mardi 6 août 2019

Trêve estivale dans l'intérêt des animaux



 

Le temps court comme un fou et moi je le passe à exploiter les animaux pour leur faire dire n’importe quoi. C’est lamentable et lassant à la fois. Nous avons tous besoin d’une pause estivale (humains et non-humains, instrumentalisateurs et instrumentalisés). J’ai ainsi décidé de suspendre mes activités pendant deux semaines.  Bonnes vacances à tout le monde.

samedi 3 août 2019

Ce qui est vrai est sans prétention


Agneau présumé innocent

Plus j’y penseplus je réalise le potentiel subversif de l’adjectif « prétendu».

Exemple : « La prétendue innocence des agneaux »

mercredi 31 juillet 2019

Un peuple de bourreaux ? L’Inde a besoin de nous





Pilibit, Inde du Nord. Le quotidien La Repubblica relate, images à l’appui, le lynchage d’un tigre à coups de bâton par les membres d’une communauté autochtone. On se scandalise de ce geste insolite mais on  ne se donne pas la peine d’en chercher les raisons. Ils sont faits comme ça, les Indiens, ils voient un tigre et ils le tabassent à mort.

Allez, arrêtons la barbarie! L’Inde a besoin de nous, de nos journalistes, de nos biologistes,  de nos philanthropes.  Je propose d’envoyer l’armée.

lundi 29 juillet 2019

Les prétendues cornes de rhinocéros





Emprunté au site : https://fr.aliexpress.com/promotion/promotion_rhinoceros-head-promotion.html

Franceinfo annonce la découverte d’un trafic de cornes de rhinocéros recherchées pour « leurs prétendues  propriétés aphrodisiaques ». J’en ai déjà parlé ailleurs, cette manière de présenter les choses m’agace. Quelles sont nos compétences pour décréter l’inefficacité des cornes de rhinos et l’imbécilité de ceux qui y croient ? Nous disons « prétendues »  pour faire de la pédagogie, mais nous n’en savons strictement rien. Cela sent l’hypocrisie et même, quelque part, l’ethnocentrisme (« il faut être vraiment des Bachibouzouk pour croire à ce genre de choses … »).  

Chez un restaurateur du Sud-Ouest  on vient de trouver une vingtaine d'ortolans, recherchés pour leurs prétendues qualités gastronomiques.

samedi 27 juillet 2019

de Gobineau, la question des races et Matteo Salvini


 
Craniomètre permettant de vérifier le niveau de bâtardise d'un voyou

Selon Arthur de Gobineau, annonçant avec tristesse  la dégénérescence de l'espèce humaine, la source du problème réside moins dans les races que dans leurs croisements*. Son point de vue a beaucoup influencé les National-Socialistes allemands.

Rome 25 juillet. Un jeune carabinier est assassiné par deux voyous. Matteo Salvini,  déclare qu’il fera tout ce qu’il peut pour assurer à la justice ces « due bastardi » (deux bâtards). Il dit ce genre de choses, le vice-Premier Ministre italien, et après il est tout content. Il sait qu’il plait.
  • Arthur de Gobineau (1816-1882). Essai sur l'inégalité des races humaines, 1853-1855.

jeudi 25 juillet 2019

With a little help from my friends






 Le chanoine Marcel Michellod à côté de quelques chamois

Question d’éthique religieuse : peut-on demander au bon Dieu un coup de main pour ne pas rater les chamois ? Je viens de tomber sur cette jolie prière composée par un chanoine, à la fois artiste et chasseur, originaire du Valais. Je trouve le jeu de mots des dernières lignes à la fois drôle et particulièrement hardi.



LA PRIÈRE DU CHASSEUR



Mon Dieu, soyez sur tous mes pas dans la nuit de la haute montagne.

Faites que chaque jour je vous salue dans la splendeur de l’aube.

Faites que j’entende votre voix seule quand vous parlez avec force par les vents déchaînés.

Les fracas des monts et la chute folle des torrents, le courroux des glaciers et le sifflement des pierres,

Les déchirements des éclairs et le roulis des tonnerres,

Par l’intercession de ma belle compagne, Notre Dame des Neiges,

Par celle de mon glorieux patron, le grand Saint Hubert,

Mon Dieu protégez-moi toujours,

Faites que bien rarement avec ma carabine je ne manque le but, et que si cela m’advient, faites du moins que Vous, Seigneur, je ne vous manque point.



