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mardi 25 août 2026

Pour ne pas en finir avec les loups de proximité (4). Humour noir

Der  Naturen Bloeme (ca. 1350)

Un court poème de Toti Scialoja, résume parfaitement le point de vue du loup qui (à la différence de Jacques Chirac, consommateur notoire de têtes de veaux*), a laissé sur place la tête de Yoghy.

Yoghy est le petit chien  baladeur dévoré tout près de sa maison, contre son gré,  sous prétexte de contribuer à la biodiversité :

« Mangio di gusto il cane arrosto

Ma almeno il muso andrebbe escluso »

« Je mange avec plaisir le chien rôti.
Mais au moins le museau devrait être exclu ».

Je découvre que Toti Scialoja, peintre, poète et scénographe italien, a pas mal réfléchi autour de la condition canine.  Cf. par exemple : 

“Piscia un cane sulle spine”, “Magri cani fuori Locri”, “Ieri vidi tre levrieri”, “Chien méchant, cane di Francia”, “Tra i cani del Kenia” e “I bassotti di Pisticci” (« Un chien pisse sur les épines », « Des chiens maigres hors de Locres », « Hier, je vis trois lévriers » « Chien méchant, chien de France »,  « Parmi les chiens du Kenya », « Les teckels de Pisticc »;

* Avec une sauce gribiche  


vendredi 5 décembre 2025

Le retour de Saint Nicolas



C'est la nuit du 5 décembre. Saint Nicolas se présente tout seul.

- Et l'âne?

- Eh l'âne, hélas  ... Les loups ... Mais c'est bon pour la biodiversité.

lundi 4 août 2025

J’ai rencontré l’altérité animale (mais on n’a pas pu se regarder dans les yeux)


Chauves-souris dans une ferme alpine. Cliché de Sergio Dalla Bernardina 

Je me tais, dans le bois, en attendant le loup. Il passera tout près de moi, se laissera prendre en photo et me permettra de raconter : « Il était à dix mètres, pas plus. On s'est regardé d'un air complice, comme si on se connaissait depuis le Paléolithique. On s'est apprécié  mutuellement. Il est reparti dans la plus grande sérénité, en véritable maître des lieux ». J'ai beau attendre, il n'arrive pas. Je me rabats sur des chauves-souris en train de dormir (elles font semblant, peut-être, ou elles sont mortes. En tout cas, elles m’ignorent).

vendredi 4 juillet 2025

Prendre en photo la biodiversité

 


Ails des ours

Quelques ours ici et là pendant que je ramasse mes champignons … j’aime bien finalement. Ça donne à mes ramassages un peu plus de noblesse. Et si ça devait mal se terminer … pas de chance, c’est tout.

Celui qui n’a pas eu de chance est le motard italien qui l’autre jour, dans les Carpates, a pris des selfies à proximité d’une ourse. On les a retrouvés dans son smartphone.  Au cours des vingt dernières années, en Roumanie, les ours ont fait une trentaine de victimes.*

* Qui ne savaient pas que les ours, lorsqu’on les croise de trop près … et que  les femelles,  lorsqu’elles ont des petits, etc. etc. Les gens ne se renseignent pas et  enfreignent allègrement les règles de sécurité. Après ils vont se plaindre.

vendredi 6 décembre 2024

Traditions revisitées : la Saint-Nicolas

 

J'ai failli oublier que le 6 décembre c’est la Saint-Nicolas, moment tout aussi central, dans mon enfance,  que le jour de mon anniversaire. J’ai déjà tout raconté à ce propos, j’insisterai juste sur ce détail :  Saint Nicolas, chez nous, arrivait avec un âne, moins noble qu’un renne mais très apprécié  par les loups.

En se faisant bouffer par les loups, aujourd’hui, l’âne contribue à la biodiversité.

dimanche 27 octobre 2024

Il n’y a qu’à (4) Science et croyance

Ours solitaire qui déambule depuis quelques mois  dans la région de Seren del Grappa, dans les Alpes de Vénétie (et il déambule vraiment partout. Je crois même l'avoir déjà surpris une ou deux fois sur ce blog).

