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vendredi 6 mars 2026

N’est pas Dreyfus qui veut

     


 Émile Zola, devant la Court d'Assise, proclamant l'innocence de Curtis

« Curtis serait-il le Dreyfus des chiens ? », suggérait Brigitte Bardot dans un tweet du 2 novembre 2020. Et, dans son appel au Président de la République, elle demandait : « Emmanuel Macron, allez-vous longtemps encore couvrir vos amis chasseurs/tueurs ? » Dans Le Monde du 5 mars, je lis : « Au deuxième jour de son procès, Christophe Ellul reconnaît la responsabilité de son chien Curtis dans la mort de sa compagne, Elisa Pilarski. » Mais pourquoi Curtis aurait-il massacré sa maîtresse ? C’était de la légitime défense, peut-être.

En tout cas, si j’étais membre de la Fondation Brigitte Bardot, je me sentirais obligé de demander humblement pardon à la communauté des chasseurs — et notamment à leurs chiens — victimes d’une campagne calomnieuse.

Trouvant ce cas emblématique, j’en ai parlé à plusieurs reprises dans ce blog (16 nov. 2019, 25 janvier 2020, 10 mars 2020, 14 mars 2020, 11 nov. 2020, 15 nov. 2020, 17 nov. 2020, 25 nov. 2020, 17 février 2025). 

dimanche 28 décembre 2025

Brigitte Bardot

 

Je viens d’apprendre la disparition de Brigitte Bardot dont on appréciait, entre autres,  le franc parler. Sur ce blog, j’ai dit à son égard des choses particulièrement antipathiques (moi aussi, dans une certaine mesure, j’aime le franc parler).  Corriger le tir aujourd’hui serait très hypocrite.

mercredi 27 novembre 2024

Le talent de Brigitte Bardot

 

Anacapri : la villa de Curzio Malaparte

Avec du retard par rapport à sa date de parution (1963) je viens de visionner « Le mépris », de Jean-Luc Godard. Je suis ébloui par le professionnalisme de Brigitte Bardot et je me surprends à murmurer : « C’est quand même une grande. Son talent est incontestable »*. Du coup, je m’en veux de l’avoir si   lourdement canardée dans mes écrits et sur ce blog. De sa personne émane une authenticité  qui, vraisemblablement, reste la  même lorsqu’elle parle de son amour pour les animaux. Je me sens mesquin.

En rangeant le DVD dans le boîtier, cependant,  la violence des propos qu'elle tient depuis un long moment à l'égard de l'espèce humaine** me revient à l'esprit. Je pense à mes sentiments vis-à-vis de Louis-Ferdinand  Céline et je me dis : « Toute proportion gardée, c’est un peu pareil : comme écrivain, je l’apprécie beaucoup ...  ».

 

* Alors que lorsque j'étais jeune je ne le voyais pas.  C'est superficiel, je sais, et très lié à des questions d'amour-propre, mais on a du mal à admettre que les gens puissent être très beaux et talentueux à la fois.

** D'une partie non négligeable de l'espèce humaine.

lundi 15 juillet 2024

Le devenir de l’antispécisme


Manifestation à Trente après la suppression d'un ours "à problèmes"

 

 Tiens, me suis-je dit, j’ai passé des années à signaler les excès de l’antispécisme, les ambiguïtés de certaines fondations pour la défense des animaux, l’attitude presque religieuse des végétariens les plus intransigeants, et après, tout à coup, ma ferveur « savonarolienne  » s’est atténuée. À l’époque, je travaillais encore sur les espèces invasives et l’expansion de ces idéologies émergentes, de ces lectures alternatives de notre rapport à la réalité me paraissait irréversible - opportune dans une certaine mesure, mais inquiétante. Je crois avoir trouvé la raison de mon changement d’attitude. Ma perception de l’actualité a changé depuis que j’ai arrêté de consulter Twitter (ça s’appelait encore comme ça).  Sur Twitter je m’étais abonné à une brochette de sites dédiés à la nature et à la question animale. J’ai ainsi fini par faire coïncider le réel des relations que nous entretenons avec le « vivant » avec la réalité toute particulière des militants les plus engagés.   Depuis que j’ai arrêté avec Twitter le monde a pris une forme plus courante, avec ses carnivores décomplexés, des propagateurs de blagues salaces et/mais marrantes sorties des tréfonds de l’imaginaire collectif, des gens tout à fait normaux indifferents aux animaux et qui n’ont pas honte de le reconnaitre. Vue dans cette optique, la trajectoire de ces mouvements « fondamentalistes » qui me donnait le sentiment d’une dynamique colonisatrice portant atteinte à la biodiversité culturelle, me fait penser à l’évolution de certaines espèces invasives. On croyait qu’elles auraient saturé l’écosystème, elles finissent souvent  par se contenter d’une niche où elles prospèrent à côté des autres espèces, contribuant à l’harmonie collective (et à ses quelques dissonances).

