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samedi 26 septembre 2026

Des chats-léopard dans les Dolomites?


Le chat Bengal chez Wikipédia

Pendant son séjour touristique à Cortina d'Ampezzo, une dame tchèque a perdu son chat Bengal, qualifié dans les médias d’« influenceur ». Tout le monde s’est mis en agitation. Pour financer les recherches du disparu, on a même organisé une cagnotte.

J’étais terriblement inquiet pour ce pauvre influenceur à quatre pattes, à la merci des ravins et des précipices (pour ne pas parler des loups et autres aléas du plein air). Et je n’étais pas le seul. « Des milliers de personnes - lit-on dans la presse - suivaient l’affaire en retenant leur souffle. »

Aujourd’hui, heureusement, le chat a été retrouvé.

C’est une bonne nouvelle qui soulage des milliers de personnes.*

* L’existence du chat Bengal m’avait échappé. Je me renseigne sur Wikipédia : « Un chat Bengal coûte en moyenne entre 1 000 et 2 500 euros, selon la qualité de son pelage, son pedigree et son élevage. Prix par catégorie : chaton de compagnie (pet) : entre 1 000 et 1 500 euros. Sujet destiné à la reproduction ou présentant des rosettes parfaites : peut dépasser 2 000 à 3 500 euros (voire atteindre des sommes plus élevées pour des lignées étrangères très rares). »

lundi 14 septembre 2026

lundi 7 septembre 2026

Un loir se blesse. Mais que fait la police ?*

 

« Elle trouve un petit de loir blessé, elle demande de l’aide mais les secours n’arrivent pas : “La police provinciale m’a dit de le laisser libre et il est mort”. »

Si je devais commenter cette nouvelle sur un plan professionnel, je dirais qu’elle en dit long sur l’évolution de notre sensibilité. Autrefois, enfermés dans le paradigme « naturaliste » qui nous empêchait de saisir la continuité entre nous et le reste du vivant, nous avions recours aux fumigations pour chasser les loirs qui s’installaient dans le toit des maisons. Les pièges, le poison, les chats remplissaient aussi cette mission. Après la prise de conscience écologiste, une partie de la population s’est ouverte davantage à l’altérité animale - qui a cessé d’ailleurs d'être une altérité, puisque l’animalité, nous avions tendance à l'oublier mais maintenant c'est acquis, constitue notre fond commun.

En tant qu’individu lambda, porteur d’un point de vue personnel, mon propos serait différent : je dirais que la lecture de cette nouvelle me désole et m’inquiète. La manière larmoyante et moralisatrice de présenter les choses - adoptant pour un rongeur arboricole des formules qui le mettent sur le même plan qu'un être humain - reveille chez moi des sentiments malsains (rire jaune accompagné par des irritations cutanées, fureur aveugle et envie de dire des gros mots)*.

Je traduirais cette manière orientée  de décrire les événements par la périphrase suivante : « Pauvre loir. Et en plus c'est un bébé. Mais que font donc les secours ? Et la police provinciale ? Ne pourrait-elle pas donner des conseils moins cyniques et mortifères ? C’est inhumain ! ».

Le beau d’un blog, c’est qu’on peut surfer entre les deux registres.

* Avec tout mon respect pour les loirs. 

** L'individu lambda se laissant aller facilement, dans l'anonymat, à l'imprécation. 

 

vendredi 24 juillet 2026

Flicage alpin

 

J'ai emprunté cette image au site : https://agradi.fr/collections/chevaux-couvertures-de-pluie

Heureusement que les éco-touristes sont là. Sans eux, que deviendraient nos pauvres animaux domestiques… Car l'éco-touriste veille. Il circule, repère les cas de maltraitance et les signale aux autorités compétentes. C'est ainsi qu'un éleveur des Alpes de Vénétie a vu débarquer les forces de l'ordre à la suite du signalement d'un « ami des animaux » :

-  « Il semblerait que vous ayez laissé votre cheval sous la pluie et qu'une partie de vos moutons n'ait pas encore été tondue. »

samedi 30 mai 2026

Cadavres exquis et autres delikatessen

 

 

Maurice de Vlaminck, 1926. Côte de bœuf

 

Tout le monde n’aime pas la psychanalyse. Et on peut comprendre : le patient dit une chose, le psychanalyste, souvent,   en entend une autre. J’y pense à propos de cette phrase, extraite d’un ouvrage d’Erich Fromm, qui m’est revenue à l’esprit tout récemment.

