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mercredi 7 octobre 2026

La robotisation des espaces naturels

 

J'ai emprunté cette image au site : https://www.istockphoto.com/fr/photo/rendu-3d-dun-chien-robot-futuriste-gm964220534-263256243

Sollicitée par l’agence publique Veneto Agricultura, l’université de Padoue vient de réaliser un dispositif très ingénieux permettant d’éloigner les prédateurs des moutons, des vaches et des ânes. C’est le chien robot qui, grâce à sa présence discrète, aidera largement à préserver la « naturalité » des espaces naturels.

Pour aller encore plus loin, on pourrait remplacer par des robots même les moutons, qui avec leur tendance au surpâturage risquent de nuire à la biodiversité (et en plus,  ça ne sent pas très bon)

Et pourquoi pas les loups?

Les Legos aussi, je crois, constitueraient  une alternative valide.

jeudi 30 juillet 2026

« La vertu est science ; le vice est ignorance ». Le rôle émancipateur des défenseurs des loups

 


Moutons arriérés croyant encore à l’histoire du Grand Méchant Loup.

 

Pas trop d’idées ce matin. Je reviens donc sur mon marronnier estival. Dans la presse régionale, je tombe sur un article commentant le désarroi des éleveurs face à la prolifération des loups dans les Alpes de Vénétie. Il s’appelle “ Abattez les loups, sinon ce sera un désastre ». Des agriculteurs furieux après les dernières hécatombes »“. L’article reporte le point de vue d’Alberto Morandi, propriétaire d'une exploitation agricole dans la province de Padoue, qui emmène depuis trente ans près d'un millier de moutons à l'alpage :  « Soit le problème du loup est résolu, soit nous allons au-devant d'un désastre, car des dizaines d'exploitations agricoles décideront de cesser leur activité. » En moins d'un mois, il a subi trois attaques : 20 brebis ont été déchiquetées, 13 blessées et 50 dispersées. Et cela, bien qu'il ait respecté le protocole consistant à installer chaque soir une double clôture électrifiée, le troupeau étant protégé par trois chiens de garde. La dernière attaque remonte à dix jours, le 19 juillet.« On fait constamment la leçon aux éleveurs et on les fait passer pour des gens peu professionnels. »

Ça alors. Mais de quels loups parle-ton ? J’étais persuadé que la peur du loup n’était que l’héritage d’anciennes croyances irrationnelles, de fantaisies rétrogrades fustigées par les porteurs de la légitimité scientifique (pour utiliser une formule à la Bourdieu)*. Je cite au hasard :

  “« Le loup et les peurs irrationnelles » (…) L’ignorance, la cupidité et l’égoïsme entrent pour beaucoup dans l’agitation irrationnelle qui accompagne le retour, timide d’ailleurs, du loup dans les forêts vosgiennes. (…) « La vertu est science ; le vice est ignorance », disait Platon. C’est bien de cela qu’il s’agit : le loup, mais aussi l’ours, le lynx, la chauve-souris, les rapaces, les insectes etc. sont victimes d’obscures superstitions véhiculées par les fantasmes de l’imaginaire, par des réminiscences ancestrales scientifiquement infondées, mais bien ancrées dans l’inconscient collectif, et souvent reliées aux manifestations du Malin ou à toute autre puissance délétère. Comment se débarrasser de ces croyances ? Une psychanalyse collective semblant exclue, il faut, comme bien souvent, être patient et éduquer, inlassablement”. (Dominique Pernot, Ancien président d’Alsace-nature - Dernières Nouvelles d’Alsace, 3 mars 2014 https://www.dna.fr/environnement/2014/03/01/le-loup-et-les-peurs-irrationnelles?utm_source=chatgpt.com

Et pour rester dans les alpages où pâturent les moutons de Monsieur Morandi, voici le point de vue prophétique de Stefania Ganz, biologiste et adjointe à l'environnement de Belluno, dans un numéro de l’hebdomadaire L’amico del Popolo de 2018: « Le loup ne devrait pas faire peur à l'homme, il n'y a aucune raison. Les éleveurs devront s'adapter. C'est possible. »

Même appel au réalisme chez Pierre Rigaux, « militant français pour l'écologie, la cause animale et l'abolition de la chasse », qui dans ses conférences se démène pour  « démystifier beaucoup de choses qui relèvent du fantasme. »   « On entend dire (...) qu'il décimerait les troupeaux (...). Il faut regarder la situation d'un point de vue quantitatif (...), on se rend compte que les choses peuvent, en grande partie, être évitées.

Bref, chers éleveurs, nous  comprenons votre désarroi, bien entendu, parce que nous sommes des êtres sensibles (plus que vous, d’ailleurs, qui élevez des non-humains pour les amener à l’abattoir).

