Ṛṣabhanātha or Lord Ṛṣabha, the first Jina (17th-century). Image
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"Il ne ferait pas de mal à une mouche",
dit-on en français (en italien
aussi). C'est le cas des adeptes du Jainisme, religion d'origine indienne datant
du VIe siècle, au moins, avant notre ère. On les voit circuler avec une bande de tissu devant la
bouche pour ne pas avaler des insectes, leur programme existentiel prévoyant de ne pas nuire aux différentes formes de vie qui peuplent notre planète.
Personnellement j'ai une attitude ambivalente vis-à-vis
des mouches. Lorsque j'en repère une grosse, en raison peut-être de son bruit,
qui fait penser à une sorte de bavardage,
j'ai tendance à ouvrir la fenêtre pour qu'elle parte discuter ailleurs. C'est à
cause du principe de précaution : dans le folklore alpin les grosses mouches
hébergent parfois l'âme d'une sorcière sortie de son corps pendant le sommeil pour
aller faire un tour. Avec les plus petites c'est différent. Tout en sachant que ce n'est pas vrai, je
suis persuadé qu'elles ont un point de vue, qu'elles
ont des préférences, qu'elles ne
m'aiment pas et qu'elle font du bruit exprès pour me déranger*. Lorsque j'en
attrape une, après l'avoir jetée dans la poubelle, je me remets au travail fier de moi comme si j'avais accompli
une bonne action.
C'est immoral, je le sais : les mouches, comme les
loups, se limitent à faire leur métier et il faudrait les laisser
tranquilles.
* En italien pour dire, "il lui a fait perdre patience",
on dit "il lui a fait sauter la mouche au nez".