vendredi 2 juin 2023

Il n’y a pas que la cause animale

 

 Marcantonio Franceschini  1648-1729. La naissance d'Adonis (détail)

Marcantonio Franceschini, La naissance d'Adonis, vers 1700, 90 x 170 cm, Liechtenstein museum, Vienne

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Il y a des défenseurs de la cause animale comme Brigitte Bardot dont le rôle est incontestable. Sans leurs appels incessants, nous aurions tendance à oublier ce qu’il y a de cynique et d'opportuniste dans nos relations  avec les autres espèces. Ces lanceurs d'alerte sont  précieux, même si parfois  on peut les soupçonner d'instrumentaliser  leurs protégés  pour se mettre en scène : « Regardez-moi, ne suis-je pas remarquable dans mon dévouement  inconditionnel pour les non-humains? ».

Au fil du temps notre communauté se spécialise. Dans les réseaux sociaux, à côté des amis des animaux* ont voit circuler des « Brigittes Bardot » des arbres :  « Regardez-moi, ne suis-je pas remarquable  etc ... ». Je les trouve tout aussi admirables**.

 

* Dont, à ma manière, je prétends faire partie.

**Je tiens à rappeler mon respect sincère pour les militants de la cause animale. C'est la réalité du monde qui est complexe, ainsi que  notre univers motivationnel. 

 

samedi 29 avril 2023

Anachronismes

Scientifiques romains dans le cadre d'un colloque sur le réchauffement climatique

Voici quelques perles sorties d’un cours  consacré à la question environnementale :

« Au cours des siècles passés, les questions autour de la place de la biodiversité se sont multipliées ».

« Le rapport de l’homme avec la nature et  les animaux a eu et a toujours un impact sur le développement durable ».

« Depuis la montée des courants écologistes, la sensibilité contre la souffrance animale est de plus en plus importante et est avancée par des personnes influentes comme Brigitte Bardot plus récemment, ou encore  Freud et Thoreau ».

« Les premiers enseignements d’anthropologie datent de 1990 grâce à un certain Philippe Descola, ce célèbre anthropologue pensait que les plantes étaient des interlocuteurs, qu’elles n’étaient pas des objets inanimés. Peu à peu les discours changent, les perspectives également » (À suivre).


mercredi 13 avril 2022

L’agneau pascal ? C’est bon pour les loups

 

« Le plus grand prédateur de l'agneau n'est pas le loup... mais Pâques ! » déclare Brigitte Bardot sur Twitter, en nous montrant ainsi qu’il n’y a rien d’islamophobe  dans sa détestation de l'Aïd-el-Kébir. En fait, y a-t-il des résidus sacrificiels dans la consommation pascale des agneaux ? C’est plus que vraisemblable. La mort d’une victime innocente, comme nous le rappelle René Girard, nous apaise et nous purifie. Mais comment profiter du pouvoir cathartique de la mort d’un herbivore innocent lorsqu’on est contre la chasse, la corrida, l’alimentation carnée etc. ? La réponse est simple : en déléguant l’acte sacrificiel aux grands prédateurs. C’est l’idée centrale de Faut que ça saigne, ouvrage éminemment pascal, dont je cite un passage  : 

