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mardi 25 août 2026

Pour ne pas en finir avec les loups de proximité (4). Humour noir

Der  Naturen Bloeme (ca. 1350)

Un court poème de Toti Scialoja, résume parfaitement le point de vue du loup qui (à la différence de Jacques Chirac, consommateur notoire de têtes de veaux*), a laissé sur place la tête de Yoghy.

Yoghy est le petit chien  baladeur dévoré tout près de sa maison, contre son gré,  sous prétexte de contribuer à la biodiversité :

« Mangio di gusto il cane arrosto

Ma almeno il muso andrebbe escluso »

« Je mange avec plaisir le chien rôti.
Mais au moins le museau devrait être exclu ».

Je découvre que Toti Scialoja, peintre, poète et scénographe italien, a pas mal réfléchi autour de la condition canine.  Cf. par exemple : 

“Piscia un cane sulle spine”, “Magri cani fuori Locri”, “Ieri vidi tre levrieri”, “Chien méchant, cane di Francia”, “Tra i cani del Kenia” e “I bassotti di Pisticci” (« Un chien pisse sur les épines », « Des chiens maigres hors de Locres », « Hier, je vis trois lévriers » « Chien méchant, chien de France »,  « Parmi les chiens du Kenya », « Les teckels de Pisticc »;

* Avec une sauce gribiche  


jeudi 7 mai 2026

Plus vrai que nature

 

Chien pas très futé, n'ayant pas compris que le sanglier est naturalisé. (Cliché SDB)


jeudi 23 avril 2026

Les loups sont revenus (7 - Suite et fin). Le devenir du loup

 

Longarone, Foire de la chasse, de la pêche et de la nature, avril 2026. Descendant du loup traversé par des  réminiscences préhistoriques. Cliché : SDB

Nous voilà à la fin de ce long compte-rendu. Quelles conclusions tirer de l’ensemble ? Eh bien, que le loup conserve, pour ainsi dire, un haut niveau « sémaphorique », mais que les messages que nous lui faisons porter ne sont plus les mêmes.

On cherche à le nier, mais le loup, même s’il est bénéfique pour l’environnement, et même si on n’est pas prêt à l’avouer, continue de nous faire peur. Enfin, pas à tout le monde : les sentiments sont très contrastés. Certains aimeraient qu’il se répande librement sur le territoire, d’autres voudraient le réguler, comme on régule la température ou le trafic, d’autres encore se réjouiraient de sa disparition. Comment concilier ces avis divergents ? Pour contenter tout le monde, il faudrait trouver le moyen de garder le loup tout en l’éliminant. Bref, la quadrature du cercle.

L’autre matin, en me réveillant, j’ai eu une idée géniale : pour ménager la chèvre et le chou nous n’avons qu’à imiter nos ancêtres cavernicoles. Adoptons le loup, installons-le à la maison et, en quelques générations, il sera devenu un chien.

mardi 9 septembre 2025

La canitude n’est plus ce qu’elle était

 


Chien d'antan

Cette année, dans les Alpes italiennes, il y a plus  d’animation que d'habitude. Aller à la mer désormais coûte trop cher. Je croise deux touristes. Le monsieur dit à la dame : « Un chien, autrefois … c’était un chien ». Elle ne répond pas, mais on voit qu’elle est d’accord. Qu'est-ce qu'il entendent par là ? Ça m'intrigue. Je suis tenté de  rebrousser chemin pour suivre leur conversation mais ils me découvriraient tout de suite.

mercredi 6 août 2025

Racisme animalier

 


 

J’apprends qu’un zoo danois, pour nourrir convenablement ses prédateurs, sollicite l’apport des particuliers voulant se débarrasser de leurs chevaux, lapins et cochons d’Inde. « Nous avons la responsabilité d’imiter la chaine alimentaire naturelle des animaux », expliquent les porte-parole du zoo d'Aalborg, tout en précisant que pour bénéficier d’une diète équilibrée, tigres et lions ont besoin de leur dose quotidienne de viande, d’os et de fourrure. Je comprends cette proposition, mais je me demande pourquoi la liste des animaux domestiques mis à contribution ne prévoit pas les chiens et les chats.

mercredi 29 janvier 2025

La boîte magique et les pantegane (1 sur 3)

 


Si le chien avait été végétarien les choses se seraient passées autrement. Sa gamelle était en bas de la fenêtre, à l’arrivée d’une petite allée. On y déposait toutes sortes de restes carnés à l’état de conservation très variable.

Lorsque, après une absence prolongée, le maître du chien s’en aperçut, c’était trop tard : les pantegane s’étaient installées.

En Vénétie, on appelle par ce nom le surmulot (rattus norvegicus ou, si on préfère, rat d'égout, rat de Norvège ou encore rat gris). L’étymologie vénitienne situe les origines de ce rongeur bien connu dans la Mer noire (du latin Ponticus). C’est un animal « indispensable pour la biodiversité », précisent les sources, et particulièrement intelligent, mais qui ne jouit pas d’une réputation excellente (je constate, au passage, l’assonance de « pantegana » avec le lombard « spantegàr » (disséminer avec perfidie) et avec « pandémie »). Les complotistes lui attribuent un rôle central dans la propagation de la peste (À suivre).

dimanche 26 janvier 2025

Pas sur mon parking. Short Story

 


 

Val di Zoldo (Dolomites) hier matin. Un jeune homme s’apprête à sortir avec son chien pour une promenade. En regardant par la fenêtre, il aperçoit sur le parking un loup qui est en train de dévorer un cerf. Il décide de rester à la maison.

lundi 16 septembre 2024

À table avec le chien

 

Chien

Ce n’est pas pour défendre Donald Trump, qui a déjà assez d’admirateurs, mais le fait que certains immigrés de Springfield mangent des chats n’est pas forcément une rumeur. Nous avons tous des prédilections et des tabous. En ce qui me concerne, si j’avais vraiment faim, je crois que je mangerais le premier chat qui me tombe sous la main (sauf le mien et celui de mes proches). Pour manger un chien, je devrais avoir vraiment très très faim.