On dirait une obsession, mais malgré mes bonnes intentions, l’actualité m’oblige à revenir sur la conférence consacrée à l’ours et aux loups à laquelle j’ai assisté au début du mois. Si elle m’a fasciné, c’est que je l’ai trouvée exemplaire, tellement elle arrivait à bien illustrer le discours des techniciens de l’environnement concernés par le retour des grands prédateurs. Ce qui m’a frappé, entre autres, c’est l’usage de la notion de « science ». Les données étaient précises, mais leur utilisation rappelait le ton de ces médecins et vétérinaires du XIXème siècle qui ont beaucoup aidé les folkloristes en leur donnant des informations précieuses sur les opinions et les coutumes rurales en matière de soin des plantes, des animaux et des humains. Leurs écrits, que l’on retrouve aisément dans les bibliothèques municipales de la zone alpine, visaient à éradiquer les superstitions. Et pour les éradiquer il faut bien les décrire. L’orateur nous a proposé un beau croquis montrant au public la différence entre le domaine de la science et celui de la croyance*. L’objectif était de remettre en cause toutes les « rumeurs » concernant l’apparition des ours dans la région. Je rappellerai au passage que, pour les anthropologues, la frontière entre science et croyance est très difficile à établir et fait l’objet d’un débat de plus en plus complexe et sophistiqué.

 

Le discours est vite passé à l’ours qui, de lui même, a décidé de s’installer pas loin du bourg où se tenait la conférence. Je résume en quelques mots les mots du zoologiste, qui utilisait un langage accessible et imagé pour transmettre ses connaissances à une population qui n’a pas forcément de diplôme en sciences naturelles. « Pourquoi les ours se déplacent tout seuls ? Beh, c’est comme chez les humains, ils se déplacent à la recherche d’une fiancée. De toute façon, les indices sont formels, je vous assure qu’il n’y a qu’un ours, ici, il faut vivre avec, parce que c’est de plus en plus inévitable de cohabiter avec la faune sauvage, mais il n’y a aucune raison de s’inquiéter ».

 

Un jeune homme, dans la salle, a osé prendre la parole :

 

- Est-on vraiment sûr qu’il n’y en qu’un ? Si l’ours s’est installé ici, c’est peut- être qu’il y a une femelle.

 

La remarque n’a pas plu au naturaliste, qui a rappelé la fiabilité des données dont il disposait et la distance entre la science, dont il était le représentant, et l’univers des opinions personnelles : « C'est votre opinion. Libre à vous de penser ce que vous voulez ! ». Le jeune homme, imperméable aux certitudes du savoir académique, n’avait pas l’air très convaincu et a répliqué : « Bon, on verra ».

 

Il y quelques jours, à une dizaine de kilomètres du lieu de la conférence, deux personnes ont aperçu un animal qui cherchait à soulever avec son museau le grillage du terrain de foot. Il s’agissait d’un ourson **.

 

Morale : science et croyance peuvent parfois se rejoindre. Il n’y a qu’à attendre quelques jours.

 

* Je l’ai pris en photo, mais je ne pense pas avoir le droit de le diffuser.

**https://www.ilgazzettino.it/nordest/belluno/orso_campo_calcio_alba_tomo_feltre-8437268.html



jeudi 24 octobre 2024

Il n’y a qu’à (3). Du grillage au grill

 

 

Image empruntée au site suivant : https://www.ako-agrar.com/fr/protection-contre-animaux-sauvages/defense-contre-loup/clotures-filets

Je reviens une dernière fois sur la conférence de l’autre soir, où j’ai appris plein de choses sur les comportements des ours et des loups. Une nouvelle rassurante, par exemple est que, contrairement â ce que pensent les éleveurs, les clôtures de protection fonctionnent à merveille. Tout dépend de qui les installe. Lorsque c’est l'éleveur, ça ne marche pas à tous les coups. Mais lorsque c'est le zoologiste lui-même, le succès est assuré. La hauteur des protections ne compte pas pour grand-chose. Le loup est un acrobate et gravit les grillages avec l'agilité d'un funambule. Il faut donc les électrifier. 12 volts ce serait l'idéal (c'est peu-être gênant pour les enfants, ces touche-à-tout ingouvernables, mais on ne fait pas d’omelette etc … ).