« Les caractéristiques de cette orientation nécrophile apparaissent dans certaines remarques qu’il répétait fréquemment. Bien qu’Hitler suivît un régime végétarien, on servait à ses invités des repas ordinaires. “Quand on apportait un bouillon de viande”, rapporte Speer, “je pouvais être sûr qu’il parlerait de ‘thé de cadavre’.” » Erich Fromm, The Anatomy of Human Destructiveness, 1973

mardi 10 mars 2026

Le serpent Python

 


Un python, en Italie, ne mange pas depuis quatre mois. La population commence à s'inquiéter. La famille qui l’héberge aimerait  bien continuer à lui donner des rats vivants, mais désormais c’est interdit.
Nourrir les  pythons avec des rats vivants est une atteinte au bien-être animal. Garder un python à la maison, en revanche, est tout à fait admis, voire encouragé.*

*D’autant plus que les serpents, on le sait, portent bonheur.

dimanche 28 décembre 2025

Brigitte Bardot

 

Je viens d’apprendre la disparition de Brigitte Bardot dont on appréciait, entre autres,  le franc parler. Sur ce blog, j’ai dit à son égard des choses particulièrement antipathiques (moi aussi, dans une certaine mesure, j’aime le franc parler).  Corriger le tir aujourd’hui serait très hypocrite.

mercredi 23 juillet 2025

Le chapeau de ma grand-mère

 

Manteau en fourrure de taupe, années 1930

Mario ne se limitait pas à déterrer les courtilières, il attrapait aussi les taupes qui infestaient le jardin. Il insérait dans le monceau de terre un piège métallique, un ressort minimaliste en forme de V. Le matin suivant il sortait sa belle taupe et la désolidarisait de sa peau qu’il mettait à sécher. Il faisait pareil avec la peau des lapins. Le chiffonnier passait tous les mois, achetait ses produits et il les revendait aux fourreurs.  Dans les champs, avec ce traitement,  il restait toujours des taupes, mais dans des proportions acceptables. Leur prélèvement périodique était une sorte de récolte. La communauté des taupes payait une dîme, c’est vrai, mais elle n'était pas exterminée. Tout en tuant les courtilières, les taupes et les lapins, Mario n’était pas particulièrement méchant.

Lorsque j'étais petit, ma grand-mère paternelle, une femme très sobre, portait un chapeau en fourrure de taupe dans lequel brillaient des petites plumes de faisan. Elle était loin d’être méchante.

Quand je pense aux animalistes, saisis non pas dans leurs déclarations officielles, mais dans leur « éthologie » (je veux dire dans leur intimité, dans leur manière de se rapporter les uns aux autres et d’administrer des sentiments comme la jalousie, l’envie, le désir de juger et de conditionner son prochain  au nom de la bonne cause ... ), je me demande s’ils sont forcément plus humains que Mario et ma grand-mère.

samedi 12 avril 2025

La face cachée du vétérinaire



 

 

Le stage de terrain, cette année-là, se déroulait dans une agréable localité de l’arrière-pays breton, un de ces sites boisés et romantiques qui attirent les touristes anglais depuis les temps de saint Jaoua*. Un vétérinaire à la retraite avait accepté de répondre aux questions des étudiants. Son témoignage était passionnant. À un moment donné, je lui ai demandé s’il avait croisé beaucoup de chasseurs au cours de sa carrière.

- Oui, moi-même par exemple, pour ne pas parler de mon collègue. On y allait pratiquement tous les dimanches de l’ouverture à la fermeture.

