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lundi 14 juillet 2025

Dénoncer, profiter de la vie, laisser une trace


À quoi sert un blog comme le mien, très proche du monologue ? À laisser une trace. Pendant un moment (relativement long, désormais), un type a profité d’un sujet parmi tant d’autres pour mettre les événements à distance, les relire à la lumière de ses sentiments personnels et les commenter. On alimente un blog comme on prend des photos, dans l’illusion qu’il puisse avoir la même longévité que les vieilles photos que nous gardons dans nos tiroirs. Quelqu’un, plus tard, tombera dessus, comme on tombe sur des clichés anonymes achetés chez un brocanteur, et se dira : «   À cette époque, il y avait des gens qui voyaient les choses comme ça ».

Mettre les événements à distance revient aussi à lutter contre la tentation d’augmenter notre dose de tristesse quotidienne en revenant systématiquement, comme le font les médias (c’est bien leur fonction) sur les atrocités qui nous entourent. Rappeler, par exemple, que Benyamin Netanyahou et ses souteneurs exterminent ab ovo les enfants Palestiniens de peur que, une fois adultes, ils ne soient tentés de venger la mort de leurs proches, me paraît important. On ne peut pas faire grand-chose, mais on peut au moins témoigner, rappeler qu’on a vu, qu’on a pris note.  D’un autre côté, cependant, j’ai le sentiment que l’objectif de ces semeurs de mort, soit de nous entraîner par tous les moyens dans leur spectacle nécrophile : « Que tu le veuilles ou pas, je t’oblige à me regarder, je t’oblige à parler de moi, je t’oblige à renifler mon insupportable puanteur ».

Il se peut que, si le Bon Dieu devait exister, un jour il nous dise : « Mais comment ... le monde est complexe, d’accord, et il y a du tragique partout …  mais toi, tu avais eu de la chance. Chez toi ce n’était pas si mal que ça.  Tout ce qu’il y avait de beau, dans ma création, était à ta portée. Mais toi, au lieu de te réjouir, de contempler, d’honorer cette opportunité, tu as passé ton temps à râler. Je suis gentil par nature.  Donc je te pardonne*.   Mais tu mériterais l’enfer ».

Pour cette raison, à la place d’une photo des massacres quotidiens  perpétrés en Palestine au nom des valeurs de l’Occident, je propose cette image bucolique, prise dans les Alpes**, nous montrant une population tranquille, bien dans ses baskets (et dans ses territoires), qui ne craint pas les exactions des colons et qui, pour se nourrir,  n’a pas besoin de faire la queue sous les tirs des snipers.

* Il y a des Dieux qui sont plus gentils que d’autres.

** Cette Photo a été prise à Fornesighe, dans la vallée de Zoldo. J’ai largement parlé de ce village insolite à propos du carnaval local, organisé tous les ans autour du masque de la Gnaga. En été, l’ambiance est plus propice à la méditation.

mercredi 24 novembre 2021

Noms propres et noms appropriés

 

Le Paradis terrestre

 

La création du monde (détail),  XIII siècle Venise, Basilique de Saint-Marc  

 

Je viens d'apprendre qu'a l'époque de la Création, lorsqu'on a baptisé les animaux,  leurs noms n'avaient rien de conventionnel. Ils correspondaient parfaitement aux  propriétés de chaque espèce. On appelle cette théorie le Cratylisme.

Je pense que c'est bien plus qu'une théorie. Il suffit de regarder un chien en imaginant qu'il s'appelle "chat" pour s'apercevoir que ça ne marcherait pas.

dimanche 26 juillet 2020

La violence des autres (à propos de l’Aïd-el Kébir mais pas seulement)


Caïn est jaloux de son frère. La violence va éclater
Le lien entre la violence et le sacrifice saute aux yeux. Beaucoup d’auteurs l’ont traité admirablement, que l’on songe  aux fulgurances de  Georges Bataille ou aux analyses savantes et courageuses de  Walter Burkert. Mais celui qui en a tiré la réflexion la plus organique est probablement René Girard. Contagieuse et mimétique, nous rappelle Girard, la violence nous habite. Elle est alimentée par un sentiment d’inachèvement, par le désir d’être l’Autre (d’être notre voisin, dont l’herbe est toujours la plus verte). Elle s’accumule au sein de la famille, du groupe, de la communauté et risque à tout moment  de détruire la paix sociale. Pour éviter la guerre fratricide il faut que cette violence généralisée trouve  périodiquement son issue. L’institution du bouc émissaire, au cœur du dispositif sacrificiel, remplit justement ce rôle : on projette la  violence collective sur un seul individu, "réceptacle de tous les maux",  et on la fait imploser. Le sang de la victime coule, la tension disparaît. Ceci, jusqu’à la nouvelle crise, qui demandera la désignation d’un nouveau coupable, d’un nouveau bouc émissaire.  

vendredi 24 juillet 2020

A qui convient le sacrifice ? (Et qui en est le commanditaire ?)




