vita animale" basato in Germania. In definiva non avevo inventato niente di nuovo. Scopro infatti che sabato 26 maggio all'IUT de Saint-Denis, si terrà il convegno  « L’animal comme être vivant et non violence : vers une moralisation de la vie animale ». Condivido l'idea di fondo. Anch'io trovo che se - contrariamente a quanto pensavano Descartes et Malebranche - gli animali sono dei soggetti, hanno dei diritti ma anche dei doveri. Ora, sta di fatto che certi animali si comportano malissimo : alcuni sono violenti, altri indecenti, altri ancora mostrano un'avidità e una gelosia ripugnanti.  Un gruppo di riflessione sulla moralizzazione delle loro abitudini non potrà che far progredire le cose.

Nostalgies nécrophiles




Ciel bleu et installation militaire

Même les non-humains, paraît il, ont des rites funéraires. Mais les nôtres sont particulièrement sophistiqués.  Ils nous permettent de gérer simultanément le souvenir (car pour survivre il faut bien garder à l'esprit) et l’oubli (car pour survivre il faut bien oublier). Lorsque je me promène sur la côte atlantique je suis étonné par les soins affectueux prodigués par certaines municipalités aux casemates en béton, bunkers et autres  blockhaus*. Ils remplissent une fonction mémorielle, dit-on.   Mais que sont-ils censés nous rappeler, finalement ?  Les charmes morbides de la guerre ? Le spectacle priapique de la puissance militaire?

*Le Atlantiques ne sont pas les seuls à bichonner ces installations sinistres. Je reviendrai prochainement sur les Méditerranéens.

Anche i non umani, a quanto pare, hanno dei riti funerari. Ma i nostri sono particolarmente sofisticati. Ci permettono di gestire contemporaneamente il ricordo (per sopravvivere bisogna pur ricordare) e l'oblio (per sopravvivere bisogna pur dimenticare). Quando passeggio sulla costa atlantica sono colpito dalla maniera "affettuosa" dimostrata da alcune collettività nel preservare e valorizzare i bunker. Sembra che assolvano una funzione memoriale. Ma cosa stanno ad evocare, in definitiva? Lo spettacolo priapesco della potenza militare? Il fascino morboso della guerra?

mercredi 23 mai 2018

Le plaisir de vidéosurveiller



Les intentions sont bonnes : installer des caméras dans les abattoirs, a priori,  peut décourager les actes de cruauté. Dissimuler des caméras dans les bois aide à suivre les déplacements de la faune… c'est pour la bonne cause. Je m’interroge cependant sur les conséquences de ces installations bénéfiques : ne va-t-on pas vers la vidéosurveillance globale?

Qui sont les vidéo-surveillants? Quelle est leur psychologie? Parfois  je fantasme : pour contrôler ma moralité, je me dis, ils  mettraient des caméras partout, dans ma cuisine, dans ma chambre, dans ma voiture. Foucault parlait de biopouvoir. Lorsqu'on exerce le  biopouvoir, on le sait, c’est toujours pour la bonne cause.


Sarebbe ingiusto contestare le buone intenzioni : mettere delle telecamere nei macelli, verosimilmente, aiuta a prevenire le violenze gratuite. Mettere delle telecamere nei boschi permette di seguire l’evoluzione della fauna … Mi interrogo tuttavia sulle implicazioni simboliche di queste installazioni : stiamo derivando verso la videosorveglianza globale?  Mi capita di fantasticare intorno alla personalità del “tenditore” di telecamere (uno tende una telecamera come tende una trappola) : per controllare la mia moralità, mi dico, metterebbe delle telecamere dappertutto, nella mia cucina, nella mia pentola a pressione, nella mia camera da letto, nella mia macchina … Foucault parlava di biopotere. L’esercizio del biopotere ... è sempre per la buona causa.

lundi 21 mai 2018

Un produit « bien de chez nous »