Chne Marcel Michellod

J’ai trouvé le tout dans « Les échos de Saint-Maurice », cf. le site : http://www.aasm.ch/pages/echos/ESM095042.pdf

dimanche 21 juillet 2019

Salvini, les chiens et le bon citoyen


 
J'ai emprunté cette image au site : http://www.escduleon.com/tag/carte%20postale/



Est-ce que Salvini aime Les chiens ? Est-ce que les chiens aiment Salvini ? Va savoir. Toujours est-il que le ministre de l’intérieur italien se dit préoccupé pour le sort des 117 chiens qui cohabitaient avec les migrants du CARA, le centre d’accueil sicilien tout récemment démantelé (« Ça nous coûtait un pognon de fous », a-t-il déclaré).  Faut-il disperser ces amis des migrants dans  les États membres de la Communauté Européenne ?*


*Sur ce thème, avec une position « super partes » (la civilisation d’un Pays, dit-elle à peu près, se juge à partir de sa manière de traiter les animaux) je renvoie à cet article d’Anna Mannucci : 
 
https://www.corriere.it/animali/19_luglio_16/dopo-sgombero-migranti-cani-cara-mineo-cercano-casa-0d35881e-a7d9-11e9-87b1-16eba1cb2125.shtml#commentFormAnchor


 

vendredi 19 juillet 2019

Le pastoralisme et ses bienfaits écologiques




L’ours attire les touristes, le chien de berger les éloigne.

lundi 15 juillet 2019

Jeunes pitbulls (de montagne ?)





 

Naples. J’attire l’attention sur une histoire hallucinante. Un policier remet une notification à un repris de justice. Celui ci lâche son pitbull sur le le policier. Le chien mord le policier. Les collègues du policier tirent sur la bête pour la neutraliser. Ce qui me sidère, c’est  la réaction des réseaux sociaux. On en veut aux policiers tout en minimisant le comportement du chien, qualifié par le quotidien La Repubblica  de « jeune pitbull »*.

Ah ces jeunes, qu’ils sont impétueux …



* Après le chamois transformé en  « capretta di montagna » et je ne sais plus quel autre euphémisme politiquement correct  évoqué récemment (c’est une histoire de « métisse magnifique », il me semble,  ou quelque chose de ce genre),  nous en sommes maintenant au « jeune pitbull ». Tirer sur un pitbull adulte qui mord un policier c’est déjà grave. Tirer sur un jeune pitbull qui mord un policier c’est gravissime (mais cela varie, peut-être, en fonction de l’âge du policier).

samedi 13 juillet 2019

La plante, l’animal, le Prosecco et l’UNESCO


 

Francisco de Goya : Vendanges  bio dans la région de Valdobbiadene


La vigne de Prosecco colonise le territoire de Vénétie comme une espèce invasive qui porte atteinte à la biodiversité. Son traitement implique l’emploi généreux  de produits phytosanitaires. Les habitants des régions concernées sont inquiets pour leur santé.
Que fait alors l’ Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture ? Elle proclame la région du Prosecco « Patrimoine mondial de l’humanité » (c’est à cause du paysage soigneusement etretenu). Particulièrement bien vu, je trouve. La prochaine fois ce sera le tour de l’étang de Berre ou du port de Marghera.
Hier soir – c’est la coutume dans les Préalpes de Vénétie -  on m’a versé un prosecco. En savourant la première gorgée j’ai pensé : « des études approfondies ont démontré que les restes de pesticides présents dans ce verre ne dépassent pas les limites autorisées ».  Et après je me suis dit : « De toute façon, je mange bien des poulets aux antibiotiques (pas trop d’antibiotiques, juste ce qu’il faut). Pourquoi ne boirais-je pas du vin ne dépassant pas le taux de  pesticides légalement autorisé ?


mercredi 10 juillet 2019

Fighters





Ma cousine avait un chien qui s’appelait Poldo. C’était un fox terrier. Un vrai guerrier.  Pour défendre ses maîtres (deux pacifistes  qui ne lui avaient rien demandé), il attaquait toutes sortes de chiens :  petits, moyens et grands. Même très grands. Il revenait  en pièces détachées. Il fallait le recoudre et après il repartait. À sa manière, il était attendrissant.  Alors que les humains, lorsqu’ils se comportent comme lui, deviennent vite antipathiques.

