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mercredi 6 août 2025

Racisme animalier

 


 

J’apprends qu’un zoo danois, pour nourrir convenablement ses prédateurs, sollicite l’apport des particuliers voulant se débarrasser de leurs chevaux, lapins et cochons d’Inde. « Nous avons la responsabilité d’imiter la chaine alimentaire naturelle des animaux », expliquent les porte-parole du zoo d'Aalborg, tout en précisant que pour bénéficier d’une diète équilibrée, tigres et lions ont besoin de leur dose quotidienne de viande, d’os et de fourrure. Je comprends cette proposition, mais je me demande pourquoi la liste des animaux domestiques mis à contribution ne prévoit pas les chiens et les chats.

vendredi 18 avril 2025

Aimer les subalternes et vivre heureux

 


Pierre-Auguste Renoir - Femme au chat

Un chapitre de mon ouvrage  L’éloquence des bêtes, édité chez Métailié en 2006, s’appelle « Du zoophile à l'ethnophile. L'amitié homme/animal comme modèle de subordination ».  Son sujet est tellement indécent qu’il n’a jamais suscité la moindre réaction. Il parle du plaisir de notre espèce pour la domination. Cette domination, prend souvent la forme d’une protection : j’aime mon chien parce qu’il m’adore. J’aime le prolétaire tant qu’il a besoin de mon soutien. À savoir :  j’aime le prolétaire pourvu qu’il le reste.

Peut-on, décemment, participer à une manifestation en défense des libertés individuelles et des droits de l’homme lorsqu’on tient son chat enfermé à la maison 24 heures sur 24 ?*

* Cela vaut aussi pour les chiens d'appartement qui ont droit, comme les taulards, à une heure d'air par jour. On pourrait contourner ma question en avançant que les humains et les non-humains n'ont pas les mêmes droits, mais il s'agirait d'un escamotage. D'un propos spéciste.

dimanche 6 avril 2025

Respecter la nature. (Trajectoires canines)

 



C’était à Aix-en-Provence il y a vraiment  longtemps. Mes amis venaient d’acheter un jeune labrador. Il courait comme un fou, il fonçait sur le gens, il faisait ce qu’il voulait. Je me suis permis d’observer que les jeunes chiens indisciplinés, en vieillissant, deviennent incontrôlables. Ils m’ont répondu que même les chiens ont droit à la liberté et qu'il faut respecter leur nature.

À l’époque j’avais une Opel caravan blanche en fin de course que dans mon entourage on appelait l’ambulance. Un jour, en route vers la Sainte Victoire,  leur chien n’arrêtait pas de gigoter sautant allègrement du porte bagage au siège postérieur. J’ai freiné brusquement à deux reprises pour l’inviter à rester à sa place.  Ils ont qualifié mon comportement d’inhumain. On s’est perdu de vue.

Je les ai rencontrés quelque mois plus tard :

 - Et le chien ?

- Il était devenu incontrôlable. Il a fallu l’euthanasier. 

vendredi 17 janvier 2025

Raphaël Larrère

 


À l’époque, pour travailler autour de la nature, de la chasse, du sauvage  (sujets considérés comme marginaux chez les anthropologues péninsulaires),  les italiens devaient traverser les Alpes.  Lorsque, ma thèse à peine terminée, je suis entré dans le bureau de Raphaël Larrère  à qui on avait signalé mon existence (il était question d’un poste de chercheur autour de problématiques proches des miennes) j’étais assez intimidé.  J’ai remarqué son élégance à la fois sobre et vaguement excentrique (je crois me souvenir d’un gilet en velours à l’allure texane).  Son regard était  luisant et chaleureux. Pendant qu’on parlait il s’est mis à bricoler autour d’une théière et  il  a roulé une cigarette. Il l’a même allumée  (nous évoluions  encore dans ce no mans land bureaucratique qui a précédé l’interdiction  réelle de fumer dans les espaces publics).  Ses recherches sur la cueillette et la forêt en général m’avaient beaucoup passionné par leur précision ethnographique, liée à une capacité rare de mise en perspective théorique.  On a terminé la conversation en échangeant nos avis autour de nos champignons préférés. Je suis sorti du bureau avec le sentiment d’être un adulte, je veux dire un interlocuteur. Par la suite nous avons eu l’occasion de communiquer  à plusieurs reprises et parfois de collaborer. Sa disponibilité m’a toujours honoré. Ses contributions à l’anthropologie de la nature sont parmi les plus significatives et j’aurais du mal à les résumer en quelques lignes*. Juste pour l’anecdote, je me souviens d’une réunion pendant laquelle il suggérait, pour régler le problème de la prolifération excessive des grands prédateurs, de modifier leur statut en les rendant « espèce chassable ».  Devenus du gibier, les ours et les loups rentreraient dans les plans de chasse au même titre que les cerfs ou les chamois : leur démographie serait donc régulée par les chasseurs eux-mêmes.  Des raisons purement idéologiques, paraît-il (leurs défenseurs diront qu’elles ne sont pas idéologiques mais morales) coupent les ailes, en France, à ce genre  de propositions ** 

