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mardi 10 février 2026

Le silence des ours

 

 
Il faut  avoir de la malchance, c'est vrai. Il n'empêche que les ours attaquent les humains avec plus de désinvolture que les loups.

Pas trop d'idées, ce matin, juste des lapalissades comme la suivante : on parle très peu des ours, ces dernier temps. Seraient-ils devenus plus sages? Non, il sont simplement en hibernation*.

*Il semblerait que  les ours de chez nous, en réalité, hibernent de moins en moins, gênés par le réchauffement climatique et par les amants de la faune sauvage qui arpentent  les bois en plein hiver  avec leurs caméras et leurs raquettes  à neige écologiquement irréprochables. 

. .

 


vendredi 4 juillet 2025

Prendre en photo la biodiversité

 


Ails des ours

Quelques ours ici et là pendant que je ramasse mes champignons … j’aime bien finalement. Ça donne à mes ramassages un peu plus de noblesse. Et si ça devait mal se terminer … pas de chance, c’est tout.

Celui qui n’a pas eu de chance est le motard italien qui l’autre jour, dans les Carpates, a pris des selfies à proximité d’une ourse. On les a retrouvés dans son smartphone.  Au cours des vingt dernières années, en Roumanie, les ours ont fait une trentaine de victimes.*

* Qui ne savaient pas que les ours, lorsqu’on les croise de trop près … et que  les femelles,  lorsqu’elles ont des petits, etc. etc. Les gens ne se renseignent pas et  enfreignent allègrement les règles de sécurité. Après ils vont se plaindre.

samedi 21 juin 2025

Des bêtes dans nos villes et l’abolition des frontières

 

Un  troupeau longe le fleuve à proximité du centre ville. Liza Minelli assiste au défilé (Cliché S.D.B.)

Je suis en train de traduire Le retour du prédateur en italien, ce qui explique l’insistance avec laquelle je reviens sur un texte qui a désormais quinze ans.  Il commence et il se termine avec des références aux animaux sauvages dans les centres habités. Je ne m’en souvenais presque plus. Ce qui m’inspire l'évidence suivante : on écrit des choses, après on oublie. D’autres, les lisent … et ils oublient aussi. 

« La prédiction [du prophète] semble se réaliser. Nouveaux « mendiants », les sangliers circulent en ville, nourris de spaghetti par des gens compassionnels.  Les ours polaires sont soignés par des dentistes alors que les chats et les chiens, encore plus proches de l’homme qu’ils l’étaient auparavant,  vont chez le psychologue et prennent du Prozac. Las de vivre dans les bois,  les piverts s’installent dans les maisons secondaires et creusent des trous dans les fenêtres « à l’ancienne » (c’est ce qu’on appelle la multipropriété : lorsque les humains s’absentent les pivert réaménagent).  Grâce à la médiation des chiens  « Patou », le loup habite déjà ou presque avec l’agneau. Le paysan, dûment apprivoisé, ne s’oppose plus à l’ensauvagement  de ses terres (ici et là, il faut l’avouer, on trouve encore quelques poches de résistance, mais avec l’aide d’un bon négociateur …)». Le retour du Prédateur. Mises en scène di sauvage dans la société postrurale, PUR, 2011, p.122.

dimanche 19 janvier 2025

Quand on aperçoit les oreilles du lièvre

 

Dans le billet précédent j’ai évoqué la proposition de Raphaël Larrere de transformer les grands prédateurs en gibier chassable et sa réflexion autour des raisons qui empêchaient de réguler la démographie des ours et des loups par des plans d’abattage gérés par les chasseurs. Ce refus, constatait Larrère, ne venait pas des doutes éventuels quant à l’efficacité de la stratégie. Le véritable enjeu concernait la légitimité même de la chasse. Autrement dit : « Si on est contre la régulation sélective des ours et des loups par les  chasseurs, qui aurait tout l’air de marcher,  c'est parce qu’on est contre la chasse en général ».

Un article de  2003  ( accessible à l’adresse suivante https://www.jstor.org/stable/1480073 ) permet de saisir le raisonnement de Larrère dans son intégralité).

Ce matin, en lisant un proverbe breton, j'ai pensé  aux plans d’abattage et au mythe émergent de l'écologisme rural (un écologisme « atavique transmis d'une génération à l'autre depuis la nuit des temps  ... ») :  

 « Quand on aperçoit les oreilles du lièvre, c’est tout de suite qu’il faut l’assommer ».

