Deux ou trois taons traînaient dans ma cuisine. J’ai pensé : « Je vais les neutraliser » (euphémisme). Après je me suis dit : « Mais non, écoute, ils sont là, tranquilles, ils ne t’ont rien fait, il fait encore chaud et les fenêtres sont ouvertes : laisse qu’ils se débrouillent ».
Ces taons-là n’étaient pas très fûtés, après des tentatives avortées de quitter la pièce - enfin, c'était mon sentiment ... - ils se sont accrochés au mur et ils n’ont plus bougé.
Mû par une impulsion philanthropique, je les ai aidés à sortir en agitant sous leur nez une feuille A4*. Ils ont trouvé le chemin sans problème, comme s'ils le connaissaient par cœur.
« Drôles de bestioles – ai-je conclu - je cherche à me mettre à leur place mais je n’y parviens pas ».
Cette expérience de confrontation inconcluante à l’altérité animale m’est revenue à l’esprit en tombant par hasard sur un article d’Anna Mannucci qui s’appelle, en français, : « Qu’est-ce que cela fait d’être une chauve-souris ? (qui n’est pas un rat avec des ailes) ». https://www.corriere.it/animali/25_aprile_03/cosa-si-prova-ad-essere-un-pipistre
* Est-ce que les taon ont un nez? Bonne question.

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