Manger le meilleur ami de l’homme me paraît à la fois plus sale et plus cannibale.

mardi 19 septembre 2023

Proposition au gouvernement pour la canification du territoire national

 


Luttons contre les préjugés : loin d’être agressifs, comme on peut le constater, les chiens de protection sont heureux de nous rencontrer (cliché Sergio Dalla Bernardina)

Je ne comprends pas. Les experts nous avaient assuré que la cohabitation était possible, qu’il fallait arrêter avec ces vieilles lubies de paysan. Lorsqu’on avançait des doutes on passait même pour des demeurés. Je découvre que le gouvernement, avec son nouveau « Plan loup »,  est en train de changer son fusil d’épaule (mais pas trop, finalement). Et s’il se trompait pour la deuxième fois? Pourquoi entraver l’expansion naturelle de ce noble carnassier,  cheville ouvrière de la biodiversité? On nous montre avec enthousiasme  l’efficacité des chiens de protection dans la lutte contre les grands prédateurs. Il n’y a qu’à planifier leur distribution au niveau national. Chaque éleveur devrait  être muni d'un voire de plusieurs chiens de protection (financés par l’Etat comme on le fait pour les tracteurs, les silos etc.). Ce sera beau, en se promenant dans les prés, d’être accueillis par des myriades d’amis de l’homme (les meilleurs, par surcroît), prêts à nous faire la fête.

dimanche 6 février 2022

Le chasseur : un oxymore vivant?

 

 

Giacomo Balla,  Dynamisme d'un chien en laisse, 1912


Les prochains billets seront consacrés à mon ouvrage : La langue des bois, l’appropriation de la nature entre remords et mauvaise foi (éditions du Muséum d’Histoire naturelle, 2020). Dans le chapitre « Pour qui est le don? », qui reprend un  article de 1996,  après avoir évoqué la cohabitation conflictuelle du modèle « romantique » (le chasseur passionné) et du modèle « marchand » (le chasseur gestionnaire), j'écrivais :

« D’où le caractère quelque peu contradictoire, pour ne pas dire schizoïde du chasseur contemporain*. D’un côté, il ne renonce pas à parler de passion, de plaisir et même de manie. De l’autre, il prétend placer son action sous le signe de l’utilité et de la rationalité scientifique. Sorte d’oxymore vivant, comme ces chiots qui aboient d’un air menaçant tout en remuant joyeusement la queue, il emploie simultanément deux codes opposés. Mais il va sans dire que les bêtes dont il nous parle appartiennent à deux espèces bien différentes : des partenaires presque humanisés d’un côté, de simples marchandises de l’autre » La langue des bois, op. cit. p. 88.

Le fait de revendiquer  simultanément le statut de jouisseur (« Je chasse pour le plaisir... ») et celui de gestionnaire («Je ne chasse pas, je régule ... ») n’a donc rien d'insolite, ni de récent
 
* Il n'est pas le seul, bien entendu.  Je pense que ce penchant « schizoïde » nous habite tous, d'une manière ou de l'autre.

mercredi 17 mars 2021

Faits divers périurbains

 

 

Il y a plusieurs types de loups.  Ceux qui bouffent des moutons anonymes au nom de la biodiversité, par exemple, et ceux, moins connus, qui avalent des « individus »*. Bien que nombreux, ces faits divers périurbains passent presque inaperçus.    

« On ne connaît pas l’ identité des tueurs mais on connaît les noms des victimes - j'écrivais il y a quelques temps  - : Bri, une bastardina (« petite bâtarde ») enceinte qui quitte, joyeuse, ses propriétaires, rentre dans le bois et se fait croquer par les loups. Arturo, un autre chien de petite taille, kidnappé dans la bassecour et dévoré un peu plus loin ; de lui, quelques heures plus tard, on ne retrouvera plus que la queue, un œil et une mandibule. Daù, un âne de quatre ans, prélevé à l’ intérieur de l’enceinte de protection, sorti manu militari sur la route et consommé sur place, comme dans un self-service. Puis, sans parler des innombrables vaches, chèvres et moutons, il y a toute la série des ânesses. Si elles sont gravides, c’est encore mieux. Les prédateurs se limitent à manger leurs entrailles, notamment s’ ils sont pressés, et abandonnent le reste aux photographes ».  (Extrait de Faut qu’ça saigne, Écologie, religion et sacrifice, Éd. Dépaysage, 2020, p.  61-62)

* À savoir des créatures aussi attachées à leur maître que le sont notre chien ou notre chat.

mardi 25 août 2020

Mon chien est moins beau que le tien

 

 Goéland standard

 

Fragment de conversation saisi au cours d’une promenade dans une localité touristique.

Deux chiens se rencontrent et se reniflent. Une des proprétaires   profère   :

 

-       Ah, qu’il est joli votre chien, de quelle race est-il ?

-       C’est un … (le nom de la race  m’échappe)

-       Nous aussi, nous  aurions aimé avoir un chien comme ça. Mais après (et elle indique son chien), on s'est contenté de celui-ci.