Certains étudiants, le soir, m’ont fait part de leur étonnement :

- Il y a de drôles de vétérinaires, par ici, au lieu de soigner les animaux, ils les tuent.

Les deux choses, à mon sens, n’étant pas incompatibles, j’avais envie de leur répondre :

- Ils les tuent et après ils les mangent. Des ogres, quoi.

 Mais la discussion nous aurait amenés trop loin.

*Parti des Iles britanniques et venu convertir les Bretons autour du VIème siècle.

lundi 10 mars 2025

Être/avoir un grain

 




Je suis un grain de riz de la plaine du Pô. Suis-je BIO? J’en doute. En tout cas ce n’est pas grave …  je veux dire,  pour les humains. D’ici quelques jours, vraisemblablement,   je serai bouffé par des flamands roses, espèce protégée qui neutralise, par endroits,  80% des récoltes.  

Ces agriculteurs, quand même … ils cultivent du riz non-BIO sans se soucier de la santé des  flamands roses. C’est criminel !

samedi 22 février 2025

L’Église et les corvidés (pour le rétablissement de la vérité éthologique)

 



Francesco Bergoglio, ces derniers temps, n’est pas très en forme et dans la Cité du Vatican, comme on sait, il n’a pas que des amis. « Autour de lui – dit Monseigneur Vincenzo Paglia président de l’Académie pontificale pour la vie – il y a des “corbeaux“ qui spéculent sur la maladie du Pape ».

Pauvres corbeaux, toujours le mauvais rôle. J' attends les remontrances de la Ligue pour la Protection des Oiseaux*. 
 
Je me permets de faire de l'humour pour tourner en ridicule le "politiquement correct" en matière d'animaux. Ce n'est peut-être pas  le bon moment. Ce Pape-ci, en tout cas, suscite chez moi une certaine sympathie (sympathie d'agnostique)


vendredi 3 janvier 2025

Cimetières animal frendly

 


Giacomo Ceruti (1698 - 1767), Portrait de vieil homme avec carlin

Je viens de lire dans La Repubblica du 2 janvier une nouvelle qui fait écho aux remarques de mon dernier billet concernant l’effritement de l’ancienne frontière qui nous séparait des autres animaux.  La commune de Milan a décidé que, dorénavant, les propriétaires de chiens, chats, tortues, lapins, hamsters, furets, poissons et autres animaux de compagnie, pourront héberger dans leur tombe les cendres de leurs protégés.

Pour de nombreux citoyens c’est sûrement un pas en avant. D’autres se sentiront dépaysés : ils prévoyaient d'être enterrés dans un cimetière. Ils auront le sentiment d’être enterrés dans un zoo.

mardi 24 décembre 2024

Larmes de (et pour un) crocodile

 


Le frontière entre les espèces ne cesse de se réduire. Je parcours le quotidien La Repubblica et je découvre que Burt, le protagoniste du film “Mr. Crocodile Dundee”, vient de décéder. Je ne connais pas Burt, ni le film en question mais la nouvelle me touche. Enfin, je suppose  que c’est comme ça que   je devrais réagir en tant que lecteur de La Repubblica*.

 

* Ça me donne envie de devenir monarchiste.

vendredi 1 mars 2024

Les grenouilles de l’environnement

 


 

L’autre jour je me demandais : « Serais-tu encore assez cruel pour décapiter des grenouilles pimpantes,  en plein élan de vie, et les mettre à cuire ? ». Cruel ou courageux, c'est une question de  points de vue. En tout cas, on ramasse ces délicieux batraciens à des fins gastronomiques (ce n’est pas pour le geste sportif, ni pour réguler la faune, ni pour valoriser le travail du chien). Mais après, il faut bien que quelqu’un les tue.  C’est au prix de ces animalicides  que dans le  quartier  des Navigli, à Milan, on pouvait déguster des excellentes « friture de rann »  (fritures de grenouilles).  Les Navigli, aujourd’hui, drainent toutes les saletés qui polluent la Lombardie. Et c'est comme ça partout.  Personne, désormais,  ne songerait à mettre à mort une grenouille qui a grandi  en milieu rural pour la manger (ce qui règle mon problème et celui de la grenouille).