 Photo empruntée au quotidien Il Messaggero du 20 octobre 2015

Je suis toujours étonné par le recours au label « Produit en Italie, en France etc. »  pour vanter la qualité d’un aliment. Pourquoi une huile d’olive italienne devrait être meilleure qu’une huile grecque ou tunisienne ?
Tout récemment, à Rome, l’administration  a adopté des herbivores (brebis, chèvres et même des vaches) pour débroussailler les jardins publics. Le WWF était favorable, les animalistes contraires, dénonçant une nouvelle forme d'exploitation des animaux. 
0n pourrait se poser des questions quant à la qualite des fromages venant de ces herbivores urbanisés. 
Ho sempre trovato equivoco il ricorso all’etichetta « Prodotto in Italia, in Francia ecc. »per vantare la qualità di un alimento. Perché un olio d’oliva italiano dovrebbe essere migliore di un olio greco o tunisino ? Recentemente, a Roma,  l’amministrazione ha adottato degli erbivori (pecore, capre, anche mucche), per  tosare l’erba dei giardini pubblici. Il WWF era favorevole, gli animalisti contrari, denunciando una nuova forma di sfruttamento. Preferisco non pensare ai formaggi.

samedi 19 mai 2018

Les non-humains et nous


Faux oiseau

Je l’ai trouvé en Normandie. C’est un artefact immoral (non seulement on tue les animaux, mais on les transforme en bibelots) sculpté dans une corne  de vache. Que faire ? Le cacher? L’enterrer ? Lui demander pardon ?

Pour l’instant je le garde dans ma bibliothèque.


L’ho trovato in Normandia. È un artefatto immorale (uno uccide gli animali e poi li trasforma in soprammobili), ricavato dal corno di una mucca. Che fare ? Nasconderlo ? Seppellirlo ? Chiedergli scusa ?  Per il momento lo tengo nella mia libreria.

jeudi 17 mai 2018

Les chapons : une race ? Un produit ?

[
Photo Credits www.capponedimorozzo.it]

Je découvre dans un vieux supplément du Monde  (6 juillet 2013) que Monsieur Carlo Petrini, à l'origine de la mouvance Slow food,   a sauvé de l’extinction les chapons de Morozzo, « un produit artisanal traditionnel ». Sauver de l’extinction des chapons … c’est la quadrature du cercle. 


Leggo in un vecchio supplemento di Le Monde che il signor Carlo Petrini, fondatore del movimento Slow food, ha salvato dall’estinzione i Capponi di Morozzo, « un prodotto artigianale tradizionale ». Salvare dall’estinzione dei Capponi … è la quadratura del cerchio.

mardi 15 mai 2018

Mattanza dans les Lieux Saints


Mattanza. Cliché de Georges Viollon (1915-1978)

«Un grand jour pour Israël», se félicite Donald Trump.

C'est peut-être morbide mais hier, 14 mai, je me suis connecté à France Info toutes les trente minutes pour me renseigner sur  le score réalisé par l'armée israélienne  (à l'heure où j'écris on dénombre 58 morts et au moins 2.700 blessés, mais on peut faire mieux).

Question 1) : Comme beaucoup d'autres gens je considère le transfert de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem le geste d’un irresponsable. Faut-il en déduire  que je suis un antiaméricain ? 

Question 2) (je passe du coq à l'âne) :   Le retour  en politique de Silvio Berlusconi et les succès de la Ligue du nord me donnent la nausée. Faut-il en déduire que je suis un anti-italien ?

Question 3) : Le caractère inhumain de la politique de Netanyahou me déconcerte ...  


« Oggi è un gran giorno per Israele », esulta Donald Trump.  È probabilmente un riflesso morboso, ma ieri, 14 maggio, ho ascoltato metodicamente France Info per aggiornarmi sul numero di morti e di feriti realizzato dall'esercito israeliano (in questo momento i morti sono 58 e i feriti oltre 2.700). Domanda n.1 :  Come molta altra gente giudico il trasferimento dell’ambasciata degli Stati Uniti a Gerusalemme il gesto di un irresponsabile. Dobbiamo dedurne che sono un anti-americano ? Domanda n. 2 : L’ascesa politica di Matteo Salvini e il riciclaggio di Silvio Berlusconi mi fanno vomitare. Dobbiamo dedurne che sono un anti-italiano ? Domanda n. 3 : Il carattere inumano della politica di Netanyahu mi sconcerta ... 

