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lundi 2 mars 2026

Les arts de la forêt (à propos d’une publication imminente)


« On m’envoie en Garfagnana, parmi des montagnes et des bois,
au milieu d’hommes farouches et presque sauvages.
Là, je dois vivre armé nuit et jour,
toujours sur mes gardes contre les embûches.
Je quitte la cour et les amis,
et me voilà relégué parmi des rochers et des forêts,
loin des muses et des lettres. »

À l’époque du poète  Ludovico Ariosto, qui s’adressait dans cet écrit à son cousin Annibale Malaguzzi, la forêt n’était pas encore  conçue comme  le siège du sublime, ni comme un enjeu patrimonial (nous sommes en 1522). Depuis, les choses ont changé.  Pour mesurer toute la distance qui nous sépare de cet univers « sylvophobe », je conseille la lecture d’un ouvrage collectif qui vient juste de paraître.  J’y reviendrai prochainement pour commenter quelques articles et exprimer mon point de vue personnel. Voici, pour l'instant, le quatrième de couverture : 

 



samedi 8 mars 2025


Ruralités contemporaines en question(s)
 
LUNDI 10 MARS
de 11H00 à 13H00
de préférence en présentiel (salle AS1-23, 54 boulevard Raspail, Paris)
mais possiblement en distanciel


Véronique DASSIÉ (anthropologue, chargée de recherche CNRS, Cergy Paris Université, directrice de l’UMR Héritages :Culture/s, Patrimoine/s, Création/s), Les forêts entre centralité et périphérie (présentation : Sergio Dalla Bernardina)

En espérant vous y retrouver,

Pierre Alphandéry
Sophie Bobbé
Sergio Dalla Bernardina
Maxime Vanhoenacker
Christophe Baticle

    Monts D'Arrée, cliché SDB

Véronique Dassié

 

Les forêts entre centralité et périphérie 

 

En Europe, les forêts sont envisagées de longue date comme des lieux périphériques, de la marge et des frontières. Une forme de hiérarchisation des terres, du cultivé au sauvage, semble les avoir inscrites dans une relation concentrique aux espaces habités européens, entre le saltus gallo-romain et la silva royale de l’ancien régime, loin des préoccupations des êtres humains civilisés. Pourtant, elles occupent aujourd’hui le devant de la scène des préoccupations environnementale et font l’objet d’attachements renouvelés. Elles deviennent centrales dès lors qu’il s’agit de penser « la nature ».

Ma communication reviendra sur cette oscillation entre périphérie et centralité forestière en analysant les conflictualités et tensions patrimoniales qu’elles suscitent aujourd’hui et la manière dont les ethnographes ont traité ces espaces avant d’en faire un nouvel objet d’attention.