On les a jugés trop rapidement : les agriculteurs qui s’opposent fièrement à la réduction des pesticides* poursuivent en réalité   un dessein philanthropique : protéger les grenouilles (mais aussi les écrevisses, les escargots et les autres espèces menacées) en les rendant toxiques. Les grands céréaliers de la FNSEA ?  Eh bien, ce sont les premiers animalistes de France.

* « On n’arrête pas le progrès »

mercredi 18 octobre 2023

Le chant de la truffe

 

Nature morte du photographe Patrick Mollema exposée à  la Biennale de Tulle la semaine passée

J’ai appris beaucoup de choses  à la Biennale Européenne d’histoire locale de Tulle. La première qui me vient à l’esprit est que la truffe, inodore tant qu’elle est vigoureuse, développe son parfum en mourant. C’est poétique et décadent à la fois. Une esthétique fin de siècle.

J’ai pu aussi constater  que, lorsqu’on quitte les grandes concentrations urbaines pour  se déplacer au coeur du Pays,  on peut parler des animaux qu'on aime et mange  à la fois (une chose n’empêchant   pas l’autre) sans trop de dérangements.

vendredi 13 octobre 2023

Les gloutons européens convergent à Tulle

Pieter Brueghel le Jeune, Douzième nuit, 1619

Je plaisante, juste pour faire le pitre. Il n’y aura pas que des carnivores, en tout cas. Et ce ne sera pas pour faire la fête, la circonstance est sérieuse. Il s’agit de la 2ème Biennale européenne d’histoire locale, 13-15 octobre 2023,  Tulle en Corrèze : Boire et manger localement Histoires de terroirs (https://www.biennale-tulle.fr/). Le programme est très chargé. Dimanche, dans ce cadre, je participerai à une table ronde sur le thème :  « Les viandes : pratiques et imaginaires ».

A partir de mardi prochain je profiterai de ce blog, où je traite habituellement des thèmes abordés dans cette rencontre (le végétarisme, l'antispécisme, le bien être animal, la mort animale, le statut de la viande, le statut du chasseur  et celui du gibier etc.), pour  restituer par écrit mon intervention.

dimanche 6 août 2023

« Devenir chien » ( soyons progressistes)


1) Dans l’entretien radiophonique annoncé dans le post précédent, je qualifie de « malsain » le comportement de certains animaux sauvages qui « ne sont plus ce qu’ils étaient » : des sangliers qui mangent des spaghettis gentiment offerts par la population génoise, d’autres qui vaguent dans les jardins des hôpitaux en plein jour etc. *. Ça peut plaire au niveau urbain, ça enthousiasme un peu moins vu de la campagne. Ce qui déplait, au-delà des conséquences pratiques, est  le désordre symbolique que ces transformations impliquent.

2) Lorsque j’étais à Milan, il y a très longtemps, je prenais parfois un apéritif sur la place du dôme. Il s’agissait d’un rabarbaro Zucca - la rhubarbe Zucca, pour entrer dans les détails. À l’extérieur du café, debout et un verre  à la main, d’autres buveurs de rhubarbe, essentiellement des retraités, passaient leur temps à se plaindre de la météorologie inamicale, du gouvernement inepte et, plus généralement, de l’évolution de la société. Il s’agissait de  vieux conservateurs, rien de particulièrement répréhensible. Mais avec mon regard méprisant de jeune progressiste (peut-on ne pas l’être à vingt ans ?**), je les considérais tout bonnement, si je peux me permettre cette formule triviale, comme des vieux cons.