" Le Sang et le sacré. On dit  que les arcades des églises gothiques s’inspiraient de l’architecture des forêts où se déroulaient les anciens rituels. Quittant le renfermé des basiliques,  devenu « environnementaliste » et se réfugiant dans les bois, le sacré postmoderne retrouverait le décor chlorophyllien des  religions archaïques. Il reviendrait au vert des origines, pour ainsi dire. Mais la couleur de base du sacré, en réalité, est moins le vert que le rouge. C’est le rouge du sang sacrificiel. Le rouge du sang métaphorisé par le vin et conservé dans le tabernacle. Le rouge du sang des martyrs. Le rouge du sang de San Gennaro qui tous les ans ou presque se remet à gargouiller pour la plus grande joie des Napolitains. Le rouge des tableaux des peintres animaliers  qui évoque le moment « sublime » et « solennel » de la mort de la proie. Le rouge des œuvres qui dénoncent aujourd’hui le caractère sacrilège de cette mort gratuite.  C’est aussi, en creux, le rouge des blessures du gibier exorcisées par le taxidermiste qui veille scrupuleusement à leur effacement (on ne les voit plus mais on y pense forcément). Et dans ces autels à ciel ouvert  que sont devenus les alpages, c’est le rouge brunissant des carcasses des agneaux, des ânes, des vaches offertes sur place, sur  internet ou sur les pages des journaux,  au regard des fidèles. Des fidèles émus, mais fatalistes : qui à tué la victime ? Ce n’est plus l’homme. Ce n’est même plus son chien, ni son fusil, ni son couteau. C’est le fatum. C’est  « la Sélection naturelle ». Ce sont « les Lois de la nature »" *.

*Faut qu’ça saigne. Écologie, religion, sacrifice, Éd. Dépaysage, 2020, p. 85

 

vendredi 4 mars 2022

Affinités électives. Pour qui voter aux prochaines élections ?


 

 

C’est comme dans certains films d'amour. Les protagonistes, au départ, se détestent, mais commencent à s’apprécier et finissent par se marier. J’y pense à propos de Brigitte Bardot  qui a annoncé voter pour Marine Le Pen. Les chasseurs aussi, aux dernières élections, ont voté nombreux pour Marine Le Pen*. Ces affinités électorales ont sûrement un sens, mais je me demande lequel. 

* Pas tous, j’y reviendrai prochainement avec la question apparemment frivole : « Peut-on être à la fois chasseur et de gauche ? ».

lundi 31 janvier 2022

Les chiens de chasse et le Bon Dieu


Passage de Brillat Savarin naïvement persuadé d’avoir un point de vue légitime sur ses rapports avec son chien (Physiologie du goût, ou méditation de gastronomie transcendante, Paris, 1846).

Certains  défenseurs de la cause animale  ont pris l’habitude de diffuser  des images de chiens de chasse torturés par leurs maîtres (ce qui peut arriver, malheureusement, et c’est consternant). Ils partent  du syllogisme suivant : puisque le chasseur est un sadique il traite ses chiens sadiquement. Parfois je me demande d’où leur vient  le sentiment qu'il y a des sadiques partout.

mercredi 5 janvier 2022

On est ce qu’on mange (pourquoi pas des sapins de Noël?)

 

Non seulement on abrège la vie des sapins de Noël qui, comme l’ont montré les botanistes, sont à leur manière intelligents, mais on les donne à manger aux chèvres. Je trouve cette pratique parfaitement immorale*.

* Dans le folklore chrétien la chèvre est une créature démoniaque. La nourrir avec des sapins de Noël est donc un acte diabolique.

mercredi 16 juin 2021

Le dilemme de Panoramix

 


Brest. Je traverse le cours Dajot. Les arbres vénérables qui faisaient face, gaillards, aux brumes de l'Océan (ce matin j’ai la veine poétique …) étaient malades et viennent d’être mutilés. Je songe à cet hiver et à la myriade d’étourneaux qui y séjournaient sereins après nous avoir émerveillés par leurs vols fantasmagoriques dans le soleil couchant (encore plus poétique, je trouve).  Du coup je comprends : entre les mœurs de ces volatiles collectivistes et le dessèchement de leurs insignes perchoirs* il y a une connexion. Que faut-il privilégier ? Le bien-être des arbres ou celui des étourneaux ? Il faudrait poser la question aux néo-druides, qui dans cette région ne manquent pas**.

