samedi 23 mars 2019

Traumatismes de guerre (aux innocents) 6 : retour sur des petits massacres de rien du tout*




 

Après mes quatre coming out (j’ai vu souffrir à cause de moi  un poulpe, une araignée de mer, des escargots  et des grenouilles) et avant de continuer la liste, j’ai envie de poser à nouveau la question de départ. Est-ce que celui qui mange un poulpe tué par quelqu’un d’autre est plus sensible que celui qui mange un poulpe tué par lui-même ?
Est-ce que passer sous silence  les souffrances du poulpe qu’on a zigouillé est une marque de sensibilité ? Tout dépend des intentions. Je peux parler de la souffrance des animaux pour me délecter, je peux le faire pour exorciser l’événement troublant dont je suis à l’origine et  chercher à me déculpabiliser, je peux le faire pour que cela s’arrête. Ce qui complique les choses, c’est que toutes les intentions ne sont pas conscientes.

* Je provoque, bien entendu, plus j’en parle, plus ces gestes habituels et innocents dictés par des raisons alimentaires me semblent des vrais massacres. Et pourtant je ne désiste pas. Je m’apitoie et je mange. Doctor Jekyll and Mister Hyde.

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