lundi 25 août 2025

Les Alpes se dépeuplent

 

 


Cela fait des années que je reviens sur le thème de la  « réification » de l’animal en vue de son abattage. Le mot réification vient du latin res qui signifie « chose » : Plus l’animal s’apparente à une chose, plus sa mise à mort est aisée*. Même au sein de l’ontologie occidentale, le degré de choséité d’un animal peut varier d’un pays à l’autre.

J’ai posé à Chatgpt la question suivante :

Est-il vrai qu’en matière de dermatose nodulaire contagieuse le gouvernement français prend des mesures  bien plus radicales (l'abattage total) qu'en Suisse ou en Italie?

Voici sa réponse :

 

« Synthèse comparative

Pays

Stratégie principale

Abattage total ?

Vaccination

France

Dépeuplement total des foyers + zones + vaccination

Oui, dès 1er cas confirmé

Vaccination obligatoire (20–50km)

Italie

Abattage partiel (≈18%) + autres mesures

Non systématique

Probablement vaccination/surveillance

Suisse

Surveillance + vaccination envisagée

Non

Vaccins non autorisés actuellement


Conclusion

Oui, la France applique des mesures beaucoup plus radicales que l’Italie ou la Suisse : abattage total des troupeaux dès le premier cas, contre abattage partiel en Italie, et aucune politique d’abattage en Suisse, du moins selon les informations disponibles ».

J'y reviendrai. Pour l'instant, je me limite à dire que j’aimerais voir à quoi ressemble le petit-malin qui a inventé l’euphémisme « dépeuplement » : « Nous, on n’extermine pas, Monsieur. Lorsque c’est vraiment indispensable, on euthanasie, on dépeuple ! ».

* Voir, su ce sujet, le chapitre : « Une personne pas tout à fait comme les autres, l’animal et son statut » dans l’ouvrage en ligne :  La langue des bois. L’appropriation de la nature entre remords et mauvaise foi. Paris, Muséum National d’Histoire naturelle, 2020.

4 commentaires:

  1. La réification de l'animal ne vaut que dans le cas de la dermatose nodulaire contagieuse. Et elle est efficace, car il se trouve peu de défenseurs des animaux pour protester contre l'euthanasie. Dans le cas plus pratique d'un abattage conventionnel, la méthode inverse est appliquée... https://france3-regions.franceinfo.fr/pays-de-la-loire/maine-et-loire/angers/escalope-de-chiot-saucisson-de-bichon-steak-de-labrador-ils-creent-une-fausse-ferme-de-viande-canine-pour-denoncer-l-exploitation-animal-3205751.html?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwY2xjawMZqpxleHRuA2FlbQIxMABicmlkETFkOFBZUVNkZkZJTmdGNVpnAR51DKf8bjwhfTCr4-vsm-0DBufR-d4XNC9W1AgaDT_LjSeY9IqvRkz61cozCw_aem_AaJhBob_rXNTV4Up6QmQzA#Echobox=1756133644-13

    RépondreSupprimer
  2. Je suis d'accord avec vous, parce que ce sont des choses que vous expliquez de manière convaincante dans vos livres (j'ai bien aimé Faut que ça saigne !, et je dois dire que des précisions sur votre passage de l'italien au français à l'écrit m'intéresserait). Je me pose une question : il semble que Philippe Descola considère que les animaux seraient mieux traités si nous les dotions d'une subjectivité, ou d'une individualité, ou d'une personnalité (je ne sais plus très bien, alors je dis tout ce qui pourrait correspondre), or Patrick Dupouey (qui dit lui-même qu'il n'est pas anthropologue mais qui a bien lu Descola), fait remarquer que ce n'est pas du tout évident, parce que ce n'était pas le cas pour les humains (ainsi les esclaves africains recevaient-ils le baptême avant les coups de fouets en arrivant sur leur lieu de servitude, ce qui était une disposition légale : c'est donc bien qu'on leur conférait le statut d'être humain. Voici ma question : pensez-vous que ne plus réifier les animaux permettraient de les mieux traiter ? Sans vouloir faire de la politique, il me semble que la production de masse qu'implique le capitalisme contemporain implique nécessairement des abbatoirs aussi gigantesques que discrets, qui crééent une distance entre le consommateur et l'animal, sans même que ce dernier ait besoin d'être considéré comme une chose ou comme un être. Je ne sais pas si je suis clair : si je vous emmène sur un terrain qui vous semble suspect, je ne prendrais pas du tout mal que vous ne publiiez pas ce commentaire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je vais un peu dans votre direction. Réifier l’animal peut prendre la forme d’un automatisme qui agit « en amont ». La production de masse, effectivement, anonymise la victime sans besoin d’autres mises en scène. Les peuples cannibales considèrent leur ennemi comme un sujet. Ça ne les empêche pas de le tuer et de le manger.

      Supprimer
  3. On pourrait aller encore plus loin et proposer des tisanes de doberman pour ceux qui veulent devenir plus virils. Dans mon blog du 5 septembre 2015 j’évoquais l’existence d’un fantomatique fromage de chien. Mais le fromage de porc est bien meilleur.

    RépondreSupprimer