Dans une étude pionnière que j'ai déjà citée dans ce blog, Sophie Bobbé montre que dans l’imaginaire collectif l’ours et le loup fonctionnent comme un couple oppositif. Si l’un a certaines caractéristiques, l’autre aura des caractéristiques opposées. L’ours est marqué par la verticalité (il est plantigrade), le loup par l’horizontalité (les loups procèdent l’un derrière l’autre à la queue leu leu). C’est ainsi que certains commentateurs refusent l’idée qu’un loup puisse gravir les grillages avec l’agilité d’un funambule, prérogative réservée aux ours.

mardi 20 février 2024

« Le loup nouveau est arrivé ». Ma proposition pour un scénario de film


On pourrait imaginer un polar avec le scénario suivant. On trouve dans un pré le corps inanimé d’un boy-scout (ou autre innocent – ce qui compte étant la jeunesse de la victime). Tout laisse croire à l’action d’un loup.  Cela sème l’angoisse chez les responsables politiques  qui défendent depuis quelques décennies le retour du grand prédateur. Les éthologues qui ont construit leur réputation autour du caractère inoffensif du canidé envisagent  inquiets  l’éventuel désaveux. Les associations pro-lupines craignent leur dissolution. Les opérateurs touristiques et les « animateurs nature »   profitant du succès médiatique du loup pour attirer leur clientèle sont très embarrassés. Quelques jours plus tard, on annonce la mort d’un  spécialiste qui avait été contacté par le ministère pour  identifier l’animal qui a causé le décès. L'expertise avance. On apprendra que le loup, heureusement, n’y était pour rien et les chiens de berger non plus :  les traces, incontestablement, étaient celles d’une bande de chiens errants. La famille du défunt, à qui un interlocuteur anonyme a proposé de l’argent pour ne pas faire de vagues, embauche un détective privé qui commence son enquête.

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J’en profite pour signaler qu’il y a quelques jours, dans la région de Bolzano, on a trouvé un homme en état d’hypothermie sérieusement blessé par une bête féroce (et qui est mort par la suite). Les ours italiens, on le sait, ont pris la mauvaise habitude de croquer les excursionnistes, les chiens de protection font de même. S’il s’agissait d’un loup, comme on le prétend dans le coin,  ce serait une première.

dimanche 18 février 2024

Des vrais loups rôdent autour du Musée du Loup (la biodiversité et l'« effet Chicken Run»)


Ce qui change, au musée du loup du  Cloître Saint-Thégonnec, c’est que les loups sont peut-être revenus.  C’est bon pour la biodiversité. Et c’est aussi une bonne nouvelle pour cet établissement, très actif sur le plan didactique, qui pourra compter sur une augmentation des visiteurs et tout particulièrement des éco-touristes.

 « Les faits se sont produits début janvier 2024, lisons-nous dans le Télégramme du 18 février,  dans une exploitation de vaches laitières, au Cloître-Saint-Thégonnec (29). À cinq jours d’intervalle, l’éleveuse Isabelle Jezequel a trouvé deux vaches mortes, dans le même champ, situé tout proche d’une maison d’habitation, au lieu-dit Créac’h-Ménory »*.

Je le rappelle souvent : bientôt, au nom de la biodiversité, les bergeries, y compris dans les pâturages alpins, ressembleront aux camps de concentration pour poulets si bien illustrés dans le film d’animation Chicken Run **.

* N’anticipons pas trop sur les résultats des analyses, qui ne vont sûrement pas tarder. Dans le comité d'experts internationaux censé établir la vérité des faits il y a d’ailleurs controverse. Certains prétendent que, à l’origine du décès, il y a des chiens errants introduits dans le Finistère par les services secrets d’un pays étranger. D’autres attribuent ce décès à des causes naturelles : bien qu’en bonne santé, les deux vaches auraient été terrassées par un phénomène inexplicable pendant qu’elle se promenaient allègrement.

