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dimanche 19 juillet 2026

Avoir ou être? Du bon usage de la testostérone

 

J’ai lu que le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a annoncé un nouveau programme prévoyant un dépistage annuel d’une éventuelle déficience en testostérone pour les militaires âgés de 30 ans et plus. Les militaires de moins de 30 ans peuvent demander ce test de manière volontaire. Si une déficience est confirmée, une thérapie de remplacement de la testostérone pourrait être proposée, mais sur une base volontaire. L’objectif affiché par le Pentagone est d’améliorer la préparation physique et mentale des militaires ainsi que leur santé à long terme. Cette initiative a toutefois suscité des réserves chez plusieurs endocrinologues américains.

Cette nouvelle me revient à l’esprit en côtoyant un jardin surveillé par un berger allemand qui aboie à mon adresse comme un forcené. « Toi et ton maître, lui dis-je calmement, vous aimeriez nous casser la figure, peu importe la raison*. » D’un seul mot, je lui transmets mes hypothèses, scientifiquement infondées, sur le lien entre son tempérament et ses orientations politiques. Il aboie encore plus fort. Je me demande alors si on lui a donné de la testostérone. A-t-on le droit, d’ailleurs, de donner de la testostérone à ses chiens ? Oui, peut-être, mais pour la bonne cause… (À suivre.)

* C’est un « nous » générique parce que je ne suis pas le seul destinataire de ces manifestations sonores de loyauté canine.

lundi 27 avril 2026

Pourquoi gaver son chien aux protéines végétales


« Whimzees.  Os en riz idéal comme friandise pour aider à éliminer la plaque et le tartre ».

- Finalement ... si on ne mange pas les chiens et les chats c’est qu’ils sont carnivores…

 - Et les Chinois, alors ? En tout cas, je viens de lire qu’avec un  régime nutritionnel végan, ils présentent un état de santé comparable à celui de ceux nourris de façon conventionnelle. Il suffit que le régime soit bien équilibré.

 - C’est une bonne nouvelle.  Comme ça ou pourra les bouffer.

samedi 25 avril 2026

Promenons-nous dans les bois (tralalero tralala)

 


Image chimérique (pour l'instant), d'un loup croisé avec un dogue argentin (cliché IA/SDB)

Au fond des forêts, désormais, ça circule. Le 24 avril 2026, dans les bois de Trivigno (province de Sondrio), on a retrouvé le corps déchiré d’une dame d’une soixantaine d’années partie se promener. Pleine nature, décor alpestre, 1800 mètres d’altitude. On a d’abord pensé au loup, voire à un ours erratique aperçu autrefois dans les parages. Il semblerait en revanche - sans preuve formelle, mais les indices convergent - que les auteurs soient cinq dogues argentins, blancs comme neige, circulant librement dans la wilderness. Coupables ou innocents (je vois venir une histoire à la Curtis…), que faisaient ces molossoïdes parmi les mélèzes et les myrtilles ?

Leur propriétaire, amateur de solitude, voulait rester tranquille.

mardi 24 février 2026

Apparitions miraculeuses en plein centre-ville de Brest

 

Cliché de Sergio D.B.

C’est le jour du marché. Je tombe sur  des piétons affichant un vague sourire, comme s’ils sortaient du cinéma.  J’avance un peu et je comprends : ils viennent de croiser un ancien président de la République française. C’est bien lui, en chair et en os, François Hollande, accompagné de son épouse et de son chien. Ils s’arrêtent aux stands, ils conversent avec les gens, ils font des achats.  Pendant qu’ils se font prendre en photo, j’approche des deux  gardes du corps, à qui on a filé momentanément le chien, et je leur demande :

- Il est de quelle race, ce chien ?

- C’ est un Labrador

- Ah un Labrador  … je le trouve plutôt rond.

- C’est qu’il est âgé.

Fin der la conversation.