dimanche 13 mai 2018

Pour un monde cruelty free


L'autre jour, en lisant les copies d'un cours consacré aux "Rhétoriques de l'animalité", je suis tombé sur le témoignage d'un étudiant décrivant la chasse à la hutte pratiquée par son père.  On pourrait penser, a priori, que c'est une chasse plutôt puérile (lorsque  le canard passe, on le descend). Mais il s'avère que la chasse à la hutte implique la reconstitution intégrale d'un microcosme et la maîtrise d'un nombre considérable de paramètres.  Je me limiterai à transcrire le passage concernant le rôle des appelants. 

"Il gère toute la reproduction des canards et connaît ainsi, par exemple, les meilleurs couveuses qui devront couver les œufs des canes qui peuvent être des bons appelants, mais qui sont incapables de garder leur nid correctement.   Mon père a toujours su m'impressionner par sa connaissance générale du monde ornithologique mais encore plus par la connaissance de ses propres canards. Il est en effet capable de les reconnaître tous à l'apparence mais également à leur chant. Il passe des heures à les écouter, à sélectionner leurs meilleures "voix", à étudier des configurations possibles où il a pu chasser, principalement situées dans le département de la marne. Pour les écouter, il faut que les canes soient accouplées avec leur mâle, cet accouplement n'est pas dû au hasard, il faut sélectionner les meilleurs, les plus réguliers. Il faut ensuite éloigner les membres du couple en plaçant la cane dans une cage par exemple, et écouter le dialogue avec son mâle. On différencie donc différents types de chant, les chanteuses, les "demi-cri" et les "court-cri". Les premières sont à placer en dehors du plan d'eau sur des plateaux en hauteur, elles ont pour but d'attirer les canards de loin par leur chant plutôt fort, long et régulier, il ne faut pas  les placer trop près car elles peuvent effrayer le gibier.  Les demi-cri  sont à placer sur l'étang, au moyen de "va-et-vient- (...) ou par des cordes reliées à un poids que l'on place à l'endroit voulu, si l'eau n'est pas trop profonde. Elles chantent beaucoup moins longtemps  et régulièrement que les chanteuses. Les dernières, les court-cri, sont à placer en premier, donc le plus loin dans l'eau par rapport à la hutte car elles sont les plus calmes et ce sont celles qui ont le moins de chant et le plus doux. Ces dernières sont donc celles qui sont censées chanter uniquement lorsqu'il y a une "pose", elles avertissent donc le chasseur, attentif à tous les bruits environnants même lorsqu'il n'est pas aux guignettes. Si elle est vraiment très bonne,  une "court-cri" amènera le canard à se poser juste à côté d'elle. On place également quelques sauvagines sur l'eau pour agrémenter avec des chants divers. (...) Quand cela ne fonctionne pas c'est toute une stratégie qu'il faut revoir, mais quand cela fonctionne enfin c'est une fierté, c'est une osmose réussie entre le chasseur et le chassé, c'est une analyse fonctionnelle des codes qui régissent la migration des canards".

Le "chassé" aurait bien préféré s'épargner cette osmose, c'est vrai. Et si les canards apprivoisés semblent aimer leur maître, diront certains, c'est à la manière des esclaves. Des mondes meilleurs, heureusement, sont en train de remplacer celui-ci. Le nôtre, par exemple. C'est un monde plus moral, où l'animal n'est plus un subalterne (que l'on pense à notre chat ... c'est lui qui nous a domestiqués etc. etc.) et où les connaissances en matière d'antipuces-bio, de litières aromatisées aux parfums d'orient et de médicaments "cruelty free" pour soigner les crises dépressives de notre protégé remplacent largement les savoirs naturalistes du chasseur.

