À ce moment de l’histoire, tout devient confus. L’agave - je le rappelle - était là depuis toujours ou presque. Comment expliquer sa disparition soudaine ? On venait juste de constater son état de détresse, on s’était démené pour inverser la marche, et voilà qu’il se dérobe.
- C’était la fin du chantier. Il se peut que les ouvriers, en emportant les déchets ...
- Et si c’était la municipalité ? Derrière sa caméra, peut-être, le surveillant a remarqué nos mouvements suspects. « Qu’est-ce qu’ils ont à regarder, ces gens-là ? Qu’est-ce qu’ils trafiquent ? Ah, je vois, cette vieille plante, effectivement… elle est dans un état lamentable. Les touristes passent, commentent… ça porte préjudice à l’image de la ville. Il faut intervenir.
- La première hypothèse me paraît plus crédible. Derrière les caméras il n’y a personne, et les municipalités ne passent pas leur temps à espionner les agaves pour voir s'ils sont résilients. D’après toi, qu’est-ce qu’ils en ont fait ?
- Broyé, peut-être, ou incinéré.
- C’est pas marrant. Je préfère imaginer une autre issue*.
* L’hypothèse d’une intervention communale est peu vraisemblable, pour ne pas dire paranoïaque. Elle devient plausible dans des villes gérées par des administrations « dendrophobes », voyant dans chaque arbre un danger potentiel et dans chaque plante vieillissante une saleté à éliminer (« Notre ville n’est pas très grande, c’est vrai, mais elle est nickel ! »).
J’ai en effet envie d’imaginer un épilogue heureux à votre feuilleton de l’été.
RépondreSupprimerL’agave, ayant été balancé dans la fosse aux déchets « organiques » , attire l’attention de l’employé communal qui perçoit ce verdissement de bon augure et l’emporte chez lui pour lui donner une dernière chance.
Armelle Sêpa.
Je crains que les employés communaux soient tenus à rester impassibles face aux signes de vie émis par les plantes vouées à l’élimination Mais je veux bien imaginer l’existence d’un employé borderline, dans un jardin tout aussi borderline, entouré par des « résilients » joyeux et vigoureux : une forêt de rescapés arrachés à une obsolescence trop vite proclamée.
SupprimerJ’adore cette idée. C’est le plus bel épilogue possible.
RépondreSupprimerArmelle Sêpa.