La bonté est de retour ! Je parlais l’autre jour de ce négociant des Alpes de Vénétie pris à parti par les villageois (pas la collectivité dans son ensemble, la mairie a blâmé le commerçant alors que la paroisse a pris sa défense) pour avoir décoré une vitrine en style Halloween. En réaction à ce projet « sataniste et blasphématoire » des initiatives ont surgi : dans un bar du coin, pour fêter la Toussaint, la gérante a offert des sucreries et même des récompenses en argent aux enfants qui récitaient une prière.
Je rappelais, il y a longtemps le célèbre article où Claude Lévi-Strauss commente la controverse suscitée à Dijon, en décembre 1951, par la condamnation et la mise à mort symbolique d’une effigie du Père Noël. Les autorités religieuses voyaient dans ce vieillard rouge-vêtu l'incarnation d’une tradition païenne et commerciale.
Le monde a changé : 75 années plus tard, les gestionnaires de l'orthodoxie religieuse ne manquent toujours pas, mais les défenseurs des traditions païennes ne sont plus exactement les mêmes**
* « Le Père Noël supplicié », Les Temps modernes, n° 77, mars 1952, p. 1572-1590. Paris : Éditions Gallimard.
** Dans ce cas spécifique, il faut bien le préciser.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire