samedi 18 juin 2016

Le Gorille Harambe et le poids de l'imaginaire



Gorille dérangé par les cris du public


La mort d'Harambe, Gorille malchanceux  tué par les gardiens d'un zoo américain au nom du principe de précaution, a beaucoup ému l'opinion publique.  Des commentateurs désobligeants ont écrit : " J'ai été tué parce qu'une pétasse ne surveillait pas son gamin". D'autres ont critiqué le zoo de Cincinnati, incapable d'assurer une protection totale à ses visiteurs. D'autres encore ont mis l'accent sur l'habilité et la remarquable détermination  du petit contorsionniste qui a réussi à pénétrer dans l'enclos.     

Dans un entretien au Huffington Post la chercheuse et littéraire Anne Simon nous rappelle  que c'est bien le propre du zoo de garder, pour des raisons symboliques,  un semblant de dangerosité. Si tous les fauves y étaient réduits à l'état de légumes  il n'y aurait plus des raisons pour payer l'entrée (elle exprime ce concept de façon plus élégante : " Dans les parcs zoologiques, la nature doit rester pure et sauvage, on veut la contempler telle qu'on l'imagine: l'ours qui se lève, les loups qui hurlent. À la seule différence que les animaux doivent être sauvages, mais pas trop").

Je partage son opinion et j'avoue que cet événement ne m'a pas trop étonné. Le gorille, à bien voir,  avait bien la morphologie d'un tueur potentiel. En forçant à peine les choses, il  ne serait pas absurde  de rajouter Harambe au 4% de prisonniers innocents exécutés tous les ans dans pénitenciers des Etats Unis d'Amérique (2144 exécutions on eu lieu entre 1950 et 2009, ce qui donne une moyenne d'un innocent et presque demi par an).

*La mort d'Harambe est plus complexe qu'un gentil gorille face aux méchants parents. Le HuffPost  |  Par Sandra Lorenzo Publication: 01/06/2016 07h11 CEST Mis à jour: 02/06/2016 09h45

*Gross, S. R., O'Brien, B., Hu, C. & Kennedy, E. H., « Rate of false conviction of criminal defendants who are sentenced to death », Proceedings of the National Academy of Sciences,‎5 avril 2014 



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