jeudi 25 août 2016

Coming out : j'ai dévoré un cœur de bœuf tout cru




Cœur de bœuf

Autrefois on pouvait baptiser une tomate "cœur de bœuf" sans se faire gronder par les amis des animaux. La référence à la  partie anatomique d'un animal pour dénommer une variété végétale  ne scandalisait personne. Sur le plan symbolique  elle ajoutait tout juste  au légume (ou au fruit, il y a débat là-dessus), la vigueur du bœuf et la puissance nutritionnelle du sang. Mais la société moderne, comme l'a si bien illustré Norbert Elias, tend de plus en plus à censurer (édulcorer, "euphémiser", dans son vocabulaire)  les associations d'idées trop liées au domaine du physiologique. Il n'empêche que l'opération inverse, revenant à "végétaliser" les références au monde animal,  montre aussi ses limites. Quoi qu'en pensent les animalistes, la formule "Richard cœur de lion" n'est pas remplaçable  par "Richard cœur de tomate".

2 commentaires:

  1. C'était peut-être aussi un cœur d'artichaut. Belle association pour des brochettes.

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  2. Je n'y avais pas pensé: les artichauts aussi ont un cœur. Comme d'ailleurs les problèmes et les réacteurs nucléaires.

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