Couverture du CD Agnus Dei (by Concordia Seminary Chorus; Henry V. Gerike, Director)


A quoi sert donc le sacrifice ? Cela dépend des circonstances, des cultures et des locuteurs. Le Larousse, sobrement,  présente le sacrifice comme une « Offrande à une divinité et, en particulier, immolation de victimes ». Marcel Mauss et Henri Hubert, auteurs d’une étude qui fait encore aujourd’hui autorité, le considèrent comme une forme de communication permettant au profane, par l’intermédiaire d’une victime, d'entrer en contact avec le sacré.  Les responsables religieux musulmans – je simplifie -   voient le sacrifice dans les termes suivants : «  Par sacrifice on entend la bête domestique tuée au cours des jours de la fête du Sacrifice pour se rapprocher d’Allah le Puissant et Majestueux ».* Brigitte Bardot, parlant au nom de sa fondation, y voit plutôt une (…) immonde fête religieuse (…) qui comme tous les ans depuis des années sacrifiera, cruellement, sans étourdissement préalable, des centaines de milliers de moutons qui, après une longue et douloureuse agonie, perdront conscience, étouffés par le sang qui coulera à flots de leurs gorges ouvertes … »**.  Sa position, de ce point de vue, n‘est pas très éloignée de celle de Pythagore  dénonçant, aux débuts du 5ème siècle A.J.C., la cruauté de cette pratique - véritable institution qui remplissait, dans la Grèce ancienne,  un rôle politique de premier plan. Pendant longtemps, toutefois, malgré les  critiques qui ont poussé ici et là, la victime sacrificielle a continué de remplir docilement son rôle d’intermédiaire entre les hommes et les dieux, ne laissant à la question de la violence qu’une place marginale, celle d’un « effet collatéral », d’une nécessité : on ne fait pas d’omelette  sans casser des œufs. (À suivre)

* https://islamqa.info/fr/answers/36432/le-sacrifice%C2%A0-definition-et-statut
** Ces propos ont été repris et diffusés, en premier, par Valeurs actuelles : https://www.valeursactuelles.com/societe/aid-el-kebir-brigitte-bardot-vent-debout-contre-labattage-rituel-des-moutons-122021

mardi 21 juillet 2020

L'Aïd-el-Kébir approche. Les polémiques aussi



 
Laurent de la Hyre (1650). Abraham sacrifiant son fils Isaac.

On attend avec impatience l'Aïd-el-Kébir, fête associée au sacrifice du  mouton qui commémore la foi indéfectible d'Ibrahim (Abraham). Cette année  elle démarre le 30 juillet. Les Musulmans l’attendent parce que c’est une échéance importante dans leur calendrier religieux. Les autres (pas tous, seulement la minorité qui exploite la cause animale à des fins extra-animalitaires) l’attendent parce qu’elle leur permettra, cette année encore, de prouver la supériorité morale de l’Occident sur les communautés qui continuent à pratiquer le sacrifice rituel*. Chez les Chrétiens aussi, tous les dimanches,  on pratique le sacrifice. Il s’agit d’un sacrifice cannibale et même « théophage » qui,  vu de l’extérieur, peut paraître bizarre et drôlement exotique. Mais c’est un sacrifice virtuel. Si on y verse du sang, ce n’est que sur un plan symbolique**. J’évoque cette échéance imminente parce qu’elle  me permet de préciser l’idée qui anime mon court ouvrage Faut qu’ça saigne. Écologie, religion et sacrifice***. Je commencerai par poser la question suivante : « A quoi sert le sacrifice ? ». (À suivre)


*Je tiens à préciser que je fais de l'humour. Je ne voudrais pas qu’un lecteur,  pieux mais peu futé, prenne ce propos au pied de la lettre.