Cette suggestion  n’empêchait  pas Raphaël Larrère d’être tout à fait favorable au retour des grands prédateurs dans les régions qu’ils occupaient avant leur éradication. Dans le faire part de son  décès,  survenu le 4 janvier, on peut lire :

« Ingénieur agronome, directeur de recherche à l’INRA, il aimait la nature, cueillir la montagne, et protéger les loups ».

L’anthropologie de la nature est aujourd’hui très à la mode. Je regrette la disparition d’un pionnier.

* Si j’arrive à l’obtenir, je mettrai dans un prochain billet la bibliographie le concernant.

** Mais  pas en  Slovénie, par exemple, où cette solution marche admirablement. 

mardi 17 décembre 2024

« Un noël à leur hauteur ». Récit écrit et conçu par ChatGPT

 



 

(Suite) C'est très bien, j’ai répondu à Chat GPT (ne pouvant pas lui cacher à la fois mon admiration et ma déception) mais pourrais-tu proposer un nouveau récit sur le sujet : " Noël et les animaux" avec le style de Sergio Dalla Bernardina tel qu'on peut le déduire à partir de son blog?

 

ChatGPT :

 

« Bien sûr ! Je vais m'inspirer du style de Sergio Dalla Bernardina, en imaginant que tu fais référence à un ton poétique, empreint de réflexion, parfois mélancolique, avec une certaine gravité et un regard critique sur les réalités de notre monde. Voici un récit qui pourrait correspondre à cette sensibilité, tout en restant centré sur le thème de Noël et des animaux :


Noël et les Animaux : Un Noël à leur hauteur

Les premières neiges tombent, blanches et légères, comme un voile posé sur le monde, adoucissant les contours rugueux de l’hiver. La ville, toute illuminée de guirlandes, semble s’être emparée de la lumière des étoiles, la dispersant un peu partout, comme pour effacer le froid. Pourtant, derrière les vitrines décorées, loin des sapins étincelants et des chants qui réchauffent l’air, un autre Noël existe. Un Noël qui ne brille ni de dorures ni de feux de cheminée. Un Noël de silence, de larmes, de souffrance – celui des animaux.

Les oiseaux migrateurs, blessés par le vent glacial, cherchent un refuge. Mais, dans ce monde figé, la terreur des cages et des routes sans fin les attend. Les renards, les cerfs, les sangliers, ceux qui connaissent le froid du sol et les forêts sans lumière, ont vu leurs territoires disparaître sous les bulldozers des hommes. Et dans la nuit, les murmures des créatures oubliées semblent se perdre dans le vent, comme une prière inaudible.

Et pourtant, nous décorons, nous rions, nous échangeons des promesses d’amour et de joie. Les enfants ouvrent leurs cadeaux, leurs yeux brillent de mille feux. Mais qui entend ces créatures, que leurs poils soient doux ou durs, que leurs yeux soient pleins d’innocence ou d’un savoir ancien, enfoui dans les ombres de la forêt ? Noël, pourtant, pourrait être une fête où toutes les vies sont chéries, non pas pour leur utilité, mais simplement pour leur existence.

Nous croyons souvent que Noël n’appartient qu’aux hommes, que la paix et l’amour sont des privilèges réservés aux humains. Mais dans les sous-bois, dans les champs gelés, les animaux aussi ressentent les premières lueurs de l’hiver. Ils ont leurs souffles, leurs battements de cœur, leurs rêves d’une vie sans chaînes. Ne serait-ce pas là la véritable essence de Noël ? Offrir aux autres ce qui nous est le plus cher : la liberté, l’air pur, l’espace pour courir.