Cependant - espèce de troglodytes - assurer la cohabitation entre le loup et l'agneau est ce qu'il y a de plus élémentaire :  il n’y a qu’à …

*  Je mens. Cette arrogance scientiste réduisant à des préjugés ataviques les doutes des éleveurs quant à la possible cohabitation du bétail et des loups fait l’objet de mes critiques depuis une vingtaine d’années voire plus.

vendredi 20 février 2026

En marge des faits de Lyon



William Henry Davis, 1786–1865. Mouton bien gardé.

En commentaire à une sortie de Giorgia Meloni, déplorant l’inefficacité de la police française  en matière de maintien de l’ordre publique (c’est la point de vue de la Présidente du Conseil des ministres italien), Emmanuel Macron a déclaré :

« Que chacun reste chez soi et les moutons seront bien gardés »

Ne connaissant que la formule qui met les vaches à la place des moutons, j’ai interrogé l’Intelligence Artificielle :

Q .- Est-ce que la formule « et les moutons seront bien  gardés » est plus récente?

R. - Oui, la formule « et les moutons seront bien gardés » est plus récente que « et les vaches seront bien gardées ». La version ancienne et attestée dans les textes médiévaux est bien :

« Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées » (dès le XIIIᵉ siècle). La variante avec les moutons n’apparaît que plus tard, comme adaptation populaire ou régionale. Elle n’est pas la forme proverbiale d’origine et reste beaucoup moins attestée dans les recueils classiques de proverbes ».

Je lui demande alors (c’est mon côté « complotiste ») : N 'y aurait-il pas aussi l'idée que le mot « vache » a quelque chose de plus rustique que le mot « mouton »?

Elle me répond : « Oui, ton intuition est intéressante — et plausible*. Il peut effectivement y avoir une dimension de connotation dans le glissement de vaches vers moutons. » Et elle enchaîne avec l’explication suivante :

Avec le temps, « vache » a pris en français des sens figurés négatifs ou triviaux : « être vache » (méchant, dur) ;  « peau de vache » (emploi parfois jugé rustique ou peu élégant). Même si ces sens sont postérieurs au proverbe médiéval, ils ont pu rendre le mot moins neutre à l’oreille moderne ».

Bref, en choisissant les moutons au détriment des vaches Emmanuel Macron croit dire quelque chose de « plus présentable », peut-être, mais c’est une apparence. Comparer les Français à un troupeau de moutons, chez un chef d’État a qui on reproche de ne pas être à l’écoute de sa population, relève en fait du lapsus. En même temps, préférant se présenter en « Gardien de moutons », il discrimine la race bovine et contribue, par omission, au renforcement d’un stéréotype dépréciatif.

* Les Intelligences Artificielles, apparemment,  ont tendance à brosser leur public dans le sens du poil.

mardi 22 avril 2025

Pourquoi mange-t-on les agneaux? Valeurs et raison pratique

 


Cornelis van Leemputten (1841-1902). Un berger avec des moutons et des agneaux.

 

Pourquoi à Pâques mange-t-on les agneaux? C’est la tradition, on le sait. Mais derrière cette coutume à la forte charge symbolique, nous expliquent les spécialistes, Il y a des raisons pratiques : pour constituer son troupeau,  le berger, n’a besoin que des femelles. Deux ou trois reproducteurs suffisent. Que fait-on donc des jeunes mâles superflus ? Eh bien, on les mange. D’accord. Mais peut-on réduire l’explication d’une coutume au seul aspect technique ?


Si on s’en tenait aux raisons pratiques, on pourrait suggérer la même démarche pour régler la démographie chez les chats : on garde deux ou trois mâles reproducteurs et on mange les autres.

mercredi 11 septembre 2024

Mon carnet est réapparu (après avoir toujours été là)



Je cite :  « C'est un chien  de chasse qui ne chasse pas ».

J’ai retrouvé mon carnet. Ma prise de notes est une lista à la Prévert. Voici quelques échantillons, juste des bribes montrant moins la variété des thèmes traités à l'École de Fornara que le côté très ciblé de mes intérêts :

- « Human-Animal Studies. Études qui nous apprennent à dialoguer avec les animaux »*.

- « Animaux qui trichent : le chien de berger qui commence à en avoir marre et se met à boîter pour faire de la peine ».

- « 1923 – Création du Parc National des Abruzzes. Bataille vertueuse entre l’État et les Régions pour l’institution des parcs. L’élan, aujourd’hui n’est plus le même ».

- « Il faut que l’aliment cesse d’être une marchandise pour redevenir un médicament ».

- « La chute du prix de la laine ».

 - « Transhumance : plus une pratique diminue, plus sa valeur symbolique augmente ».

