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samedi 29 juillet 2023

Du goupil au renard. Mise en abîme

 


Portrait de renard victorien (Etsy € 20,49)

Le bon prince, disait Machiavel, doit être à la fois golpe  (renard) et lione (lion)*. Aujourd’hui, en italien, on dit volpe avec un v. Mais dans la Toscane de Machiavel on utilisait le g. Le mot golpe rappelle de près le français goupil, tombé en désuétude depuis un long moment (à cause du grand succès du  Roman de Renart, comme on sait**).

La formule « tomber en désuétude » a l’air un peu obsolète. Elle tombera bientôt en désuétude. Ainsi que le terme « obsolète », qui est en train de devenir tout aussi désuet.

*Deux façons d'être prédateur, remarquera quelqu'un.

** C'est comme si on avait remplacé le nom « berger allemand » par « Rintintin » ( « L'autre jour j'ai visité un élevage de rintintins »).

vendredi 18 juin 2021

Végétarien comme un renard

  

Tableau de Philip Reinagle  contribuant à la criminalisation des renards. L’art, d’accord, mais la vérité scientifique alors ? Et la morale ? Il faudrait censurer ces images diffamatoires, sanctionner, faire quelque chose … .

J’ai lu quelque part que les renards ne prélèvent pratiquement pas d’oiseaux sauvages. Il se peut que, à l’instar des ours, ils ne mangent que des myrtilles.

mercredi 17 janvier 2018

Manger avec les uns, manger contre les autres. 2) Ingestions identitaires



Alpes de Vénétie, Après une battue au renard dans les années '50 (archive S. Dalla Bernardina)

Manger, on le sait, dénote et connote. C’est le côté identitaire de l’acte nutritionnel, qui peut être délibéré (« je mange du beurre salé pour revendiquer ma bretonnitude ») ou involontaire (« il mange du beurre salé parce qu’il est Breton »). J’ai connu plusieurs types de mangeurs identitaires. Dans les Alpes piémontaises j’ai rencontré des mangeurs de renards.  Lorsqu’ils en avaient pris deux ou trois, ils se retrouvaient entre copains – rien que des hommes – et se livraient à des festins « initiatiques ». C’était une sorte d’ordalie : « Ça sent fort mais nous on aime bien. Alors que les autres … ces petites natures …». Selon l’ethnologue Emilie Mariat-Roy, un peuple entier se livre à ce même genre de consommations sélectives. Il s’agit des Islandais. Une fois par an, les Islandais authentiques mangent la chair d’un requin faisandé, particulièrement puant, pour célébrer leur identité nationale et le retour périodique des ancêtres*.

* Chaque communauté, naturellement, a sa gourmandise bien puante qui permet d'identifier les "vrais" et éloigner "faux".


Mangiare, si sa, denota e connota. È il lato identitario dell’atto nutritivo, che può essere deliberato (« mangio del burro salato per rivendicare la mia « bretonnitudine », o involontario (« Mangia del burro salato perché è Bretone »). Ho conosciuto vari tipi di mangiatore identitario. Nelle Alpi piemontesi ho incontrato dei mangiatori di volpi. Quando ne avevano prese due o tre, si ritrovavano a casa di un amico – solo maschi – e organizzavano una bella festa “iniziatica”. Era una specie di ordalia : “Ha un odore forte ma a noi piace. Invece agli altri … delle donnicciole …”.  Secondo l’etnologa Emilie Mariat-Roy, un intero popolo pratica questo genere di ingestioni selettive. Si tratta degli Islandesi. Una volta all’anno, gli Islandesi autentici mangiano le carni di un pescecane frollato particolarmente puzzolente per celebrare la loro identità nazionale e il ritorno degli antenati.

mercredi 20 décembre 2017

Free Like a Bird



Intérieur d’une maison à Cortina d’Ampezzo. Cette image  doit avoir un lien avec le contenu de mon post,  mais j’ai du mal à le saisir.  Cela renvoie  peut-être, tout simplement, à la notion de mémoire, ou de passé.

Je me souviens d’un entretien avec un vieux chasseur du Piémont : « C’est comme ça, les renards. Il n’y avait plus que sa patte, dans le traquenard. Et du sang partout. Lorsqu’il a compris qu’il n’avait plus d’espoir, il a sacrifié sa patte et il s’est sauvé ».