Noël n’est pas qu’un banquet pour nous. Il pourrait aussi être un moment de retour à l’humilité, de redonner à ceux qui, silencieux, partagent notre monde sans bruit, sans revendication. Peut-être alors, en offrant un peu de nous-mêmes à ceux qui n’ont rien, nous trouverions une paix plus profonde. Une paix qui n’est pas seulement humaine, mais universelle.

Car chaque créature a droit à sa place dans ce monde, et chaque souffle est une part de l’éternité. Noël est ce moment où l'on tend la main, pas seulement pour offrir un cadeau, mais pour protéger, pour comprendre que l’amour n’a pas de frontière.

Alors, à chaque Noël, repensons à ceux qui ne savent pas ce que cela signifie, "être aimé". Peut-être qu’au lieu de simplement célébrer notre bonheur, nous pourrions, tous ensemble, offrir à ces vies sans voix un peu de douceur. Parce qu’un Noël sans l’amour pour toutes les formes de vie est un Noël incomplet.


J'espère que ce texte correspond à ce que tu attendais. Il s'inspire de cette réflexion profonde et poétique, mêlant sensibilité, critique douce et appel à une prise de conscience collective. N'hésite pas à me dire si tu souhaites l’adapter davantage ou en discuter ! ».

 

Je suis jaloux. Deux ou trois formules, dans ce texte, sont excellentes,  je n’aurais pas réussi à les inventer. En même temps, j’en veux à ChatGPT parce qu'il en fait  trop autour de la souffrance animale et alimente mes sentiments de culpabilité*. Je lui en veux aussi parce que, tout en étant gentil à mon égard, il passe sous silence ce qui est dit entre les lignes, à savoir l’essentiel.

J’espère que mon enthousiasme mitigé ne le fâchera pas. D’abord, parce que j’apprécie son sens de la diplomatie. Mais aussi parce que plus tard, lorsqu’il sera grand, il pourrait avoir envie de se venger.

 

* Je trouve par ailleurs qu’il me fait écrire à la manière d’une collègue, dont je ne ferai pas le nom, grande spécialiste du bien être animal.

 

lundi 9 décembre 2024

LGBTQ+Z. L’évolution d’un acronyme?

 


Pablo Picasso, 1938 Nature morte à la bougie palette et Tête de minotaure rouge

On vient de me signaler que « le groupe Zoophilia Pride demande la décriminalisation du sexe avec les animaux, et appelle le mouvement LGBTQ+ à ajouter un Z à son nom ». La chose ne m’étonne pas. En 2014, dans un article publié dans la revue  Anthropologie et société, j’écrivais :

“ Peter Singer ne prétend pas affirmer que les rapports sexuels entre membres d’espèces différentes  sont « normaux » ou « naturels », il se limite à nous rappeler qu’une fois reconnu le caractère arbitraire, purement idéologique, de la hiérarchisation des espèces, « de tels rapports cessent de constituer une offense envers notre statut et notre dignité d’êtres humains » (ibid). S’il ne défend donc pas la zoophilie, il fournit néanmoins un support philosophique à ceux qui aujourd’hui, à l’instar des zoophiles accusés de « sodomie » et brûlés sur la place publique à l’époque de la Renaissance, pensent que faire l’amour avec un animal est non seulement « normal » et « naturel », mais, au bout du compte, que c’est même mieux. Et ces humains attirés par les non-humains sont, paraît-il, nombreux. Il y en a même qui ont créé un mouvement (dont l’analyse mériterait un traitement à part entière) qui s’appelle ZETA,  « l’unique fédération officielle de zoophiles du monde », qui prétend représenter l’orientation de 100.000 citoyens et s’oppose  publiquement à la nouvelle loi qui interdit la zoophilie en Allemagne. Son  leader, Michael Kiok, est un bibliothécaire qui cohabite paisiblement, depuis un moment, avec une bergère allemande de 8 ans. Il a déclaré à la presse qu’ « un Animal sait très bien montrer ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas », que  « Les Animaux sont parfois plus faciles à comprendre que les femmes » et que «derrière la défense des animaux, se cache en fait un retour à la morale et à l’intolérance». Kiok, finalement, n’aurait trouvé rien de déplacé dans les propositions coquines de Koko, la gorille anthropophile ”.