lundi 8 juillet 2019

Toréadors encornés et dompteurs mis en lambeaux : il y a de la joie


 
C’est à cause du réchauffement climatique, je pense. Il y a une vingtaine de jours, un toréador a été tué par un taureau. Une semaine plus tard ça a été le tour d’un picador.  Le 4 juillet, à Bari, un tigre a mis fin  à la vie d’un dompteur. Face à ce genre d’événements nous ne sommes pas tous pareils.  Certains  se réjouissent. C'est qu'ils rêvent d'un monde plus humain.

samedi 6 juillet 2019

Un serial killer sévit dans les Alpes italiennes. Appel aux animalistes




Région de Trente. À la différence des ours français, qui sont tous très gentils (j’y reviendrai), M.49 n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il est responsable de la prédation de nombreux  bovins, équidés,  cochons, lapins et toutes sortes de volailles. Il cherche même à pénétrer dans  des résidences privées. Le quotidien La Repubblica* se limite à  reconnaître qu’il est « responsable de nombreux endommagements aux patrimoine zootechnique ». Ce ne sont pas les vaches, les ânes et les cochons zigouillés par ce plantigrade  exubérant qui diront le contraire.

Certains voudraient l’enfermer dans un enclos. D’autres pas.


*Qui désormais est aux abois, c’est un triste constat  pour un fidèle lecteur comme je l’ai été.

jeudi 4 juillet 2019

Du bon usage des émotions. (À propos de l’écriture ethnologique et d’un ouvrage récent de Martin de la Soudière)



 
Martin de la Soudière (à droite) dans les Hautes-Alpes en compagnie d'André, le berger-poète.

On parle beaucoup, chez les ethnologues, du retour du sensoriel. « On a réduit trop longtemps le réel à ses structures logico-symboliques  et à ses contraintes socioéconomiques », dit-on dans le milieu,  « et aujourd’hui on redécouvre l’importance des perceptions, des émotions, des affects ». C’est sans doute vrai. Le problème est que le sensoriel, souvent, est traité par ses « découvreurs » de manière scientiste, avec un jargon de cognitiviste ou de vivisecteur. « Très juste, répond le « vivisecteur », mais c’est pour rester dans le champ de la science. Il faut bien objectiver, pour être scientifique.  Quand on subjective, on fait de la littérature ».
Lorsqu’on est touché par la grâce, cependant, on peut conjuguer les deux. C’est le cas de Martin de la Soudière  qui dans son récent ouvrage « Arpenter le paysage »* arrive à croiser son expérience personnelle (qui devient, dans le texte, l’expérience d’un acteur social  particulièrement bien renseigné) avec les théories et les pratiques du paysage d’une multitude de peintres, d’écrivains, de géographes.Voici juste un passage reconstituant de l’intérieur, sans faire appel à aucune catégorisation,  l’ « empathie aussi soudaine qu’involontaire » qui peut relier le voyageur « avec un endroit très précis, un coin de campagne, une essence d’arbre  (…) un type de temps aussi, ou avec une saison … » :

« C’est, entre autres, pour cela que je m’y attache depuis longtemps, y voyageant comme dans autant de paysages imprévisibles et successifs. Soudain je ne vois plus qu’eux. Suffiront à faire l’affaire : en novembre une matinée de demi-brouillard – un temps bleak, comme le dit la langue anglaise – à l’orée d’un hameau ; un simple carrefour ou une croix de chemin ; une ferme énigmatique ; un sentier sous la neige ; fin mai un pré de narcisses blancs. Labiles, de nouvelles ambiances ont ainsi, régulièrement, le don et le pouvoir de se lever, pour moi tout seul. Par surprise.  Autre exemple, l’autre jour, pour une fois j’ai même photographié : l’éblouissement soudain, le ravissement que m’a procuré au petit matin la luminosité de l’hiver, le bleu cru du ciel répondant alors à cet autre bleu-blanc dont se déguise la neige en montagne. Ce jour-là, près du mont Mouchet, figés, parfaitement immobiles, silencieux, émergeaient sur fond de sol enneigé, je ne voyais qu’eux, les troncs gris des fayards (en occitan, le hêtre) et ceux de quelques maigres pins sylvestres (pas de chênes, trop superbes et triomphants à mon goût) mangés de lichen, échevelés et sans style, comme j’aime que soient les arbres. Ils semblaient (me) dire quelque chose ».

*Martin de la Soudière Arpenter le paysage. Poètes, géographes et montagnards, Paris, Anamosa, 2019, p. 238-239

mardi 2 juillet 2019

Temps modernes



Michelangelo Pace  (1610-1670) : Lévrier.