- « Paramètres faciaux pour mesurer le seuil de souffrance des animaux. Recours à l’intelligence artificielle » 

 - « La brebis a été inventée il y a 10.000 ans » 

 - « Nous et les loups : des loups différents confrontés à des hommes différents ».

- « Le loup contemporain naît dans les banlieues. Son univers olfactif est celui d’un citadin ».

- « Les habitants des Apennins ne mangeaient jamais de viande » 

- « Les préférences des éleveurs changent : les ovins diminuent, les équins et les bovins augmentent ».

- « Colliers radio pour les herbivores.** ».

Je reviendrai prochainement, peut-être, sur l’arrière-plan théorique et politique de ces fragments que j’ai sélectionnés de façon égoïste, en fonction de mes champs de recherche personnels. 

* Avant de les manger?

**À quand les bracelets électroniques ? 

mercredi 29 novembre 2023

Les loups passent-ils à l'acte? C'est la faute aux brebis


 

 

Brebis et agneaux consentants (dans leur grande majorité)

 

Si je reviens sans arrêt sur la présence  des loups dans les espaces alpins c’est que je la trouve exemplaire. Elle résume à elle toute seule les contradictions de notre société en matière d'environnement et de morale.

 

Dans les Préalpes de Vénétie, j'en ai déjà parlé,  les éleveurs arrêtent leur activité découragés  par les massacres incessants perpétrés par les loups (140 victimes par an, dans les  vallées de l'Alpago, sans compter les blessés et les dommages collatéraux*). Ils se plaignent de ces carnages périodiques alors que, selon certains, ils en sont les principaux responsables  : « Si les loups sévissent », commente le représentant de l’association Siamo tutti animali, à savoir  "Nous sommes tous des animaux" (c’est bien de le rappeler de temps en temps), « c’est la faute aux éleveurs qui n’installent pas comme il faut leurs grillages électrifiés »**.  Au nom de la faune sauvage  et de son intérêt touristique, l'auteur   de cette analyse, spécialiste en éthologie relationnelle (sic),  voudrait transformer les pâturages alpins en autant de poulaillers à ciel ouvert***.

 

Bref, la faute est aux bergers, aux maires complaisants et autres « arriérés » n'ayant pas compris le sens de l'histoire. Et pourquoi pas aux moutons ? Oui, parce que ces pauvres loups, si on réfléchit … on les provoque, on les excite avec toutes ces bonnes choses à portée de crocs. Comment prétendre qu'ils se retiennent? Et les brebis … elles font semblant de ne pas vouloir, mais ça leur plaît, elles sont consentantes. Cela saute aux yeux.

 

* N'oublions pas les très nombreux blessés, le stress qui s'empare des rescapés, les traumatismes des femelles qui ne se reproduisent plus etc. -   des conséquences néfastes, sur le plan éthologique et tout simplement relationnel, pour l'équilibre qui assure  la cohésion du troupeau.

** Je paraphrase pour faire court, mais le sens est bien celui-ci.

***  « Mais je n'ai jamais dit ça, voyons ... ». C'est vrai, je me limite à tirer les conséquences de cette solution miracle -  l'électrification des prairies -  brandie par les enthousiastes du retour des bêtes féroces dans nos campagnes.

 

vendredi 3 novembre 2023

La dent de qui? Réalité historique et diplomatie



Mâchoire néandertalienne
 
J’ai menti. La dent que j’ai trouvée dans mon jardin ne me rappelait pas le sourire de mon oncle. Elle ressemblait à une dent de ma tante. En rédigeant mon commentaire, cependant,  je me suis dit : « Si j’écris ”ma vieille tante” on va m’accuser de misogynie, voire pire ». J’ai donc mis en scène mon oncle dont le dentier, dans mes souvenirs, était impeccable.

C’est comme pour la religion. Nous avons le droit d’ironiser sur la nôtre, ce qui me parait très sain. Mais si  nous nous mettons  à ironiser sur celle des autres nous risquons de nous faire couper la tête.

Cela peut paraitre dérisoire, mais plus le temps passe, plus je me vois obligé de m’auto-censurer. C’est au nom du pluralisme, parait-il.

lundi 30 octobre 2023

Infiltrés

 

 


Pas beaucoup d'idées, ce matin. Juste l'image de cette vache qui cherche à se faire passer pour un mouton.

vendredi 27 octobre 2023

A la place du berger


Préalpes de Vénétie.  Oeuvre de l’artiste Erica Brazzo en hommage aux peintre Giovanni Segantini  (Cliché Sergio Dalla Bernardina)

Dans la région alpine, découragés par la présence des loups, certains bergers mettent fin à leur activité. Ici et là, on les remplace par des silhouettes métalliques rappelant leur ancienne présence dans les lieux.