jeudi 16 juin 2016

"Laissez-nous vous configurer". Heidegger, les animaux (et les humains?)



Humains ouverts sur le monde mais pas trop en voie d'acclimatation

Ce qui différencie l'homme de l'animal, selon Martin Heidegger, c'est que l'animal  n'est pas ouvert sur le monde. Comme le rappelle Elisabeth de Fontenay dans son important ouvrage  consacré au statut des animaux dans la pensée occidentale, la thèse d'Heidegger est que "La pierre est sans monde, l'animal est pauvre en monde, l'homme est configurateur de monde" . "L'essence de l'animalité pour Heidegger, poursuit la philosophe,  réside dans l'hébétude, l'accaparement, l'obnubilation".
Il suffit de penser que cette hiérarchisation vaut aussi au sein de notre espèce (certains humains sont "ouverts sur le monde", d'autres sont "pauvres en monde") pour être en phase avec le  National-socialisme  (et accepter sans problème, en 1933, le rectorat de l'Université de Fribourg).  Mais Heidegger, dira-t-on, n'a jamais affirmé que certains humains sont "pauvres en monde". Encore heureux.


Elisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes. La philosophie à l'épreuve de l'animalité, Paris, Fayard, 1998 p. 661 et suiv.

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