Affichage des articles dont le libellé est éducation nationale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est éducation nationale. Afficher tous les articles

dimanche 16 mai 2021

Aux temps d’Aristote

 


 Ésope cherchant à faire passer des messages

 

Voici quatre nouvelles perles sorties d’un cours consacré aux relations entre les humains et les non-humains :

 

« L’ours et le loups, deux animaux très imposants physiquement et historiquement ».

 

« “L’homme est par nature un animal politique” disait Aristote il y a déjà plusieurs décennies ».

 

« De manière générale, l’humain utilise les animaux pour faire passer des messages sur la bêtise humaine ».

 

« Il existe une fête dans les Pyrénées, qu’on appelle Lupercales,  qui consiste à se déguiser en ours pour les hommes et de frapper les organes génitaux des femmes ». 

 

mardi 9 juin 2020

Le bêtisier de Mai 2020 (suite et fin)


Être vivant à part entière (et à roulettes)

J'ouvre une parenthèse ludique pour  revenir sur les épreuves  du cours  "De l'humain animalisé à l'animal humanisé". Voici  deux pépites  issues du dernier tamisage :
1) "Sur le plan législatif, les animaux sont passés de immeubles (catégories des objets inanimés) à meubles (êtres vivants à part entière)".

2) "Philippe Dujardin réfléchit aux conditions de constitution des groupes sociaux. Selon lui, l’homme est une entité de base de ces derniers".

vendredi 20 mars 2020

Le courage civil (encore sur la distanciation sociale)


Résultat de recherche d'images pour "chapeau davy Crockett"
C’était au collège. On attendait patiemment, un derrière l’autre, l’ouverture de la salle de classe. Un retardataire s’est joint à nous avec un joli chapeau à la Davy Crocket.  Un copain lui a demandé : « Où as-tu trouvé le courage civil de porter un chapeau de ce genre ? »*

C’est la question que je pose à l’inventeur de l’expression « distanciation sociale » censée  décrire les mesures à prendre pour endiguer le virus :  « Où avez-vous trouvé le courage civil de nous proposer  une formule de ce genre ? »**

* À cette époque on était loin de se préoccuper du bien-être animal, c’était juste pour des raisons esthétiques.

** « Le courage civil », c’est fabuleux. Depuis, j’utilise cette locution avec la même fréquence que : « À l’insu de mon plein gré » (autre trouvaille géniale …) .  « Où as-tu trouvé le courage civil d'acheter cette armoire ? ». « Où a-t-il trouvé le courage civil de nous conseiller ce film?".

dimanche 14 avril 2019

Néopuritanisme 3. Damnatio memoriae








Je reviens  sur la scène surréaliste d’un groupe d’étudiants qui quittent la salle de cours dérangés par le contenu « machiste » d’un article d’Yvonne Verdier consacré au sang cataménial et aux effets qu'il peut produire, selon la croyance populaire,  sur la mayonnaise, les cornichons, le saloir, le vin, les miroirs et les champignons*.  Quelques jours plus tard j’ai  fait part de mon étonnement à des membres du corps enseignant. Mon étonnement s’est accru lorsqu'on m'a répondu comme l'étudiant de géographie du post précédent: « Oui, d'accord, on ne veut plus entendre parler de ces croyances. Mais finalement, est-ce que ce n’est pas mieux comme ça ? ». Je suis sorti de la réunion avec le sentiment d’être un réactionnaire obtus qui n'a rien compris aux changements sociétaux. Simultanément, dans mon for intérieur, une petite voix – la même qui m’a empêché d’être un stalinien rigoureux à dix-huit ans et un camarade exemplaire à vingt-cinq – posait  la question suivante : « Où sont finis les bigots d’antan ? ».



* À côté des témoignages de  ses informateurs Verdier cite  des sources savantes qui vont de Pline à Sébillot.


dimanche 8 juillet 2018

L’épreuve du bac végane



 Chats qui jouent entre eux en nous donnant du plaisir

J’étais ailleurs, ça m’avait échappé. Les représentants des chasseurs viennent d’accuser les concepteurs de l’ épreuve du bac de français de faire de la propagande « végane » (on leur a reproché de citer des célébrités qui dénoncent notre anthropocentrisme). Je ne suis pas d’accord. Quoi de plus pertinent qu’une dissertation sur la cruauté humaine et sur le statut des animaux ?  On ne demandait pas aux candidats de partager le point de vue de Pythagore, de Plutarque ou de Marguerite Yourcenar. L’étudiant doté d’esprit critique pouvait s’interroger sur les intentions de l’examinateur ( sur les sens de ses choix : « Pourquoi a-t-il sélectionné ces auteurs-là ? » ). Il pouvait s’interroger sur la cohérence et les intentions réelles des  auteurs cités (« De qui parlent-ils ? À qui s’adressent-ils ? »). Il pouvait désacraliser les fragments proposés en montrant leur contingence et leur caractère idéologique. Personnellement, j’aurais attiré l’attention sur le passage suivant :