Je repars. J’ai encore à l’esprit le sourire insolite  sur le visage des passants et je me dis  : « ils viennent de croiser le  “numineux”  »*.  Cela me fait penser, toute proportion gardée, aux rois thaumaturges de la tradition médiévale**.  Selon les croyances de l’époque, l’aura bénéfique qui entourait ces rois de droit divin  avait des pouvoir curatifs. Il suffisait de rencontrer leur regard ou de toucher leurs habits  pour guérir de certaines maladies, et tout particulièrement des écrouelles.

Je suis loin de prêter à François Hollande un quelconque  pouvoir thérapeutique, mais l’image d’un couple présidentiel qui, au lieu de changer de chien parce qu’il est trop vieux, circule dans les rues de Brest avec un modèle vintage a suscité chez moi une certaine tendresse.

* Le numineux désigne une expérience intérieure intense face à quelque chose de totalement autre, mystérieux et puissant — souvent associé au divin.

** Marc Bloch. Les rois thaumaturges, (1924), Paris, Gallimard, 1983

mercredi 22 octobre 2025

Rien ne justifie la chasse ? Demandez-le à votre chien




C’est l’automne, ce qui m’incite à reparler de la chasse. Je viens de visionner un clip qui circule beaucoup en Italie. On y voit un chasseur avec son chien, un cerf dans toute sa splendeur, une biche tout aussi splendide, un lapin, magnifique lui aussi dans son genre, un loup en pleine forme qui hurle comme il se doit au sommet d’un rocher. Le paysage est féérique. Le chasseur s’arrête et vise le cerf. Le chien s’approche de son maître et touche son bras délicatement, comme pour dire, « Ne tire pas, ce sera encore mieux ».  Le chasseur comprend le message, renonce à tirer et embrasse son chien.

 

La scène repose sur un grand mensonge ou, plus précisément, sur une mystification éthologique, attribuant au chien des sentiments qui sont loin de lui appartenir.  Mais ce qui compte est la « vérité » qu’elle entend transmettre : Niente giustifica la caccia (Rien ne justifie la chasse). 

Ce spot publicitaire qui, pour de « bonnes raisons »,  fait dire à la nature ce qu’elle ne dit pas, trahit, derrière son apparence sympathique,  le refus d'accepter d’autres visions du monde que la sienne - une vision tellement juste qu'il faut l'imposer à tout prix : « Le bien-fondé éthique de mon point de vue est tellement évident qu'il m’autorise à  falsifier le réel ».

 

La cible de cette campagne, à première vue, est légitime. Elle concerne la proposition de loi du gouvernement italien, appelée par l’opposition, la « legge sparatutto »,   (la loi « tire sur n’importe quoi ») qui restitue aux chasseurs des opportunités qu’on leur avait enlevées au nom de la défense de l’environnement. Cette loi prévoit, entre autres, l’allongement de la saison de chasse, la possible réduction des zones naturelles protégées et beacoup d’autres « optionals » censés faire la joie des chasseurs/électeurs les plus enfantins*.

Le problème est que le but implicite de l’association à l’origine de ce spot (la Fondazione Capellino, liée à une grande entreprise de « pet food »), n’est pas tant la mise en adéquation de la chasse avec les valeurs de l’écologie, mais l’abolition de la chasse tout court **.

Comme je le disais dans mon billet du 23 septembre, en transformant le monde de la chasse en une version moderne du Pays de Cocagne, le gouvernement qui gère actuellement l'Italie***  parviendra peut-être à exaspérer l'opinion publique et à obtenir ce résultat  (la fin de la chasse) par le déclanchement d'un référendum.

 

* Quelques aspects de cette proposition, notamment ceux qui concernent la préservation de certaines chasses traditionnelles profondément liées à l’histoire du territoire, ne peuvent pas laisser insensible l’ethnologue que je suis. Mais ils deviennent douteux par contamination, affectés par l’esprit populiste et électoraliste qui gère l’ensemble.

** En une semaine, la pétition associée au film, a recueilli 40.000 signatures. 

*** La patrie de Verdi et de Garibaldi, certes, mais aussi de Polichinelle et Aldo Maccione

 

 

 


dimanche 12 octobre 2025

Par-delà nature et culture. (À propos de mon chien)

  

 


 Paysage fluvial très propice à la promenade avec son chien  (Cliché SDB)

L’altérité des non-humains (la distance radicale censée les séparer des humains) est une construction sociale, je suis prêt à le reconnaître. 