* Le cyprès de Lambert ou Cupressus macrocarpa entre autres.

** Je n’adresse pas la question à la fondation Brigitte Bardot qui proposerait sans doute d’héberger les  étourneaux et de les stériliser.

jeudi 6 mai 2021

Avez-vous dit initiatique ? Le massacre des dauphins aux îles Féroé

 

Tous les ans, en époque estivale, les îles Féroé  sont le théâtre du Grindadráp, un événement spectaculaire qui commémore  la première rencontre des représentants de l’Occident éclairé avec la population indigène. Lorsque tout est prêt, les jeunes autochtones rabattent vers la plage des globicéphales et les tuent à l’arme blanche sous les yeux du public. Une des particularités de ces mammifères aquatiques est d’être pleins de sang, qui au cours du rituel se répand partout. C’est affreux mais très cinématographique. Les journalistes filment et, dans leurs commentaires outrés, on saisit toute leur indignation. Les locaux se laissent docilement filmer, jouent leur rôle de sauvages avec beaucoup de naturel et clament haut et fort leur droit à perpétuer leurs pratiques initiatiques*.  À la fin de la cérémonie les participants rentrent  joyeux chez eux,   les uns fiers d’avoir montré leur virilité et leur attachement aux traditions, les autres fiers d’avoir prouvé  leur bonté et l’infériorité morale de la population insulaire. Fiers aussi d’avoir effectué un scoop fantastique qui engrangera des milliers des « likes » sur les réseaux sociaux.

Cette année, je me suis souvenu de cet événement  grâce aux réactions indignées de la Fondation Brigitte Bardot (ce sont  des « aficionados » du Grindadráp, désormais) et du journaliste Hugo Clément. Mais j’ai déjà traité ce sujet dans mon article « Le show animalitaire . Mises en scène de la souffrance animale » :

https://books.openedition.org/editionsehess/21551?lang=fr

 

*« Initiatiques mon œil », chante le chœur des spectateurs.

lundi 1 février 2021

La part du diable : anthropocène et bonté

 

 

Collage extrait de mon ouvrage : Faut qu’ça saigne. Écologie, religion, sacrifice*.

Le sadisme, la nécrophilie, … nous sommes tous psychanalystes lorsqu’il s’agit de commenter les motivations profondes du vivisecteur ou du chasseur. Nous cessons de l’être, en revanche, lorsqu’il s’agit d’interpréter les mobiles des militants pour la cause animale. Je développerai ce raisonnement mercredi prochain, 3 février, à partir de 15h55 (en principe), dans le cadre du Colloque du IIAC Mondes en rupture, monde inventifs. Voici le lien pour ceux qui voudraient jeter un coup d’œil : 

 

https://zoom.us/j/98608675072?pwd=L2wwS21KVnhnS1ZkNVBmbjZBWE0wQT09


* Éditions Dépaysage, 2020

vendredi 8 janvier 2021

Les bienfaits de la Covid (est-ce que Brigitte Bardot vient de souhaiter la mort à quelques milliers de personnes ?)

 


Je me trompe, probablement, je dois avoir mal compris. Et en tout cas  bien sûr, c’est métaphorique, il ne manquerait que ça … Il n’empêche que ce tweet de la fondation Brigitte Bardot a le pouvoir de semer le doute. Est-on vraiment en train de souhaiter la mort de ceux qui pratiquent la chasse à courre ? Je consulte les statistiques. Selon la Société de Vènerie les pratiquants  sont 10.000. On triche un peu, peut-être. Imaginons qu’ils ne soient que 7.000, voire 5.000*. Faut-il vraiment espérer qu’ils soient emportés par le virus ?