Il nous arrive, parfois, d’être comme ce renard : pour échapper au pire, nous sacrifions ce qui faisait notre joie et notre fierté.   
À certains,  en revanche, il arrive d’être comme le traquenard.


Mi ricordo di un’intervista con un vecchio cacciatore piemontese : «  La volpe è fatta così. Nella tagliola era rimasta solo la zampa. E sangue dappertutto. Quando ha capito che non c’erano speranze,  ha sacrificato la zampa e è partita ».  Capita a volte di essere come quella volpe : per salvarci, sacrifichiamo ciò che faceva  la nostra gioia e la nostra fierezza. Ad altri, invece, capita di  di essere come la tagliola.

mercredi 24 mai 2017

Énergies hybrides


La cour Carrée du Louvre

Pour dire renard, en italien,  on dit volpe. Autrefois on disait golpe (comme goupil). Le bon prince, selon Niccolò Machiavel, doit être golpe et lione à la fois : "Puis donc qu'un Prince doit savoir bien user de la bête il en doit choisir le renard et le lion".

Drôle d'espèce, cet hybride  renard/lion. Il doit en rester quelques exemplaires dans la cour du Louvre.  Je crois en avoir aperçu un il y a trois ou quatre semaines. Il trottinait tout seul en direction de la pyramide.

Volpe, in passato si diceva golpe (che somiglia al  francese goupil, oggi desueto). Un buon principe, secondo Machiavelli, deve saper essere volpe e leone ("Sendo, dunque, uno principe necessitato sapere bene usare la bestia, debbe di quelle pigliare la golpe e il lione; perché il lione non si defende da’ lacci, la golpe non si defende da’ lupi. Bisogna, adunque, essere golpe a conoscere e’ lacci, e lione a sbigottire e’ lupi").

Strana specie quest'ibrido volpe/leone. Ne deve restare qualche esemplare cour Carrée. Credo di averne intravisto uno qualche settimana fa. Procedeva solitario in direzione della piramide.

jeudi 18 mai 2017

Ça pullule dans les bois (autour de la sanctification du loup)


Loup exaspéré par la pression médiatique s'en prenant à un membre de l'association Férus.

Dans les Alpes de Vénétie, où j'aime me promener depuis mon enfance, sont arrivés les loups. Il y aurait aussi quelques chacals dorés et  des ours, pour ne pas parler des renards qui ont toujours été là. Faut-il parler de "retour de la Wilderness?" Ne plaisantons pas. C'est l'arrivée de  WWF Italy, de Legambiente, des journalistes de  National Géographic,  Oasis et Géo, des membres de Canislupus Italia, de CAP Loup (Collectif des Associations pour la Protection du Loup), d'Artus et de toute une ribambelle d'éco-voyeurs.

Où doit-on se rendre, aujourd'hui, pour ne pas tomber sur des protecteurs de l'environnement? 

Nelle Alpi venete, dove amo aggirarmi sin dalla più tenera infanzia, sono arrivati i lupi. Ci sarebbero anche degli sciacalli dorati, qualche orso e delle volpi, che sono sempre state lì. È il ritorno della Wilderness? Non diciamo scemenze. Parliamo piuttosto dell'arrivo  di WWF Italy, di Legambiente, dei giornalisti di National Géographic,  Oasis et Géo, dei  membri di  Canislupus Italia, di CAP Loup (Collectif des Associations pour la Protection du Loup), di Artus e di  un vasto assortimento  di eco-guardoni.


Deve dobbiamo andare, oggi, per non imbatterci in qualche protettore della natura?

samedi 29 octobre 2016

À table avec le renard (recette)




Renard (un peu spécial, je trouve)

Pendant une enquête dans les Alpes italiennes, au Piémont, on m'a appris comment préparer le renard. Bien cuisiné, il n'est pas si mauvais que ça, parait-il. "On doit le purifier dans  l'eau d'un torrent pendant plusieurs jours.  Il faut éliminer la graisse, c'est très important,  et  ne garder que les cuissots. Le reste est à  jeter parce que le renard a un drôle de système hydraulique. C'est comme chez le chien : l'urine circule partout". À la fin de mon entretien, j'ai découvert que mon informateur, avant de devenir cuisinier, avait travaillé longtemps chez FIAT.