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dimanche 2 février 2025

La boîte magique et les pantegane (3 sur 3)


(Suite et fin) Au bout de l’allée, derrière le virage, trônait un gros conteneur en plastique en forme de pyramide destiné au compostage. C’était un composteur magique : on avait beau le remplir, il restait toujours à moitié vide.

On comprit plus tard son secret. C’est comme pour le chien. Si son maître et sa famille avaient été végétariens, il n’y aurait pas eu de problèmes. Et s’ils avaient respecté les consignes en matière de compostage tout se serait bien passé. Le fait est qu’ils utilisaient  le composteur pyramidal comme une micro-décharge, pour ne pas dire un charnier : « Mais tu y mets les peaux du fromage et les coquilles d’œuf ? ». « Bien évidemment, c’est de la matière organique ». « Et les os du poulet » ? « Bien sûr, ça se décompose : "Souviens-toi que tu es poussière, et que tu redeviendras poussière" … ».

Ayant dépassé l'âge adulte depuis un long moment, le chien quitta la scène. Son maître en profita pour disperser du raticide partout. Les pantegane, qui sont intelligentes, quittèrent les lieux et  allèrent contribuer à la biodiversité quelque part ailleurs.

Le composteur n’était pas très en forme lui non plus et on décida de le supprimer. Surprise : son fond avait disparu, complètement rongé par les rats. De son emplacement partaient des tunnels qui s’enfonçaient dans la terre mélangée à des morceaux de plastique de toutes les couleurs. La colline était devenue un immense gruyère et, pour éviter qu’elle s’écroule, il fallut la bétonner.

Morale : certains humains sont moins éveillés que certaines pantegane.

mercredi 29 janvier 2025

La boîte magique et les pantegane (1 sur 3)

 


Si le chien avait été végétarien les choses se seraient passées autrement. Sa gamelle était en bas de la fenêtre, à l’arrivée d’une petite allée. On y déposait toutes sortes de restes carnés à l’état de conservation très variable.

Lorsque, après une absence prolongée, le maître du chien s’en aperçut, c’était trop tard : les pantegane s’étaient installées.

En Vénétie, on appelle par ce nom le surmulot (rattus norvegicus ou, si on préfère, rat d'égout, rat de Norvège ou encore rat gris). L’étymologie vénitienne situe les origines de ce rongeur bien connu dans la Mer noire (du latin Ponticus). C’est un animal « indispensable pour la biodiversité », précisent les sources, et particulièrement intelligent, mais qui ne jouit pas d’une réputation excellente (je constate, au passage, l’assonance de « pantegana » avec le lombard « spantegàr » (disséminer avec perfidie) et avec « pandémie »). Les complotistes lui attribuent un rôle central dans la propagation de la peste (À suivre).