** Dois-je préciser que moi aussi je tiens énormément à la biodiversité ? Le problème n’est pas la biodiversité, bien évidemment, mais l’usage détourné, instrumental, que l’on  peut faire de cette notion.

mardi 26 septembre 2023

Dicton néo-rural : "C'est comme installer la clôture lorsque la brebis a été bouffée".

 


Je lis dans un site spécialisé : 

Une clôture électrique :
- est dans la plupart des cas facile à placer soi-même ;
- est particulièrement efficace pour refouler les loups ;
- est 50 % meilleur marché qu’une clôture conventionnelle.

Une clôture contre les loups doit être de 1,20 m de haut au minimum et être composée de 5 à 7 conducteurs tendus à l’horizontale. Le conducteur inférieur doit se trouver à 20 cm maximum au-dessus du sol, afin que le loup ne puisse pas se faufiler dessous. La pose d’un ruban au lieu d’un cordon en haut de la clôture (si possible), effarouchera encore plus les loups et les empêchera de sauter par dessus la clôture électrique.

La clôture sur laquelle je suis tombé l'autre jour  n'avait que trois conducteurs. Il faut être pingres! Et après on va se plaindre : "Le loup m'a fait ceci, le loup m'a fait cela ...". 

 

mardi 19 septembre 2023

Proposition au gouvernement pour la canification du territoire national

 


Luttons contre les préjugés : loin d’être agressifs, comme on peut le constater, les chiens de protection sont heureux de nous rencontrer (cliché Sergio Dalla Bernardina)

Je ne comprends pas. Les experts nous avaient assuré que la cohabitation était possible, qu’il fallait arrêter avec ces vieilles lubies de paysan. Lorsqu’on avançait des doutes on passait même pour des demeurés. Je découvre que le gouvernement, avec son nouveau « Plan loup »,  est en train de changer son fusil d’épaule (mais pas trop, finalement). Et s’il se trompait pour la deuxième fois? Pourquoi entraver l’expansion naturelle de ce noble carnassier,  cheville ouvrière de la biodiversité? On nous montre avec enthousiasme  l’efficacité des chiens de protection dans la lutte contre les grands prédateurs. Il n’y a qu’à planifier leur distribution au niveau national. Chaque éleveur devrait  être muni d'un voire de plusieurs chiens de protection (financés par l’Etat comme on le fait pour les tracteurs, les silos etc.). Ce sera beau, en se promenant dans les prés, d’être accueillis par des myriades d’amis de l’homme (les meilleurs, par surcroît), prêts à nous faire la fête.

dimanche 10 septembre 2023

Du racisme chez les loups


« Je ne suis pas sûr que le restaurant de Giuliana sera ouvert, ce soir, le loup vient de lui bouffer deux chèvres et leurs petits ». En entendant cette nouvelle je mélange mon dépit (je trouve que ces loups commencent à bien faire … )  et ma fierté de grand reporter car, probablement, j’ai  dans mon smartphone la photo d’une de ces pauvres chèvres. Je l’avais  prise il y a deux mois -  un pressentiment, sans doute.  En rejoignant le restaurant je commente l’évènement  avec mes amis « Certes que cette victime annoncée était une proie très facile*. L’aurais-tu laissée accrochée à une vieille camionnette  avec tous ces prédateurs qui circulent ? **. « Tout faux », me dira Giuliana un peu plus tard, « La chèvre de ta photo est toujours parmi nous*** Les loups ont leurs préférences,  ils ont épargné les blanches, ce sont des Saanen, alors qu’il y avait un joli bicot tout gras,  et ils se sont concentrés sur les Chamoisées des Alpes.

 « C’est génial », je réplique,  « il suffira donc de remplacer les chèvres blanches  par des chamoisées et les problèmes de cohabitation avec les loups  seront réglés ».  

Elle regarde vers le ciel d'un air interrogateur, comme pour dire  : « il est bête ou quoi ?»

* Une victime regrettable mais  indispensable pour le  retour  de la biodiversité, nous rappellent les experts.