L'altro giorno, leggendo gli elaborati di un corso dedicato  alle "Retoriche dell'animalità", mi sono imbattuto nella testimonianza di uno studente che descrive la caccia agli anatidi praticata da suo padre. Si potrebbe credere, a priori, che sia una caccia puerile : quando l'anatra passa, uno spara e la ammazza. Fatto sta che che questo tipo di daccia implica la ricostruzione di un autentico microcosmo e la padronanza di un numero impressionante di parametri. Ho trascritto in francese il passaggio relativo al ruolo dei richiami e, dato che è lungo, non lo traduco, affidandomi alle competenze linguistiche del lettore italiano.

Certo, il "cacciato" avrebbe preferito risparmiarsi quest'osmosi. E se le anatre da richiamo sembrano amare il loro padrone, dirà qualcuno, è alla maniera degli schiavi. Ma dei mondi migliori, per fortuna, si stanno profilando. Il nostro, per esempio. È un mondo più morale, in cui l'animale non è più un subalterno (basta pensare al nostro gatto ... è proprio indipendente ... è lui che ci ha addomesticati ecc. ecc.) e nel quale le conoscenze in materia di anti-pulci bio, di lettiere aromatizzate ai profumi di oriente e di medicinali "cruelty free" per curare le crisi depressive del nostro protetto rimpiazzano ampiamente i saperi naturalistici del cacciatore.

vendredi 11 mai 2018

Les chasseurs et l'histoire




Un roccolo (installation pour la chasse aux petits oiseaux) dans les Alpes Orientales

Antonio Gramsci  avait axé ses analyses sociologiques autour de la dialectique culture hégémonique/cultures subalternes. Le savoir scientifique (le savoir dominant, disait Bourdieu) est hégémonique, le folklore (le savoir des dominés), est subalterne. Les subalternes sont ceux qui ont perdu.

Il est de bon ton, aujourd'hui, de conspuer les  chasseurs. Moi aussi, tant bien que mal, je me laisse influencer, dans le sens que pour ne pas passer pour un ringard,  pour un "collabo", je préfère souvent parler d'autre chose*. En tant qu'ethnographe, cependant, je reste admiratif quant aux mondes complexes (sur le plan des connaissances écologiques mais aussi des interrelations avec les autres espèces) dans lesquels évoluaient, par exemple, les oiseleurs**, les chasseurs à la hutte,  les piégeurs. Et je trouve triste que ces mondes puissent être simplifiés et ridiculisés par des incompétents sous le signe de la bonté et du bon sens. Mais c'est bien le destin des vaincus (ou des subalternes, comme l'aurait dit Gramsci) d'être spoliés de ses raisons et de son histoire.

Je reviendrai sur ce sujet polémique dans les prochains billets.

* Cela dit, cela me paraît tout à fait compréhensible et plus que légitime que l'on puisse militer contre la chasse.
 ** Sur  le piégeage des petits oiseaux je renvoie à mon article : "Phénoménologie d'un piège végétal : le Roccolo", Cahiers d'anthropologie sociale  n. 9 (Hélène Artaud éd. n. 9, Paris, 2013

Antonio Gramsci aveva impostato le sue analisi intorno alla dialettica cultura egemonica/culture subalterne. Il sapere scientifico (dominante, legittimo, diceva Bourdieu), è egemonico, il folklore (il sapere dei dominati), subalterno. I subalterni sono quelli che hanno perso. Va di moda, oggi, denigrare i cacciatori. Anch'io bene o male mi lascio influenzare, nel senso che, per non passare per un poveretto, per un "collaborazionista", preferisco cambiare discorso. Come etnografo, tuttavia, resto ammirativo quanto ai mondi complessi (sul piano delle conoscenze ecologiche ma anche delle interrelazioni con le altre specie) nei quali si muovevano, per esempio, gli uccellatori o i cacciatori di animali da pelliccia. E trovo triste che questi mondi possano essere semplificati e ridicolizzati da persone incompetenti all'insegna del "vogliamoci bene" e del buon senso. Ma il destino dei vinti (o dei subalterni come avrebbe detto Gramsci), è appunto quello di essere privati delle proprie ragioni e della propria storia.