J’étais très proche de mon chien. J’ai passé ma jeunesse à me promener avec lui dans les champs, les bois et, lorsqu’on n'avait pas le temps pour s'éloigner, dans la broussaille qui longe le fleuve. On adorait tous les deux ces détours improductifs. La principale différence entre lui et moi, était que moi je disposais d’une maison, lui d’un jardin et d’un merveilleux chenil en dur avec tous les conforts d’un mobil-home. Il me semblait naturel que, en tant qu’animal, il vive dehors*. J’ajouterai que j’ai toujours ressenti une certaine antipathie pour les chiens casaniers et pantouflards.

Mais voici le problème : l’idéal de mon chien était la cohabitation et la porte d’entrée de la maison était vitrée. Le matin, lorsque je regagnais la cuisine pour préparer le thé, il était déjà sur place, le nez collé à la vitre. Je sortais et je le saluais affectueusement : « Tiens tiens, regardez qui est là. As-tu bien dormi, mon vieux ?». Je le caressais un peu, c’était plutôt une accolade, et je lui donnais quelque chose à bouffer.

Dès que je rentrais il commençait à gratter à la porte. Je sortais à nouveau et je lui disais : « Écoute …  toi tu es un chien, moi non. Il faut que tu comprennes. T’as la chance d’avoir un jardin et un abri confortable ».

C’est inhumain, je le sais. Mais c’est comme ça. C’est très idéologique, mais j’ai le sentiment qu’un setter anglais qui vit à la maison trahit sa nature propre, son programme, sa physis, comme l'aurait dit Aristote*.

Hier matin, dans la pénombre, j'ai cru voir ses yeux qui me fixaient. Entre la porte vitrée et la cuisine, heureusement, il y a une autre porte qui normalement reste ouverte. Comme je le faisais lorsque mon chien était là, je l’ai fermée pour continuer mon petit déjeuner dans le calme.

* Moi aussi je suis un animal, je le sais. 

** Pareil pour les setters irlandais. Je parle de mon chien au singulier, mais je devrais employer le pluriel. 

samedi 4 octobre 2025

Quand l’aubépine est en fleurs

 

On passait forcément devant pour rejoindre la plaine, les gens s’arrêtaient pour boire un verre ou profiter de la cuisine, à la bonne franquette et avec des produits du terroir. Nous aussi on y faisait étape, même si on préferait l'auberge à la sortie du bourg, qui fidélisait les voyageurs avec du fromage, de la saucisse et de la polenta grillée.

Après ils ont fermé. Un client, qui revenait de la chasse, avait commandé du chevreuil. Puisque sa portion était copieuse, il décida de la partager avec son chien. Mais celui-ci, au lieu d’apprécier, se mit à trembler et à gémir comme un veau.

Dans la chambre froide du restaurant - qui s’appelait Il Biancospino, (L’Aubépine) - les inspecteurs sanitaires trouvèrent les cadavres de plusieurs chiens de taille grande, petite et moyenne. Glaçant.

Dans la région, quelques décennies après les faits,  on en parle encore.

samedi 30 août 2025

Pacifisme canin

 



J’ai du mal à y croire mais c'est ce qu'on m'a raconté. Le grand-père d’une amie venait d’acheter un chien de chasse. À chaque fois qu’il épaulait, le chien faisait un joli bond au-dessus du fusil comme une sorte d’arc-en-ciel. En prenant des renseignements il apprit que, dans sa carrière précédente, ce chien  avait travaillé dans un cirque.

samedi 21 juin 2025

Des bêtes dans nos villes et l’abolition des frontières

 

Un  troupeau longe le fleuve à proximité du centre ville. Liza Minelli assiste au défilé (Cliché S.D.B.)

Je suis en train de traduire Le retour du prédateur en italien, ce qui explique l’insistance avec laquelle je reviens sur un texte qui a désormais quinze ans.  Il commence et il se termine avec des références aux animaux sauvages dans les centres habités. Je ne m’en souvenais presque plus. Ce qui m’inspire l'évidence suivante : on écrit des choses, après on oublie. D’autres, les lisent … et ils oublient aussi. 