Cet article, qui s’appelle « Amours sans frontières. Nouveaux horizons de la zoophilie à l’époque de la libération animale » est en libre accès à l’adresse suivante : https://www.erudit.org/fr/revues/as/2015-v39-n1-2-as01900/1030841ar/resume/

J’y reviendrai prochainement.

mercredi 4 décembre 2024

Déboullonages : le loup change de statut

 

Statue du loup  au Cloître-Saint-Thégonnec)*

 

Je viens de lire que le comité permanent de la Convention de Berne a approuvé la proposition de l'UE d'assouplir le statut de protection du loup. Pour certains c’est une triste nouvelle, mais je trouve que cela restitue au loup, qui avait été réduit au rang d’assisté, de maintenu, de prédateur casanier, une partie de son ancienne dignité. 

 

*Je ne sais plus où j’ai mis mes clichés. En attendant de les retrouver, j’ai emprunté celui-ci à Ouest-France : https://www.ouest-france.fr/sciences/animaux/l-image-du-nuisible-lui-colle-a-la-peau-mal-aime-le-loup-a-pourtant-sa-capitale-en-bretagne-6fc9e4ae-9004-11ed-8732-c929ccc6462c

 

mercredi 27 novembre 2024

Le talent de Brigitte Bardot

 

Anacapri : la villa de Curzio Malaparte

Avec du retard par rapport à sa date de parution (1963) je viens de visionner « Le mépris », de Jean-Luc Godard. Je suis ébloui par le professionnalisme de Brigitte Bardot et je me surprends à murmurer : « C’est quand même une grande. Son talent est incontestable »*. Du coup, je m’en veux de l’avoir si   lourdement canardée dans mes écrits et sur ce blog. De sa personne émane une authenticité  qui, vraisemblablement, reste la  même lorsqu’elle parle de son amour pour les animaux. Je me sens mesquin.

En rangeant le DVD dans le boîtier, cependant,  la violence des propos qu'elle tient depuis un long moment à l'égard de l'espèce humaine** me revient à l'esprit. Je pense à mes sentiments vis-à-vis de Louis-Ferdinand  Céline et je me dis : « Toute proportion gardée, c’est un peu pareil : comme écrivain, je l’apprécie beaucoup ...  ».

 

* Alors que lorsque j'étais jeune je ne le voyais pas.  C'est superficiel, je sais, et très lié à des questions d'amour-propre, mais on a du mal à admettre que les gens puissent être très beaux et talentueux à la fois.

** D'une partie non négligeable de l'espèce humaine.

lundi 25 novembre 2024

L’animal-machine (à sous) 3) Qu ‘est-ce qu’on taxe, au juste ?

 

 

 

(Suite et fin). Le paradoxe de cette proposition (taxer les animaux de compagnie) est qu’elle contredirait l’esprit de la loi française. En 2015, en fait, l’animal domestique a cessé d’être un « bien meuble » (code napoléonien) pour accéder au statut d’ « être vivant doué de sensibilité ». Taxé comme  une moto ou un paquet de cigarettes, l’animal perd une bonne partie de sa proximité avec l’humain pour redevenir une « chose ».  « Ce n’est pas vrai -  répondrait  le porteur du projet – on  ponctionne son maître, mais l’amitié demeure. Croyez-vous que les Allemands, depuis qu’ils payent un impôt,  sont devenus moins copains  avec leurs chiens et  leurs chats ? ». C’est bien le problème. Dans les pays qui ont adopté cette loi, on taxe le fait d’avoir un ami. On taxe le bonheur suscité par la présence de quelqu’un à côté de nous. Bref, on taxe le bonheur tout court, ce bien de luxe qui tend à échapper  aux contrôles de l’État.

 

Taxer l’amitié

 

Taxer notre joie de vivre ? Évitons de divulguer cette idée. On risquerait d’être facturé en fonction de la taille de notre réseau d’amis, de notre carnet d’adresses, de la quantité de nos « followers » sur Tiktok. On deviendrait  imposable sur la base du nombre de personnes qui nous recherchent ou qui nous veulent du bien. 

 


 

jeudi 21 novembre 2024

L’animal-machine (à sous) 1) Pascal et Malebranche présentaient-ils des troubles du spectre de l'autisme?