** Le restaurant était à 20 mètres  de la camionnette, mais les loups modernes, parait-il,  aiment les restaurants à la ferme et les camionnettes vintage.
 
*** A la différence du pauvre  Vincent, qui n’est plus.

mardi 25 juillet 2023

Co-évolutions

 

Turgut Aygün, Les "danseurs" d'un chien africain, 2019.  Détail*

 

Je cherche l’auteur de ce passage prophétique :

 

« L’Île était tellement petite que tout était sous contrôle. Depuis longtemps, désormais,  les termes domestique et sauvage étaient tombés en désuétude. À leur place, des noms de famille mettaient les différents partenaires - humains, plantes, animaux - sur un plan d ‘égalité. Tous les chiens étaient beiges ».

 

* Pour tout dire, j’ai éliminé les queues blanches du chien (c'est toujours le même mais il bouge)  pour faire coller l'image à mon propos. Je me suis interdit de recolorier le chien en beige. J’invite  le lecteur à retrouver ce très beau tableau dans son entièreté.

lundi 1 mai 2023

Se telefonando (autour des aléas de la transmission orale)


 

Lorsque j’étais petit, en Italie, je jouais au « téléphone  sans fil »* :  on prononçait à voix basse un mot qui, transmis d’un joueur à l’autre, subissait des transformations hilarantes.  Ça me revient à l’esprit en lisant les copies concernant mon cours de cette année sur la question environnementale. Il y avait un micro, pourtant, mais le résultat est tout aussi surprenant. C’est l’acoustique de la salle, je crois. Voici quelques échantillons  :

 

- La glace fond et les poissons se font moins nombreux.

 

- Des poulpes envahissent la rade de Brest portant atteinte à la biodiversité. Faut-il les sortir de l’eau afin de les empêcher de nuire ?

 

- Par exemple en Corse nous faisons face à la mythification rurale. Ils se battent presque entre eux pour savoir qui sera le chasseur le plus rural.

 

- Dans certains pays le braconnage est interdit.

  (À suivre).

 

* Ailleurs on l'appelle autrement. J'y reviendrai.

samedi 29 avril 2023

Anachronismes

Scientifiques romains dans le cadre d'un colloque sur le réchauffement climatique

Voici quelques perles sorties d’un cours  consacré à la question environnementale :

« Au cours des siècles passés, les questions autour de la place de la biodiversité se sont multipliées ».

« Le rapport de l’homme avec la nature et  les animaux a eu et a toujours un impact sur le développement durable ».

« Depuis la montée des courants écologistes, la sensibilité contre la souffrance animale est de plus en plus importante et est avancée par des personnes influentes comme Brigitte Bardot plus récemment, ou encore  Freud et Thoreau ».

« Les premiers enseignements d’anthropologie datent de 1990 grâce à un certain Philippe Descola, ce célèbre anthropologue pensait que les plantes étaient des interlocuteurs, qu’elles n’étaient pas des objets inanimés. Peu à peu les discours changent, les perspectives également » (À suivre).


samedi 8 avril 2023

Le randonneur qui a rencontré un ours (les effets collatéraux du projet Life Ursus)

 


Extrait de l'ouvrage de Dino Buzzati : La Fameuse Invasion de la Sicile par les ours

C’est bien un ours qui a tué le jogger retrouvé il y a quelques jours  en bas d’un chemin forestier  dans la Val di Sole, en province de Trente. Le mois passé, dans la même zone,   un randonneur s’en était mieux sorti avec juste des blessures. Certains estiment que  c’est le prix à payer pour restaurer la biodiversité. Et  on comprend leur raisonnement : on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.

C'est sans doute vrai. Il n’empêche que cela fait de la peine *.  