Elle date de quand la modernité ? Du XIIe siècle, disent certains.  De 1492, selon d'autres. Il y en a qui la font remonter à 1822. 
En tout cas, je trouve ce chien d'une extrême modernité.

dimanche 30 juin 2019

Zoologie fantastique et culture urbaine




Une fricassée de champignons avec son omelette d’œufs de lapin 
(plat typique de l’arrière pays milanais)


Un dimanche matin, il y a longtemps, avec des amis de Milan qui découvraient les délices de la campagne : « Giovanni, ma guarda che simpatici questi coniglietti ! Fanno le uova ? »*.


*« Regarde Giovanni, qu’ils sont sympathiques ces lapereaux! Est-ce qu’ils font des œufs ? »

vendredi 28 juin 2019

Les saisons et les chats


Foujita Autoportrait au chat

C’est honteux de ma part, je viens juste de  découvrir l’existence des haïku. J’ouvre au hasard et je tombe sur une version japonaise de nos histoires  de fidélité  interspécifique.
Aux fleurs de pruniers
je parsème de sardines
la tombe de mon chat

(Kobayashi Issa)


mercredi 26 juin 2019

Les bons goélands du temps jadis




 
Brest.  Goeland qui batifole dans un fontaine de la rue de Siam comme si de rien n’était.
« C’est horrible! Il y a un goéland dans le parc qui est en train de bouffer un pigeon ». Je suis descendu pour voir. Le goéland était très nerveux  et regardait à droite et à gauche. Dès qu’il m’a aperçu il a saisi le pigeon et a décollé à toute vitesse. On aurait dit un épervier.  Ça nous a impressionné. Pourquoi ? Parce que les goélands d’autrefois, on s’est dit, ne se comportaient pas comme cela. Mais c’est peut-être faux.

lundi 24 juin 2019

Tout est bon pour le cochon


Cochon tatoué de Wim Delvoye

L’histoire est  glauque. Je ne devrais pas en parler, et encore moins faire de l’humour. C’est toujours par rapport à la question des stéréotypes ethniques. On accusait les Sardes (pas tous les Sardes, seulement les kidnappeurs Sardes) de se débarrasser du kidnappé en le faisant manger par les cochons. Selon les spécialistes, c’était dans l’ « ethnostyle » régional. Eh bien, ces spécialistes  avaient tort.  On vient de découvrir qu’un éleveur de  Velo d'Astico, près de Vicenza, a fait disparaître le corps de sa concubine, une Roumaine de 31 ans, en adoptant la même technique. On le soupçonne d’avoir  profité du même dispositif pour éliminer, quelques années auparavant, sa première épouse, d’origine italienne celle-ci. A-t-il copié les Sardes ou  s’est-il inspiré d’une tradition locale ?   Difficile à établir. Les cochons de Vénétie, en tout cas, ont réagi  comme leurs homologues de Sardaigne.

vendredi 21 juin 2019

mercredi 19 juin 2019

Drôle de championnat (mon chien est plus abandonné que le tien)




Je viens de lire qu’en France, “toutes les heures on abandonne plus de 11 animaux domestiques, soit environ 100.000 abandons par an, dont 60.000 l'été”*. C’est le record d’Europe, paraît-il. Comment expliquer ce résultat qui remet en cause bien des clichés ethniques?** Je connais quelqu’un qui saurait répondre sérieusement à cette question.  Personnellement  (mais je n’ai aucune compétence en la matière), je dirais que cela dépend  du “taux de zoophilie” des différents pays  : plus il y a d’amis des animaux, plus il y a d’abandons.  Si les amis n’étaient  que la moitié, les abandons se réduiraient de 50%.

* https://www.planetoscope.com/Animaux/1258-abandons-d-animaux-domestiques-en-france.html

** Oui, parce qu’on aurait tendance à penser que les irresponsables vivent de préférence dans les pays chauds.

lundi 17 juin 2019

La maman des choucas





L’autre soir, dans l’arrière-pays breton, j’ai pris en photo ce corvidé.  C’est un choucas, je pense. Il m’a à peine accordé un regard et a continué sa promenade. On aurait dit qu’il méditait. Je me suis renseigné sur ses caractéristiques et je suis tombé sur cette information surprenante :  si, en ouvrant les yeux pour la première fois, un choucas croise le regard de l’éthologue viennois Konrad Lorenz, il pense automatiquement que c’est sa maman. Cela doit le perturber pas mal.