* Je n’en sais strictement rien, mais peu comptent les chiffres.

vendredi 18 décembre 2020

Idée cadeau pour Noël : un diable de Tasmanie

 


 

On n’a pas le droit je sais, mais adopter un représentant de cette espèce sarcophile* peu appréciée par les éleveurs serait une bonne action**. 

Dans National Geographic  je lis : « Charognards, ces marsupiaux jouent un rôle important dans le maintien d’un écosystème sain. Les scientifiques espèrent qu’ils permettront de rétablir l’équilibre des zones où les espèces invasives comme les chats ensauvagés et les renards roux font rage ».

L'adoption d'un diable de Tasmanie m'offrirait un triple avantage:

1) Bien utilisé, ce fougueux diablotin  me permettrait de recycler intelligemment les restes liés à ma consommation de poulets bio, cochons qui ont vécu dans la béatitude, gigots dont la mort indolore a été certifiée par le mouvement L214 et contresignée par la fondation de Brigitte Bardot.

2) Ça me permettrait en outre de contribuer  à la préservation des écosystèmes en ôtant aux chasseurs tout prétexte pour semer la terreur dans les bois***. Y a-t-il trop de renards ? Pas besoin d’incommoder les  chasseurs.  Je sors avec mon diable de Tasmanie, j’approche du fourré, je lui retire la muselière …

3) Héberger chez moi un diable de Tasmanie pourrait me rendre plus intéressant : « Un diable de Tasmanie dans ton appartement ? C’est vrai ? T'es vraiment un type original, tu sais ? Je t’aime !».

Petite parenthèse : que les renards « fassent rage », comme l’écrit National Geographic, est un fait  notoire.

* Je n'ai pas inventé cette définition qui se prête en France (en Italie aussi, d'ailleurs), à des plaisanteries bas de gamme.

** Les éleveurs, toujours eux, ça commence à bien faire ...

*** Ces brutes armées, on le sait, s’amusent à massacrer les  renards au nom de la défense de l’environnement.

samedi 21 novembre 2020

Pulsion de vie, pulsion de mort (psychanalyse bon marché)

 


Image joyeuse

J’insiste avec mes soupçons concernant les mobiles latents des montreurs de souffrance. Je sais que c’est pour la bonne cause. Je pense, cependant, que la noblesse de cette cause peut cacher d’autres motivations, plus triviales.  En montrant l’animal souffrant, je déclenche une réaction empathique. Par ce biais j’attire l’attention sur la victime, c'est vrai. Mais je l'attire aussi, par ricochet, sur le dénonciateur de l'acte de cruauté, à savoir sur moi-même. Puisque ce que je dénonce  est gravissime (le massacre quotidien d'une myriade d'innocents), tout autre argument passe au second plan. Résultat : je suis le maître du discours sur les animaux.

Voici une autre motivation inavouable : ai-je un penchant pour les fantasmes sadiques ou nécrophiles ? La dénonciation des violences infligées aux animaux, images à l’appui,  me permet de les partager et  savourer avec d’autres "indignés".

Or, dans le cadre d'une performance "animalitaire", comment dissiper ces soupçons d’opportunisme et de nécrophilie? C’est facile. Il suffit d'alterner les images insoutenables et les images paradisiaques : le vison écorché vif c'est bien, le cheval squelettique c'est pas mal non plus ...  mais il faut les assortir au porcelet joyeux, au veau qui sautille et au chat qui fait le pitre  : « Vous voyez ? Nous ne sommes pas là que pour vous montrer la mort ! ». Je salue tout particulièrement, dans ce domaine, les progrès accomplis par le mouvement L214*.

* Je fais pareil, je le sais. La seule différence, peut-être, c’est que je le reconnais. 

mardi 17 novembre 2020

J'accuse (pour en finir, ou presque, avec l'affaire Pilarski)



« Curtis serait-il le Dreyfus des chiens? » , suggérait Brigitte Bardot dans un tweet du 2 novembre*.

Eh bien non. Dans l’affaire Pilarski il n’y a pas qu’un Dreyfus, il y en a 33.