Tornerò su questa polemica nei prossimi articoli.
 

mercredi 9 mai 2018

Moi les ours … je connais


Certains Amazoniens, dit James Frazer quelque part (j’invente, peut-être, mais c’est à peu près ça), n’ont aucune peur du jaguar parce que c’est leur animal totémique : « Il ne me fait rien, le jaguar, on est copains ». C’est ce que doit avoir pensé Prabhu Bhatara, citoyen indien du détroit  Nabarangpur, sortant de sa voiture pour prendre un selfie avec un ours*.  



Certi Amazzonici, dice Frazer (forse invento, ma è più o meno così), non hanno nessuna paura del giaguaro perché è il loro animale totemico : “Non mi fa niente, il giaguaro, siamo amici”. È quello che deve aver pensato Prabhu Bhatara, cittadino indiano del distretto di Nabarangpur, scendendo dalla macchina per prendere un selfie con un orso.

lundi 7 mai 2018

Des lyncheurs chez les amis des animaux?



Quelqu’un maltraite un animal. Les médias diffusent l’information. Les commentateurs réagissent. Parfois ils se déchainent. Leur violence, alors, loin de nous parler d’un monde meilleur, nous révèle l’existence  de personnes haineuses qui profitent de l’événement pour souhaiter la mort de quelqu’un. J’attire l’attention sur cette dynamique. J’en donnerai des exemples, régulièrement, dans les articles à venir.  

Voici le premier exemple :  un pauvre type défenestre Attila, son petit chien. L'association 30 Millions d'amis porte plainte. Le juge condamne l'individu. Jusqu'ici, rien d'étonnant. Mais voici quelques réaction hébergés par l'association :

1) On pouvait pas le pendre directement ce connard ? Il nous coûterait moins cher, ça lui ferait une punition proportionnelle à ses actes et puis ça ferait un con en moins sur Terre
2) peine de mort ne serait pas de trop!
3) qu'on les balance aussi par la fénetre je vous dit !
4) Une ordure pareille devrait être jeté à son tour d'un immeuble de 20 étages, rien ne sera jamais assez fort pour les lâches de son espèce.

5)  Et... On lui coupe les couilles avant. 

Inquiétant, certes, mais très intéressant pour le débat sur la question animale.



Qualcuno maltratta un animale. I media diffondono l’informazione. I commentatori reagiscono. A volte  si scatenano. La loro violenza, allora, lungi dal parlarci di un mondo migliore, rivela l’esistenza di persone piene di odio che approfittano dell’occasione per augurarsi la morte di qualcuno. Attiro l’attenzione su questa dinamica. Ne darò degli esempi, regolarmente, nei prossimi articoli. Ecco un primo esempio : un tizio defenestra Attila, il suo cagnolino. L'associazione 30 Milioni di amici lo denuncia e il giudice lo condanna. Fino a qui niente di speciale. Ma ecco qualche reazione ospitata dall'associazione : 
1) Non potevano impiccarlo subito, questo pezzo di merda? Ci costerebbe meno caro, sarebbe una punizione proporzionale al suo gesto e farebbe un coglione di meno sulla Terra (Terra con la maiuscola).
2) La pena di morte non sarebbe eccessiva!
3) Che buttino anche lui dalla finestra, vi dico.
4) Una schifezza simile dovrebbe essere gettata a suo turno da un edificio di 20 piani, niente sarà mai abbastanza forte per i vigliacchi della sua specie.
5) E ... sì, che prima gli si taglino i coglioni.
Inquietante, certo, ma interessante per il dibattito sulla questione animale.

samedi 5 mai 2018

Retour à la nature : le Movement pour le réensauvagement des chiens d’appartement



Il fallait y penser : pour accepter de collaborer, les animaux sauvages que l’on rencontre au cirque ont subi pas mal de pressions. Il a fallu les apprivoiser. Mais les animaux domestiques aussi (domestique et apprivoisé étant deux choses différentes) ont subi des pressions considérables pour quitter l'état sauvageD’où la naissance du « Mouvement pour le réensauvagement  des chiens d’appartement ». Au cours de la nuit, des chiens parfaitement domestiques sont enlevés à leur propriétaires et lâchés en plaine nature.  Deux de ces chiens viennent d’être repérés  à Livron-sur-Drôme, tout près d’un élevage d’autruches.   