* Il semblerait que cet ours-là n’est pas comme les autres (dont la gentillesse est notoire). Il était sûrement un borderline. Malgré  le désaccord des Animalistes, les administrateurs locaux vont s’occuper de lui et tout rentrera dans l’ordre : des humains sereins dans les villes, des prédateurs sereins dans les bois.

lundi 6 mars 2023

En attendant l’ours qui fera parler de moi


Une autre attaque d’ours dans la région de Trente. Ce n’est pas comme dans les Pyrénées, où les ours locaux, qui sont manifestement  des poules mouillées, n’attaquent pratiquement personne. La victime  s’en est sortie avec des blessures à la tête et au bras, rien de particulièrement grave. C’est bon pour le commerce local. Les touristes viendront nombreux frissonner dans les bois.

samedi 18 février 2023

Le Mouvement pour la libération des toutous en pleine nature (MLTPN)

 

Source : Il Gazzettino

Ça monte sans arrêt comme le réchauffement climatique. Je suis étonné par le  nombre de promeneurs qui se baladent avec leurs chiens dans les pâturages alpins. Ils font semblant de les tenir en laisse et derrière le col, lorsqu’ils pensent que personne ne les voit, ils les libèrent.  Lucky, le chien de la photo, accompagnait son maître dans une sortie hors-piste. Excité par la présence d’un « perdreau»*, il a fait une dégringolade de 500 mètres. Arrivés sur place en hélicoptère, les secours  ont pu le sauver.
Comme dirait le perdreau : « Tout est bien qui finit bien »**.

* À en juger du paysage, je suppose qu'il s'agit d'un lagopède, que les Italiens appellent  la pernice bianca.

** Le nom du quadrupède  doit avoir joué un rôle central dans l'issue de cette histoire. J'avoue mon admiration pour ce skieur très habile,  capable de faire du hors-piste avec un chien tenu en laisse.

 

samedi 11 février 2023

Est-ce que Lévi-Strauss était raciste ? La même betterave partout

 

Pomme Hybride Golden X Cassou n°106

Je reviens sur  les apiculteurs autrichiens accusés de racisme parce qu’ils craignent  que les abeilles autochtones, au contact avec les étrangères,  perdent leur identité.

L’auteur de Race et Histoire serait-il donc raciste ? Ce serait le comble. On pourrait aboutir à cette conclusion, cependant, en lisant de façon politiquement correcte le passage suivant :

« Il n’y a plus rien à faire : la civilisation n’est plus cette fleur fragile qu’on préservait, qu’on développait à grand peine dans quelques coins abrités d’un  terroir riche en espèces rustiques, menaçantes sans doute par leur vivacité, mais qui permettaient aussi de varier et de revigorer le semis. L’humanité s’installe dans la monoculture ; elle s’apprête à produire la civilisation en masse, comme la betterave. Son ordinaire ne comportera plus que ce plat ». C. Lévi-Strauss, Tristes Tropiques,  Plon, 1955, Coll. Terres humaines, p. 36-37).

En craignant la monoculture (un univers « amélioré » où toutes les abeilles seront grises) Lévi-Strauss n’était pas raciste.  Il regrettait, simplement,  l'effacement des différences culturelles enracinées dans l'histoire et favorisées par la géographie. C’est un peu comme pour les abeilles autrichiennes : on peut regretter leur hybridation parce qu’on est raciste ; on peut la regretter parce qu’on est pluraliste (parce qu'on aime la diversité et on cherche à la préserver).   

Je me considère démocrate et progressiste*. Cela dit, je n’aurais pas envie que,  au nom de l’abolition des préjugés, on me propose le même miel et les mêmes betteraves partout.

 

* C'est bien de  le rappeler de temps en temps. Ce que je trouve merveilleux - et il faut militer pour défendre cette cause - c'est qu'on peut être démocrate et progressiste sans faire partie des   « nouveaux-curés » (il n'y a pas d'équivalent au féminin - « nouvelle curée » voulant dire autre chose). Je parle de ces nouveaux gardiens de la morale prétendant s'exprimer au nom de la gauche et qui, en dépit de leur conformisme affligeant, se prennent souvent pour des grands révolutionnaires.

jeudi 22 décembre 2022

Ah, les sangliers ...

 

Ah, les sangliers, c'est la faute aux chasseurs. Heureusement qu’il y a les loups …

Ah, les moutons, c'est la faute aux bergers. Heureusement qu'il y a les loups ...

Avec les moutons, en fait, ça marche moins bien.