samedi 15 juin 2019

" Sauvage toi-même! ". Pour le respect des espèces pas encore domestiquées




 
 Chien savant en bronze des années '30
À l’époque de Morgan et Tylor  on parlait avec désinvolture de «  sauvages » et de « civilisés ».  Après, on a compris que c’était injuste et discriminatoire.  L’éthologie contemporaine a montré  que même les animaux ont une culture (des mœurs, des dialectes, des connaissances, des techniques qui varient d’un groupe à l’autre). Il faut donc arrêter de qualifier les animaux sauvages de « sauvages ». Je propose de les appeler, dorénavant, « animaux autrement civilisés ».

jeudi 13 juin 2019

Comment multiplier le gibier sur le territoire national ? Un conseil aux chasseurs


Tintoretto, La création des animaux, 1551-52 
Je continue avec mon histoire de « rituels ascétiques ». En résumant les analyses de l’anthropologue autrichien Gerardo Reichel-Dolmatoff, son collègue français Philippe Descola décrit ainsi l’écologie des Desana, population amazonienne qui ne compte désormais que quelques milliers de représentants :
«  Afin d’éviter les déperditions entropiques, les échanges d’énergie entre les différents occupants et régions du monde doivent  être organisés de telle façon que les prélèvements effectués par les humains puissent être réinjectés dans le circuit. (…) Le moyen le plus commun de parvenir à ce résultat est l’abstinence sexuelle. En bridant ses désirs charnels, le chasseur opère une rétention et une accumulation d’énergie sexuelle qui pourra rejoindre le stock général de puissance fécondante en circulation dans l’univers et bénéficier ainsi à la reproduction des animaux chassés »*.
* Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Paris, Gallimard, 2005, p. 473

mardi 11 juin 2019

Faux rapprochements


Il y a longtemps, en lisant les mémoires d’un chasseur des débuts du  XIXe siècle  j’avais été frappé par ses invitations à la sobriété. « Le bon chasseur – disait-il à peu près – doit partir le sac  vide, en amenant avec lui juste un oignon, de l’eau  et du pain sec ». Je trouvais la chose peu logique. À l’époque - j’étais encore naïf et je croyais aux rapprochements transculturels -  j’avais interprété cette coutume comme un « rituel ascétique » pour employer le langage d’Émile Durkheim*  : « Je renonce à quelque chose (manger, par exemple), pour avoir autre chose en échange (un chamois, par exemple) ».    
Émile Durkheim, Les formes élémentaires de la vie religieuse, [1912 ]Presses Universitaires de France, 5e édition, 2003

dimanche 9 juin 2019

Balance ton abeille



Je découvre l’existence  du Grand Indicateur. Il s’agit d’un oiseau endémique de l'Afrique subsaharienne. Lorsqu’il repère un essaim d’abeilles il en signale la présence aux chercheurs de miel.  Ces derniers arrivent sur place, détruisent le nid à coups de machette, prélèvent le miel et laissent au délateur la cire et le  couvain, dont il est friand. Ce que j’aime c’est son nom, qui se prête à toute une série de parallélismes.

vendredi 7 juin 2019

Éloge de la proie





Les antispécistes de Lille ont été condamnés. C’était prévisible, même en reconnaissant  leurs bonnes intentions. En tout cas,  je les trouve cohérents. Pourquoi s’en prendre seulement aux bouchers ?  Même les poissonniers sont des prédateurs. 
Que le monde serait meilleur s’il n’y avait que des proies.

mercredi 5 juin 2019

Anthropomorphisme. Interprétation et sur-interprétation



 

Je me pose des questions sur le comportement de la mouche que je viens d'immortaliser. En approchant d’une goutte de lait qui traîne sur la table elle joint ses pattes antérieures de façon énigmatique. On dirait un rituel. 
1) Elle se frotte les mains avant de se mettre à table.
2) Elle se nettoie les mains avant de se mettre à table.
3) Elle remercie le Bon Dieu avant de se mettre à table.

« Cette myopie techniquement appelée “anthropomorphisme”, le fait de penser que les animaux sont comme nous dans leurs sentiments et leurs besoins, a moult conséquences non seulement sur nous les humains, mais sur les autres espèces ».  (Extrait de la revue À bâbord    N. 45 - été 2012.   L’anthropomorphisme et ses dérives).