«  La nature, je le crains, attache elle même à l’homme quelque instinct qui le porte à l’inhumanité. Nul ne prend son amusement à voir des bêtes jouer entre elles et se caresser, et nul ne manque de le prendre à les voir se déchirer mutuellement et se démembrer »(Montaigne, Essais, livre II, chapitre 11).

Une partie de cette proposition est aujourd’hui infondée : l’internaute « prend son amusement à voir des bêtes jouer entre elles et se caresser » (pour ce qui est du passé laissons trancher aux historiens). La partie finale, qui contient une autre généralisation,  mérite d’être poussée à ses extrêmes conséquences. En fait c’est peut-être vrai que « nul ne manque [de s’amuser] à voir [les bêtes] se déchirer mutuellement et se démembrer ».  Ce plaisir « inhumain » transparait même chez les défenseurs de la cause animale*. Mais la réalisation de cet « amusement »  demande de plus en plus de détours. Le spectacle de la souffrance animale passe désormais par sa dénonciation. Je peux m’empiffrer d’images insoutenables pourvu que ce soit pour la bonne cause (corps de poussins écrasés, chiens ligotés qui attendent d’être mangés par les Chinois, masques de sang derrière lesquels on a du mal a reconnaître le museau d’un taureau … ).  Merci aux associations philanthropiques (30 Millions d’amis, Fondation Brigitte Bardot, L214 etc.) d’assurer la besogne.


* J’en parle largement dans mes  ouvrages L’Utopie de la nature et L’éloquence des bêtes  dans les chapitres consacrés à  la mort animale.

samedi 16 décembre 2017

René Girard et le sacrifice du « bouquet misère »


 

Bouquet somptueux

C’était un cours pour les étudiants de première année consacré à la propagation des rumeurs. Il fallait évoquer, entre autres, le mécanisme  du bouc émissaire. Dans deux copies, par un coup de baguette magique, le bouc émissaire est devenu un « bouquet misère »*. Joli et délirant à la fois. Il faudra que je parle plus fort.

* les deux étudiant.e.s, manifestement, ont révisé ensemble.


Era un corso sulla propagazione delle leggende metropolitane per gli studenti del primo anno. Bisognava citare, tra l’altro, il meccanismo del capro espiatorio. In due elaborati, per un colpo di bacchetta magica,  il « bouc émissaire »  (capro espiatorio)  è diventato il « bouquet misère » (il mazzolino di fiori miseria  o miserevole). Immagine bella e delirante. Bisognerà che d’ora in poi mi metta a parlare più forte.

jeudi 15 décembre 2016

Le chien de Charlemagne



Homme politique français présentant aux journalistes le prochain responsable du programme d'histoire pour les écoles primaires*.

"À la cynophilie très 'cattophobe' des professions dont le sort est lié à la sauvegarde d'un patrimoine économique (patrons du commerce et de l'artisanat, camionneurs) ou qui sont préposés à la défense de l'ordre (politiciens, militaires, contremaîtres) s'oppose diamétralement la "cattophilie" très cynophobe des intellectuels et des artistes, suivis en cela par les instituteurs, les travailleurs sociaux et les fonctionnaires, qu'ils soient employés ou cadres"*

Bref, ce qu'on aime chez le chien c'est son attachement au maître, à la famille, au jardin, au territoire, à la Nation. Donner un chien à quelqu'un c'est lui donner une sorte de "patriote" (alors que lui donner un  chat, ce capricieux, ce citoyen du monde  ...).

* Pour une vision globale je renvoie au site suivant (source de l'image empruntée ici):
http://www.repubblica.it/esteri/2016/12/13/foto/putin_e_il_cane_yume_lo_mostra_all_tv_giapponese_durante_l_intervista-154029136/1/?ref=HRESS-13#1


* François Héran, "Chats contre chiens. Éléments statistiques pour une histoire sociale des intellectuels", in Homme, Animal, Société, III : Histoire et animal, Toulouse, Presse de l'Institut d'études politiques, vol 1, p. 373-383, cité par Jean-Pierre Digard, Les Français et leurs animaux, Paris, Fayard, 1999, p. 32