** Ce qui du point de vue théologique  se discute, par ailleurs : le sang de la messe, pour le croyant, n'est pas métaphorique, il est  bien réel.
***  Publié cette année aux éditions Dépaysage

lundi 16 mars 2020

Irons-nous tous au Paradis? Tout dépend du prix (Trump, le coronavirus et la mère de Saint Pierre).




Échelle menant au Paradis récemment rachetée par une firme américaine (en noir, les employés censés éloigner les intrus).
C’est hallucinant. Les Allemands pensent pouvoir réaliser un vaccin contre le coronavirus d’ici quelques mois (ce qui nous réconforte un peu). En apprenant la nouvelle, Trump a proposé de l’acheter et d’en  garder l’exclusivité pour les Américains. Cela me rappelle une vieille légende que je reporte ici dans sa version corse*:

LA MÈRE DE SAINT PIERRE

La mère de saint Pierre avait été si méchante pendant sa vie, que Dieu ne voulut pas la laisser entrer  au Paradis après sa mort.   Saint Pierre en fut bien attristé : il ne mangeait plus  et maigrissait à vue d'œil.   Le Seigneur s'en aperçut et lui dit :   «  Pierre, pourquoi donc es-tu si triste ? »  Et Pierre lui répondit :   « Seigneur, ne voyez-vous pas tous les supplices  que ma mère endure aux enfers ? ».   «  J'en suis bien désolé, mais elle n'a que ce qu'elle  mérite. Dis-moi, Pierre, a-t-elle seulement fait une  bonne action pendant sa vie? Cherche, et si tu en  trouves une, si petite qu'elle soit, je te promets de la  faire entrer au ciel ».   Saint Pierre se mit aussitôt à feuilleter le livre où  était écrite toute la vie de sa mère.   Il tourne et retourne les pages, mais pas la moindre  bonne action. Enfin, à force de chercher, il réussit à  trouver qu'un jour elle avait donné une feuille de poireau à un malheureux qui mourait de faim. Triomphant, plein de joie, saint Pierre courut vers  le Seigneur :   « Seigneur, Seigneur, elle a donné une feuille de  poireau » « Eh bien ! ce sera cette feuille de poireau qui la  sauvera ».   A l’instant, saint Pierre prit une feuille de poireau  qui s'allongea, s'allongea tant et tellement qu'elle  arriva jusqu'aux enfers.   La mère du saint s'y suspendit sans perdre de temps.  La voyant monter au ciel, un premier damné s'accrocha à elle, un second suivit, puis un troisième, puis  un quatrième, etc.   La feuille de poireau enlevait tout le monde.   En chemin, la méchante femme s'aperçut qu'on la  suivait. Furieuse elle donne de grands coups de pieds,   « Lâchez-moi, ce n'est pas pour vous que mon fils a  envoyé cette feuille ».   «  Laissez-les monter, ma mère, disait saint Pierre;  ne soyez pas si ingrate ».   Mais sa mère n'écoutait rien et continuait à donner  de grands coups de pieds afin qu'aucun malheureux ne  pût se sauver avec elle.   «  Eh bien ! Pierre, dit alors le Seigneur, que dis-tu  de cela ? »   Pierre baissa tristement la tête ; puis, lâchant la  feuille de poireau, il laissa retomber sa mère au fond  des enfers.   (J.B. Frédéric Ortoli, Contes populaires de l'île de Corse  -1883).

* Il me semble que le poireau, dans la version italienne,  est remplacé par un oignon.

mardi 7 janvier 2020

Trop d’intellos (et pas assez de McDo). Bombardons le Louvre





Après l'abbaye de Montecassino, le Louvre

C’est hallucinant. Pour faire peur aux Iraniens Donald Trump  menace d’anéantir des sites « de très haut niveau et très importants pour la culture iranienne ». L’idée que ces sites puissent être importants non seulement pour les Iraniens mais pour l’ensemble de l’humanité (y compris pour les Américains) dépasse  l'entendement de cet ancien homme d'affaires et animateur télé*.
On a beaucoup épilogué autour de l’étroitesse d’esprit des Talibans se permettant de détruire (au nom de leurs connaissances précises sur les intentions de Dieu) les célèbres  Bouddhas de Bâmiyân classés patrimoine mondial de l'UNESCO.  Et voilà Trump qui se met en compétition. 

