mardi 22 septembre 2015

Pêche à la sardine "no kill"




Poisson singulier, l'alose est bonne à manger entre Arles et Pont-Saint-Esprit. Plus au sud elle est trop salée, plus au nord pas assez. N'étant pas un délice, on la consomme pour des raisons essentiellement sociologiques  : on se réunit entre mangeurs d'aloses et on fait la fête. Le pêcheur d'aloses  est dans la norme lorsqu'il appartient aux classes populaires. Pour rendre comestible ce poisson indigeste on le fait  mijoter pendant six heures. L'eau de vie  dissout les nombreuses arrêtes. Tout est bon pour apprivoiser son goût barbare :  l'oseille, le fenouil,  les oignons et les tomates, le safran et le pastis.

Si on est issu des classes moyennes, à la place de l'alose on pêche la carpe "no kill". 1) On achète du matériel  high-tech chez Décathlon. 2) On sort une carpe du Rhône (petite, moyenne ou grande en fonction de la chance).  3) On fait un selfie avec  elle et on la rejette à l'eau.  A l'état actuel, on ne connaît pas de recette pour accommoder la carpe "no kill" .

(Voir, à ce propos : Carole Barthélémy, La pêche amateur au fil du Rhône et de l'histoire, Préface de Bernard Picon, Paris l'Harmattan, 2013).

Question 1) Pourquoi l'alose oui  et le chat non? (je parle du droit de publier la recette sans se faire importuner).

Question 2) C'est pour quand la pêche à l'alose "no kill"?


Question 3) Est-ce que les pêcheurs de carpes sont des antispécistes qui s'ignorent?

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