« La prédiction [du prophète] semble se réaliser. Nouveaux « mendiants », les sangliers circulent en ville, nourris de spaghetti par des gens compassionnels.  Les ours polaires sont soignés par des dentistes alors que les chats et les chiens, encore plus proches de l’homme qu’ils l’étaient auparavant,  vont chez le psychologue et prennent du Prozac. Las de vivre dans les bois,  les piverts s’installent dans les maisons secondaires et creusent des trous dans les fenêtres « à l’ancienne » (c’est ce qu’on appelle la multipropriété : lorsque les humains s’absentent les pivert réaménagent).  Grâce à la médiation des chiens  « Patou », le loup habite déjà ou presque avec l’agneau. Le paysan, dûment apprivoisé, ne s’oppose plus à l’ensauvagement  de ses terres (ici et là, il faut l’avouer, on trouve encore quelques poches de résistance, mais avec l’aide d’un bon négociateur …)». Le retour du Prédateur. Mises en scène di sauvage dans la société postrurale, PUR, 2011, p.122.

vendredi 18 avril 2025

Aimer les subalternes et vivre heureux

 


Pierre-Auguste Renoir - Femme au chat

Un chapitre de mon ouvrage  L’éloquence des bêtes, édité chez Métailié en 2006, s’appelle « Du zoophile à l'ethnophile. L'amitié homme/animal comme modèle de subordination ».  Son sujet est tellement indécent qu’il n’a jamais suscité la moindre réaction. Il parle du plaisir de notre espèce pour la domination. Cette domination, prend souvent la forme d’une protection : j’aime mon chien parce qu’il m’adore. J’aime le prolétaire tant qu’il a besoin de mon soutien. À savoir :  j’aime le prolétaire pourvu qu’il le reste.

Peut-on, décemment, participer à une manifestation en défense des libertés individuelles et des droits de l’homme lorsqu’on tient son chat enfermé à la maison 24 heures sur 24 ?*

* Cela vaut aussi pour les chiens d'appartement qui ont droit, comme les taulards, à une heure d'air par jour. On pourrait contourner ma question en avançant que les humains et les non-humains n'ont pas les mêmes droits, mais il s'agirait d'un escamotage. D'un propos spéciste.

jeudi 10 avril 2025

Susceptibilité canine

 
 


Souvent, rappelait le sociologue Paul Yonnet dans  Jeux, modes et masses, 1945-1985, (Gallimard, 1986)  les chiens d’appartement remplacent des humains qui sont partis vivre ailleurs (des enfants devenus grands, par exemple). Ce n’était pas le cas de Noé, un cocker noir qui cohabitait avec ses maîtres  dans une grande ville de l’Italie du nord. Je n’ai jamais rencontré un chien plus capricieux. Il se prenait pour un humain, je crois, et pas n'importe lequel. Je dois avouer que je ne l’aimais pas trop.  Un jour ses propriétaires, occupés dans la cuisine, m’avaient laissé tout seul avec lui dans la salle à manger. Je l’ai regardé dans les yeux et d’un ton solennel je lui ai dit : « Toi, tu es vraiment un enfant gâté ». Il s’est mis à crier comme si je lui avais écrasé une patte. Ce fut très embarrassant.  

dimanche 6 avril 2025

Respecter la nature. (Trajectoires canines)

 



C’était à Aix-en-Provence il y a vraiment  longtemps. Mes amis venaient d’acheter un jeune labrador. Il courait comme un fou, il fonçait sur le gens, il faisait ce qu’il voulait. Je me suis permis d’observer que les jeunes chiens indisciplinés, en vieillissant, deviennent incontrôlables. Ils m’ont répondu que même les chiens ont droit à la liberté et qu'il faut respecter leur nature.

À l’époque j’avais une Opel caravan blanche en fin de course que dans mon entourage on appelait l’ambulance. Un jour, en route vers la Sainte Victoire,  leur chien n’arrêtait pas de gigoter sautant allègrement du porte bagage au siège postérieur. J’ai freiné brusquement à deux reprises pour l’inviter à rester à sa place.  Ils ont qualifié mon comportement d’inhumain. On s’est perdu de vue.