* Plein  de grandes qualités, par ailleurs, sinon pourquoi aurait-on voté pour lui?

jeudi 14 novembre 2019

Canitude et transcendance

J'ai pris cette photo dans la rade de Brest il y a quelques années

Est-ce que les chiens ressentent le sentiment du sublime? Moi je pense que oui.

jeudi 25 juillet 2019

With a little help from my friends






 Le chanoine Marcel Michellod à côté de quelques chamois

Question d’éthique religieuse : peut-on demander au bon Dieu un coup de main pour ne pas rater les chamois ? Je viens de tomber sur cette jolie prière composée par un chanoine, à la fois artiste et chasseur, originaire du Valais. Je trouve le jeu de mots des dernières lignes à la fois drôle et particulièrement hardi.



LA PRIÈRE DU CHASSEUR



Mon Dieu, soyez sur tous mes pas dans la nuit de la haute montagne.

Faites que chaque jour je vous salue dans la splendeur de l’aube.

Faites que j’entende votre voix seule quand vous parlez avec force par les vents déchaînés.

Les fracas des monts et la chute folle des torrents, le courroux des glaciers et le sifflement des pierres,

Les déchirements des éclairs et le roulis des tonnerres,

Par l’intercession de ma belle compagne, Notre Dame des Neiges,

Par celle de mon glorieux patron, le grand Saint Hubert,

Mon Dieu protégez-moi toujours,

Faites que bien rarement avec ma carabine je ne manque le but, et que si cela m’advient, faites du moins que Vous, Seigneur, je ne vous manque point.



Chne Marcel Michellod

J’ai trouvé le tout dans « Les échos de Saint-Maurice », cf. le site : http://www.aasm.ch/pages/echos/ESM095042.pdf

jeudi 31 janvier 2019

Horizons créationnistes. Le Bon Dieu, le boucher et le dessein intelligent


 
 Maître Bertram (né vers 1340) : La Création des animaux


Chez le boucher :

- Ah, le plat de côtes, d’accord. Mais est-ce que c’est bon pour le pot-au-feu ?

- C’est fait exprès.

jeudi 29 mars 2018

Le boucher et le fromage (végane)


Fromage normal

Un pauvre type, au nom d’un être surnaturel dont l’existence n’a jamais été prouvée (et qui, en tout cas,  ne serait pas forcément d’accord avec lui), abat des gens dans un supermarché. Parmi les victimes il y a un boucher.

Quelques jour plus tard, tout aussi fière de ses certitudes, une productrice de fromages véganes se réjouit du  geste du déséquilibré.

Nous sommes encerclés.

Un tipo squallido, nel nome di un’entità sovrannaturale la cui esistenza non è mai stata dimostrata (e che, in ogni caso, non è detto che sarebbe d’accordo con lui), uccide della gente in un supermercato. Tra le vittime c’è un macellaio.
Qualche giorno dopo, altrettanto fiera delle sue certezze, una produttrice di formaggi vegani inneggia al gesto dello squilibrato.

Siamo circondati.

samedi 10 février 2018

Surveillé spécial






Je ne saurais pas dire pourquoi, mais parfois j’ai le sentiment d'être surveillé.


Non saprei dire perché, ma a volte ho l’impressione di essere sorvegliato

dimanche 24 décembre 2017

Cannibalismes métaphysiques (l'irresistible ascension du Père Noël)

Résultat de recherche d'images pour "PèreNoël 1950"

 
On rigole, mais  le Père Noël est en train de dévorer l’espace médiatique de l’Enfant Jésus.  Aujourd’hui,  tous les enfants connaissent le premier,  pas forcément le second.

Noi ridiamo,  ma Babbo Natale si sta divorando lo spazio mediatico di Gesù Bambino. Oggi tutti i bambini conoscono il primo, non necessariamente il secondo.

lundi 28 août 2017

Brest, Indiana Jones dans la place Saint Louis



Dimanche 27 août, jour de marché place Saint Louis. J'ai pour mission d'acheter un poulet rôti. Il est déjà 11h et je dois me dépêcher.  Il faut que j'arrive avant la sortie de la messe.


Domenica 27 agosto, giorno di mercato nella piazza Saint Louis. Mi hanno affidato la missione di comperare un pollo arrosto. Sono già le 11 e devo sbrigarmi. Bisogna che arrivi prima dell'uscita dalla messa.

dimanche 20 août 2017

Les animaux et le Bon Dieu



Est-ce que les animaux croient en Dieu?  Va savoir. 
En tout cas, davantage les chiens que les chats.