J’accuse  plusieurs associations et organismes d’information d’avoir attribué aux chiens courants qui le 16 novembre 2019 exerçaient leur métier  dans la forêt de Retz, dans l’Aisne,  un crime dont ils n’étaient pas responsables. 

Pour ceux qui voudraient suivre cette histoire telle que je l’ai commentée dans ce blog depuis son départ,  je renvoie aux billets du 20 novembre 2019, 26 novembre 2019, 25 janvier 2020, 10 mars 2020, 14 mars 2020, 14 mai 2020, 3 octobre 2020, 11 novembre 2020, 15 novembre 2020.

Voici le communiqué  de Franceinfo du 03/11/2020 reportant, les résultats des tests ADN très attendus :

 « Affaire Elisa Pilarski : les tests ADN confirment que la jeune femme a été tuée par le chien Curtis, qu'elle promenait. Ces analyses écartent tout lien avec la meute de chiens de chasse qui se trouvait à proximité du lieu où Elisa Pilarski est morte, en novembre 2019. (…) "Aucune trace d'ADN provenant des 33 chiens de meute prélevés n'a été retrouvée" au terme des "opérations de recherche d'ADN et de comparaisons avec les traces retrouvées sur les prélèvements effectués sur les différents chiens", a confirmé le parquet de Soissons, mardi après-midi, ajoutant que "les expertises tendent à démontrer l'implication exclusive du chien Curtis" » . 

*Nous avions déjà posé cette question, ici, mais sur un ton ironique.



 


dimanche 15 novembre 2020

N'abandonnez pas votre chien (confiez-le plutôt à une fondation)

 

 


"Curtis, 3 ans ou presque. Malgré ce qu'on dit, je ne mords pas! Exubérant, j’adore les câlins une fois en confiance. J’aimerais trouver une famille qui saura m'aimer comme je suis !"

mercredi 11 novembre 2020

Les traumatismes chez les chiens et comment les soigner. (Encore autour des frontières ontologiques)

Aujourd’hui je devrais parler de Curtis et des positions de plus en plus acrobatiques  prises  par ses défenseurs (comme la fondation Brigitte Bardot, par exemple). Pour l’instant je n’en ai pas trop l’envie,  ça viendra bientôt. Pour rester dans le thème, je me limite à rapporter cette nouvelle parue dans le  Corriere della sera du 10 novembre.

“Un pitbull mord une jeune fille : « Il est dangereux, il doit aller chez un psychologue pour chiens ». L’animal s’est échappé du jardin. La Ats Brianza*  a émis une ordonnance qui impose aux propriétaires de soumettre [le chien qui a mordu] à une thérapie comportementale pratiquée par un vétérinaire expérimenté.

Morale : ce n’est pas la jeune fille qui, après avoir subi les morsures du quadrupède,  a besoin d’un psychologue, c’est le chien**.”

On pourrait imaginer  d’autres solutions pédagogiques (pas de dessert pendant deux semaines, par exemple ...   inéligibilité et, en cas de récidive, excommunication). J’accepte d’autres propositions. 

* Agenzia di Tutela della Salute – Agence de Tutelle de la Santé.

** C’est cruel, je sais, et j’ai honte de moi, mais dans un premier temps, pris par l’émotion, je me suis dit : « Ce n’est pas chez le psychologue, qu’il faudrait amener ce chien,  mais chez le taxidermiste ».

samedi 3 octobre 2020

Pourquoi ça traine? En attendant les suites de l’affaire Pilarski

 

 

 Pitbull se demandant : "Pourquoi tant de violence dans le monde"?

J’ai rêvé que la chasse à courre avait été abolie*. Plus de chiens courants dans les bois. À leur place, des meutes de pitbulls, dobermans, et rottweilers parfaitement inoffensifs (il suffisait de bien les dresser), tenus en laisse par leurs maîtres et maîtresses comme prévu par le règlement.

* Ce qui, dans le rêve, me paraissait une bonne chose :  je déteste le bruit et je n'aime pas, dans la chasse à courre, son élitisme dissimulé, sa déconnexion des finalités alimentaires et ses réverbérations néo-folkloriques.