 


Les experts d’éthique animale  connaissent bien la théorie des « Animaux machine ». On attribue à Pascal et Malebranche l’idée que « nos amis les bêtes » ne sont au fond que des automates, des poupées mécaniques : ils/elles font semblant de souffrir mais ce n’est que  de la mise en scène. On aime rappeler cette histoire pour montrer à quel point l’Occident « naturaliste »  cherche à refouler ses racines animales*. Tourner en dérision cette théorie obsolète offre plusieurs avantages : cela renforce notre amour propre (« J’ai du bon sens, moi …  ce n’était pas leur cas ! »). Ça permet de taquiner les philosophes et les intellectuels en général qui, installés dans leurs tours d’ivoire, perdent tout contact avec le vivant, sa matérialité, ses frémissements. ses pulsations.

La condition humaine

Cette mise en robot du non-humain était l’aboutissement d’une réflexion philosophique, c’est vrai, mais j’ai entendu une explication  alternative dotée d’une certaine crédibilité. Bien que « mécanistes », Pascal et Malebranche étaient des croyants. Ils pensaient donc que si le Bon Dieu nous a logés dans cette vallée de larmes, c’est que nous le méritons. Si nous souffrons, en fait, c’est à cause du péché originel. Mais les animaux, eux, n’ont commis aucune faute. Pourquoi devraient-ils souffrir ? Ce serait injuste et en contradiction avec l’esprit divin. Il en découle que les animaux ne souffrent pas : ils se limitent à faire des cris et des grimaces. La théorie des animaux machine, dans ce sens, répondrait plus à des raisons théologiques qu’à des considérations scientifiques. (À suivre)

*Le « naturalisme », selon Philippe Descola, correspond à la vision Occidentale moderne considérant qu’une frontière infranchissable sépare les humains des non-humains.


mercredi 25 septembre 2024

Bien avant la permaculture

 


Coquille d’escargot peinte par mon frère Paolo cela fait un long moment

 

Ce n’était sûrement pas de la permaculture. Lorsque j’avais à peu près vingt ans, ayant ramassé pas mal d’escargots, je m’étais lancé dans une tentative d’élevage, juste  pour le plaisir de l'expérimentation et sous l'emprise d'une rêverie bucolico-autarcique (il faut être dingue, je sais). Au début de l’été, avant de partir en vacances, j’ai demandé à mes proches de s’en occuper. À mon retour il n’y avait que des coquilles vides, j'hésite à dire combien. Je n’ai plus recommencé.  

mercredi 11 septembre 2024

Mon carnet est réapparu (après avoir toujours été là)



Je cite :  « C'est un chien  de chasse qui ne chasse pas ».

J’ai retrouvé mon carnet. Ma prise de notes est une lista à la Prévert. Voici quelques échantillons, juste des bribes montrant moins la variété des thèmes traités à l'École de Fornara que le côté très ciblé de mes intérêts :

- « Human-Animal Studies. Études qui nous apprennent à dialoguer avec les animaux »*.

- « Animaux qui trichent : le chien de berger qui commence à en avoir marre et se met à boîter pour faire de la peine ».

- « 1923 – Création du Parc National des Abruzzes. Bataille vertueuse entre l’État et les Régions pour l’institution des parcs. L’élan, aujourd’hui n’est plus le même ».

- « Il faut que l’aliment cesse d’être une marchandise pour redevenir un médicament ».

- « La chute du prix de la laine ».

 - « Transhumance : plus une pratique diminue, plus sa valeur symbolique augmente ».

- « Paramètres faciaux pour mesurer le seuil de souffrance des animaux. Recours à l’intelligence artificielle » 

 - « La brebis a été inventée il y a 10.000 ans » 

 - « Nous et les loups : des loups différents confrontés à des hommes différents ».

- « Le loup contemporain naît dans les banlieues. Son univers olfactif est celui d’un citadin ».

- « Les habitants des Apennins ne mangeaient jamais de viande » 

- « Les préférences des éleveurs changent : les ovins diminuent, les équins et les bovins augmentent ».

- « Colliers radio pour les herbivores.** ».

Je reviendrai prochainement, peut-être, sur l’arrière-plan théorique et politique de ces fragments que j’ai sélectionnés de façon égoïste, en fonction de mes champs de recherche personnels. 

* Avant de les manger?

**À quand les bracelets électroniques ?