Gli animali credono in Dio? Chi lo sa.
In ogni caso,  più i cani che i gatti.

mercredi 24 mai 2017

Énergies hybrides


La cour Carrée du Louvre

Pour dire renard, en italien,  on dit volpe. Autrefois on disait golpe (comme goupil). Le bon prince, selon Niccolò Machiavel, doit être golpe et lione à la fois : "Puis donc qu'un Prince doit savoir bien user de la bête il en doit choisir le renard et le lion".

Drôle d'espèce, cet hybride  renard/lion. Il doit en rester quelques exemplaires dans la cour du Louvre.  Je crois en avoir aperçu un il y a trois ou quatre semaines. Il trottinait tout seul en direction de la pyramide.

Volpe, in passato si diceva golpe (che somiglia al  francese goupil, oggi desueto). Un buon principe, secondo Machiavelli, deve saper essere volpe e leone ("Sendo, dunque, uno principe necessitato sapere bene usare la bestia, debbe di quelle pigliare la golpe e il lione; perché il lione non si defende da’ lacci, la golpe non si defende da’ lupi. Bisogna, adunque, essere golpe a conoscere e’ lacci, e lione a sbigottire e’ lupi").

Strana specie quest'ibrido volpe/leone. Ne deve restare qualche esemplare cour Carrée. Credo di averne intravisto uno qualche settimana fa. Procedeva solitario in direzione della piramide.

dimanche 2 avril 2017

Digestion et transcendance


Paolo Uccello. Chasse nocturne. 

Selon l'anthropologue Eduardo Viveiros de Castro les Araweté pensent que les dieux dévorent les âmes des défunts, ce qui  permet à ces derniers de devenir des dieux à leur tour.

Dans la France traditionnelle on croyait qu'une bête poursuivie par les chiens juste avant son abattage était plus savoureuse et moins coriace.


L'addition de ces deux croyances donne une explication plausible à nos souffrances  dans cette "vallée de larmes" : plus on a souffert, plus on est facile à digérer.

samedi 25 mars 2017

Tués comme des thons


Mattanza


Anche la traccia della macchina usata per la mattanza, la Hyundai Tucson, pare portare a Birminghham (Même le pistage de la voiture utilisée pour la mattanza, une Hyundai Tucson, semble amener à Birmingham) (La Repubblica, 23 Mars)

Mattanza : Ultimo momento della pesca ai tonni, durante il quale questi vengono arpionati (dernier moment de la pèche aux thons, pendant lequel ils sont harponnés).


Pendant la mattanza on reproche aux pêcheurs d'être  habités par une sorte de fureur.  D'autres parlent d'inspiration.


mercredi 11 janvier 2017

Bêtes exemplaires : la leçon du roitelet


Roitelet huppé

Je m'émeus toujours en lisant l'histoire du roitelet qui monte jusqu'au au ciel, avec  tous les risques que cela comporte, pour obtenir du Bon Dieu le secret du feu. Cet oiseau minuscule remplit son rôle prométhéen aussi bien dans les mythes australiens que dans le folklore breton et normand (je tiens cette information  de Sir James George Frazer).

Pourquoi c'est le roitelet qui apprend aux humains, dans deux cultures tellement différentes,  comment fabriquer le feu?

1) Parce que l'histoire  est vraie.

2) Parce que James Frazer  a retouché les récits pour "faire beau".

3) Parce que des missionnaires étaient passés par là.

4) Pour des raisons liées au plumage ou à l'éthologie du roitelet.*



*C'est peut-être la bonne explication mais elle n'est est pas très amusante, donc je privilégie les  hypothèses précédentes.

dimanche 25 décembre 2016

Dieu était strictement monothéiste



Poussin : l'adoration du veau d'or (1633-1634, détail)

Il faut dire que le Dieu du Vieux Testament était vraiment intransigeant. En ayant appris  que le peuple élu  s'était mis à vénérer le veau d'or il décida d'exterminer tout le monde*.  Ce n'est que  grâce aux supplications de  Moïse qu'il changea d'avis. 

Mais Moïse aussi, je viens de le découvrir,  était intransigeant. C'était dans le style de l'époque, manifestement.

Aujourd'hui, heureusement, nous pouvons vénérer n'importe quoi. 


*Cf., par exemple, https://mythologica.fr/biblique/veau.htm