Bisognava pensarci : gli animali addomesticati che vediamo al circo hanno subito pressioni di ogni sorta  per accettare la coabitazione. Ma anche gli animali domestici sono stati forzati. La cosa ha richiesto dei secoli, dei  millenni,  ma non è meno ingiusta. Di qui la nascita del “Movimento per la liberazione dei cani d’appartamento”. Durante la notte, dei cani perfettamente domestici vengono sottratti ai proprietari e liberati in piena natura. Due di questi cani sono appena stati reperiti a Livron-sur-Drôme in prossimità di un allevamento di struzzi.

jeudi 3 mai 2018

Gestion faunistique (comment ne pas faire des orphelins).



Gustave Courbet,  Biche aux abois ou Le Change (vers 1865-1866)

Je consulte par hasard  un  Schéma Départemental de Gestion Cynégétique (il concerne les Vosges, il a été approuvé le 13 Juillet 2006) et je tombe sur ce passage sibyllin :

« 3 – Définition du plan de chasse qualitatif :
- le plan de chasse qualitatif a pour but d’équilibrer la population.
- le tir des jeunes est nécessaire pour reproduire le schéma naturel d’une part, et d’autre part, pour libérer quelques femelles de leur petit afin de pouvoir les prélever sans faire d’orphelins ».

Faut-il comprendre qu’on abat les futurs orphelins pour qu’ils ne le deviennent pas?* 

Capito per caso su uno Schema generale dipartimentale di gestione venatoria (riguarda i Vosgi ed è stato approvato il 13 luglio 2006)  e mi imbatto su questo passaggio sibillino :
« 3- Definizione del piano di caccia qualitativo : - Il piano di caccia qualitativo ha per obbiettivo di equilibrare la popolazione. ) Il tiro sui giovani è necessario per riprodurre lo schema naturale da un lato, e per liberare qualche femmina dal suo piccolo per poterla prelevare senza fare degli orfani ».  Dobbiamo dedurne che i futuri orfani vengono abbattuti per evitare che lo diventino ?


*www.federationchasseur88.fr/IMG/pdf/Fiche_Prelevements.pdf

mardi 1 mai 2018

Pendus comme des cochons (symbolisme animal)



Après avoir été tués, Benito Mussolini  et son amante Claretta Petacci ont été pendus « comme des cochons » (c’est la formule canonique ) dans le  Piazzale Loreto, à Milan.  En Italie, on a passé soixante-treize ans à commenter ce geste gratuit, pour ne pas dire  infâme, donnant presque raison à Gustave Le Bon, ce scientifique classiste  et raciste fondateur de la psychologie sociale   qui ne montrait pas trop d’enthousiasme pour les masses excitées. Il y a quelques jours,  dans la ville italienne de Macerata, pour fêter la résistance on s’est inventés le jeu : « Fend la tête du Duce ».  Les enfants réussissant à casser la tête d’un mannequin de Mussolini pendu par les pieds gagneront  des bonbons.


Parfois, on a beau se déclarer de gauche. Je reste persuadé que le fascisme, au delà de l'option politique, est un état d'esprit et une disposition psychologique (je dirais même un tempérament). 

Dopo essere stati uccisi, Benito Mussolini e la sua amante Claretta Petacci sono stati appesi « come dei maiali » (è la formula canonica) a Piazzale Loreto, a Milano. Gli Italiani hanno passato settantatre anni a commentare questo gesto gratuito, per non dire infame, che sembra dare  ragione a Gustave Le Bon, scienziato classista e razzista, fondatore della psicologia sociale, che non mostrava troppo entusiasmo per le masse eccitate. Qualche giorno fa, a Macerata, per festeggiare la resistenza qualcuno ha inventato il gioco : Spacca la testa al Duce”. I bambini che riescono a spaccare la testa di un pupazzo che raffigura il duce avranno in premio delle caramelle.

A volte uno a un bel dichiararsi di sinistra : resto persuaso che il fascismo, al di là dell’opzione politica, sia una condizione dello spirito e una disposizione psicologica (forse anche un temperamento).