Je les ai rencontrés quelque mois plus tard :

 - Et le chien ?

- Il était devenu incontrôlable. Il a fallu l’euthanasier. 

samedi 22 mars 2025

Le choix du sujet (l'auteur et son œuvre)

 

)

Amanda Ba, American Girl, American Bully, American Bomb. Image tirée de : https://www.artribune.com/arti-visive/arte-contemporanea/2025/03/chi-pittrice-amanda-ba/*

 

Freud est passé de mode, paraît-il, mais il a laissé son empreinte dans notre manière de raisonner. Désormais, nous admettons  que des motivations  inconscientes  puissent être à l’origine d’un comportement, d’un hobby, d’une vocation. Cela  nous incite – je le rappelle souvent – à faire de la psychanalyse à bon marché. Le chasseur à beau déclarer  « Je vais à la chasse parce que j’aime la nature ». On fait semblant de le croire mais on se dit « Non, mon cher, tu vas à la chasse parce que tu aimes ça, à savoir le moment excitant de la mise à mort d’un animal». Cela vaut aussi pour le gynécologue. Il a beau affirmer « J’ai choisi ce métier pour me rendre utile ». On fait semblant de le croire mais on se dit « Non, mon cher, tu as choisi cette branche spécifique de la médecine parce que tu aimes bien ça ». Et nous savons tous ce que «ça» veut dire.

 

Chez certains artistes, parfois, la motivation occulte est tellement explicite qu’elle n’a plus rien d’inconscient, ce qui nous empêche de faire de la psychanalyse à bon marché.

 

Est-ce que lorsqu’on peint des sujets à caractère zoophile on est forcément zoophile ?

 

Est-ce que  lorsqu'on travaille depuis longtemps sur  la « bonne mort animale » et   les mises en scène qui l’entourent on est forcément nécrophile ?**

 

* L'image que j'ai retenue pour illustrer mes propos est la moins « zoophilique » de la série.

 ** Mon article  « Une Personne pas tout à fait comme les autres. L’animal et son statut » (L’Homme n°120), date de 1991.


mercredi 12 mars 2025

Le papa de la chienne (souvenir d’automne)

 


Quelque part dans les Alpes, il y a une dizaine d'années. Il fait froid. On se promène dans le bois à la recherche des derniers champignons. Mes amis ont une chienne très élégante d’origine teutonique dont  j’ai oublié le nom. Son maître l’appelle :

 

 - Viens ici, ma chérie, reste auprès de ton papa.

 

La chienne s’en fiche et on continue la promenade. Après un court silence, le maître s'arrête et me dit :

 

- Il y a une semaine, je l’ai appelée comme ça devant des gens qui passaient. Ils  nous ont regardé d’un air malin, comme pour dire : « Voilà un couple qui n’a  pas d’enfants ». Mais nous avons des enfants. J’étais sur le point de les poursuivre pour leur dire qu'ils se trompaient. Finalement ... j’ai laissé tomber.

 

On reprend la marche en méditant.

 

- Eh oui, je réponds, les gens sont comme ça. Ces champignons, quand même …  il a fait trop sec, je crois.

mardi 18 février 2025

Des loups et des pitbulls. Errare caninum est


 Chien errant, mais pas trop

Pourquoi les appelle-t-on chiens errants ? Parce qu’ils se trompent. Et en quoi se trompent-ils ? C’est qu’ils croient avoir le droit de circuler à droite et à gauche comme ça leur chante, sans tatouage, sans maître, sans foi ni loi. Et puisqu’ils ont tendance à se tromper, on en profite pour mettre sur leur compte des fautes qu’ils n’ont pas commises. Des moutons égorgés dans un champs ?  Pourquoi penser automatiquement aux loups ? L’autre jour on a bien vu un chien à l'allure très suspecte  qui passait par là …

Dimanche 16 février,  un pitbull a dévoré une petite de 9 mois qui dormait à côté de son père dans un appartement d’Acerra, près  de Naples. Ce dernier, au départ, a accusé du forfait un fantomatique « chien errant »*. Invité par les gendarmes à un peu plus de sincerité, il a fini par balancer son fidèle compagnon**.