3) L’autre jour je suis tombé  sur une information qui m’a dérangé à tel point que, dans un premier temps, je n’ai pas réussi à dépasser le titre. Elle concernait ce Japonais qui a dépensé 14.000 euros pour se transformer en chien (un collie, pour être précis).  Si je devais commenter l’événement  en tant qu’anthropologue, je saurais garder ma distance : je dirais que cela en dit long sur la porosité des frontières ontologiques, sur notre désir d’altérité, sur la considération croissante que nous avons pour les autres espèces, sur le droit à choisir son propre statut etc. Mais une petite voix, dans mon for intérieur,  murmurait instamment : « Ce type est complètement dingue. Il lui faudrait un bon psychiatre ». En m’efforçant de ne pas l’écouter je me suis demandé : « N’es-tu pas en train de devenir toi aussi un vieux conservateur ? Tu n’as qu’à rejoindre tes copains sur le parvis de la place du dôme  de Milan».

*J’en parle dans Le retour du prédateur. Mises en scène du sauvage dans la société post-rurale, Presses Universitaires de Rennes, 2011.

** La réponse est : oui. Personnellement, je me considère encore très progressiste. Je pratique en fait le progressisme critique (j'introduis ici cette notion) une variante perfectionnée du progressisme traditionnel.

mardi 20 juin 2023

Bonne nouvelle pour les ours


Le transfert de l'ourse Jj4 en Roumanie

Bonne nouvelle. On a peut-être trouvé un refuge en Roumanie pour Jj4, l’ourse qui au mois d'avril a  euthanasié*  un « runner »** dans la région de Trento (il courait, alors que dans la « terre des ours » il ne faut surtout pas le faire, ça les perturbe)***.

Je lis dans le Corriere della Sera qu’on veut changer de nom à cette ourse malheureuse qui n’a fait que répondre à ses automatismes biologiques. On l'appellera « Speranza ». Espoir de quoi ?  C’est évident : espoir qu’elle n’arrive pas à s’échapper du refuge  pour tuer un autre coureur.

 

* Moi aussi, on le voit,  je deviens de plus en plus sensible aux nuances verbales du politiquement correct.

**  En Italie on dit runner. Quelle est la différence entre un runner et un corridore à savoir un coureur ? Mystère.

** Et pourtant il le savait. S’agirait-il d’un suicide masqué ?

samedi 10 juin 2023

Une nouvelle loi sur l’abandon des non-humains

 

On adopte un toutou, on change d’avis, on part en vacances …  Si la loi proposée par Vittoira Brambilla voit le jour, abandonner  un chien dans la rue coûtera très cher aux Italiens : entre 3 à 5 années de réclusion et une amende allant de 5.000 à 30.000 euros.

vendredi 12 mai 2023

Devenir végétarien à l’insu de son plein gré

 

Paolo Dalla Bernardina : Cadavre de veau

 

Je brandis ma carnivorité  comme un étendard, mais en étalant ma fierté je dévoile mes incertitudes. J’en veux aux antispécistes qui m’obligent à réfléchir sur ma proximité ontologique avec le  jarret de porc qui rôtit dans le four. Et je porte sur les végétariens un regard soupçonneux, comme si derrière leur choix il y  avait des raisons qu’ils ignorent et que moi - allez savoir pourquoi - je serais censé connaître.

Vers la fin de sa brève trajectoire terrestre mon frère Paolo,  en raison de la sympathie qu’il éprouvait pour les humains, les bêtes et la création en général, était en train de glisser vers le végétarisme. Il ne faisait pas trop de vagues. Il n’en parlait jamais et je me demandais s’il en était conscient. Je viens de tomber sur ce dessin qu’il a réalisé à Paris en 1977 après un passage au  supermarché. Il semble lever tous les doutes. Il s’inscrit dans une tradition d’ « éclaireurs » qui remonte au moins à Pythagore (« Ouvrez les yeux sur l'identité des  malheureux que vous mangez :  ils sont nos semblables! ») et anticipe le cliché du « cadavre en barquette »  mis en scène avec succès par les animalistes contemporains.