* Le même que tout à l'heure, vraisemblablement.

** Les chiens de ce genre, en Italie, tuent une dizaine de personnes par an.  J’en profite pour demander aux lecteurs s’ils ont des nouvelles de Curtis, le staffordshire  dont on a pas mal parlé sur ce blog, présenté par Brigitte Bardot comme le Dreyfus des chiens de défense (dans ce cas, les "vrais coupables" de la mise à mort d'une jeune femme enceinte n’étaient pas des chiens errants mais des chiens de chasse).

mercredi 15 janvier 2025

Le toutou-garou

 

Ça a démarré en Allemagne, paraît-il, mais on signale plusieurs cas analogues en Finlande, Belgique, Pays-Bas, Suisse …
Soudainement, les chiens d’appartement les plus paisibles sont saisis par des crises de panique accompagnées par  des hallucinations, des convulsions, des comportements agressifs. Pour rendre le tout encore plus spectaculaire, ils se mettent à hurler comme des loups. On a baptisé cette constellation de  symptômes  le « syndrome du loup-garou » et attribué ses origines à la consommations d’un os en peau de bœuf destiné à assurer l’hygiène dentaire du meilleur ami de l’homme. Mais les vraies causes sont peut-être ailleurs (le retour du refoulé, par exemple). Les plus pessimistes pourraient y voir des signes avant-coureurs de la fin de l'alliance entre les humains et les non-humains, le point d'arrêt de la  coévolution, le crépuscule du projet domesticatoire.

mercredi 8 janvier 2025

Retrouve-t-on ses chiens au Paradis ? Même les dobermann ?

 


 

On peut avoir un dobermann à différents titres : parce qu’on se sent menacé, par exemple, ou parce qu’on est fasciné par sa violence  présumée*. On peut aimer le dobermann en raison de son « patriotisme », dans le sens qu’il adore son maître, à savoir son patron. On peut s’identifier au dobermann en le considérant comme victime d’un mauvais procès (« On lui attribue injustement des dispositions qu’il n’a pas », pensent certains propriétaires, « et nous le prouverons scientifiquement en le laissant seul à côté de nos bébés  … »). On peut apprécier le dobermann parce qu’il ne craint pas le feu des lance-flammes, c’est  toujours utile, parce qu'il est un « visionnaire »,  ou parce que d’autres, notamment « ces autres- là dont on va s’occuper bientôt », ne l’apprécient pas du tout.

Personnellement, le jour du bilan final, j’aimerais qu’on puisse dire de moi : « Il a été entouré par plusieurs races canines, mais pas par des dobermann » **.

* Je dis présumée parce que la violence du dobermann, paraît-il, est juste une rumeur.

** C’est dire si je suis raciste. En fait, ce que je n'aime pas chez le dobermann, ce n'est pas forcément le chien (quoi que ...) mais ce qu'il représente, le message qu'on communique par son intermédiaire.

mercredi 1 janvier 2025

Chiens d’antan

 


 Antonio Ligabue, Autoportait avec chien , 1957

La nouvelle année m'inspire des généralisations.  J’ai l’air cynique, parfois, parce que j’aime rappeler la distance qui nous sépare des autres animaux (chez moi c’est une priorité morale).  Mais je sais bien à quel point les non-humains  peuvent  laisser des traces profondes dans notre vécu.  Je pense à mes chiens. Nous nous comprenions très bien et, en arpentant avec application les espaces verts, nous avons beaucoup collaboré à notre bonheur réciproque.  Ça a été merveilleux*


* C’est drôle, mais dans ce billet très spontané j’ai le vague sentiment d'avoir été influencé par  ChatGPT.


samedi 5 octobre 2024

Chiens savants

 

Je l’ai entendu l‘autre jour à la radio : les chiens comprennent ce qu’on leur dit, il suffit de leur parler lentement.

Tiens j’ai toujours cru qu’ils faisaient juste semblant de ne pas comprendre.