Derrière la métaphore, on mesure la distance qui sépare la gestion contemporaine du « capital faunistique » des manières  plus expéditives d’aborder le sujet chez les non-modernes.

L'apparition d'un lièvre? Une occasion à ne pas manquer !

dimanche 27 octobre 2024

Il n’y a qu’à (4) Science et croyance

Ours solitaire qui déambule depuis quelques mois  dans la région de Seren del Grappa, dans les Alpes de Vénétie (et il déambule vraiment partout. Je crois même l'avoir déjà surpris une ou deux fois sur ce blog).

On dirait une obsession, mais malgré mes bonnes intentions, l’actualité m’oblige à revenir sur la conférence consacrée à l’ours et aux loups à laquelle j’ai assisté au début du mois. Si elle m’a fasciné, c’est que je l’ai trouvée exemplaire, tellement elle arrivait à bien illustrer le discours des techniciens de l’environnement concernés par le retour des grands prédateurs. Ce qui m’a frappé, entre autres, c’est l’usage de la notion de « science ». Les données étaient précises, mais leur utilisation rappelait le ton de ces médecins et vétérinaires du XIXème siècle qui ont beaucoup aidé les folkloristes en leur donnant des informations précieuses sur les opinions et les coutumes rurales en matière de soin des plantes, des animaux et des humains. Leurs écrits, que l’on retrouve aisément dans les bibliothèques municipales de la zone alpine, visaient à éradiquer les superstitions. Et pour les éradiquer il faut bien les décrire. L’orateur nous a proposé un beau croquis montrant au public la différence entre le domaine de la science et celui de la croyance*. L’objectif était de remettre en cause toutes les « rumeurs » concernant l’apparition des ours dans la région. Je rappellerai au passage que, pour les anthropologues, la frontière entre science et croyance est très difficile à établir et fait l’objet d’un débat de plus en plus complexe et sophistiqué.

 

Le discours est vite passé à l’ours qui, de lui même, a décidé de s’installer pas loin du bourg où se tenait la conférence. Je résume en quelques mots les mots du zoologiste, qui utilisait un langage accessible et imagé pour transmettre ses connaissances à une population qui n’a pas forcément de diplôme en sciences naturelles. « Pourquoi les ours se déplacent tout seuls ? Beh, c’est comme chez les humains, ils se déplacent à la recherche d’une fiancée. De toute façon, les indices sont formels, je vous assure qu’il n’y a qu’un ours, ici, il faut vivre avec, parce que c’est de plus en plus inévitable de cohabiter avec la faune sauvage, mais il n’y a aucune raison de s’inquiéter ».

 

Un jeune homme, dans la salle, a osé prendre la parole :

 

- Est-on vraiment sûr qu’il n’y en qu’un ? Si l’ours s’est installé ici, c’est peut- être qu’il y a une femelle.

 

La remarque n’a pas plu au naturaliste, qui a rappelé la fiabilité des données dont il disposait et la distance entre la science, dont il était le représentant, et l’univers des opinions personnelles : « C'est votre opinion. Libre à vous de penser ce que vous voulez ! ». Le jeune homme, imperméable aux certitudes du savoir académique, n’avait pas l’air très convaincu et a répliqué : « Bon, on verra ».

 

Il y quelques jours, à une dizaine de kilomètres du lieu de la conférence, deux personnes ont aperçu un animal qui cherchait à soulever avec son museau le grillage du terrain de foot. Il s’agissait d’un ourson **.

 

Morale : science et croyance peuvent parfois se rejoindre. Il n’y a qu’à attendre quelques jours.

 

* Je l’ai pris en photo, mais je ne pense pas avoir le droit de le diffuser.

**https://www.ilgazzettino.it/nordest/belluno/orso_campo_calcio_alba_tomo_feltre-8437268.html



jeudi 24 octobre 2024

Il n’y a qu’à (3). Du grillage au grill

 

 

Image empruntée au site suivant : https://www.ako-agrar.com/fr/protection-contre-animaux-sauvages/defense-contre-loup/clotures-filets

Je reviens une dernière fois sur la conférence de l’autre soir, où j’ai appris plein de choses sur les comportements des ours et des loups. Une nouvelle rassurante, par exemple est que, contrairement â ce que pensent les éleveurs, les clôtures de protection fonctionnent à merveille. Tout dépend de qui les installe. Lorsque c’est l'éleveur, ça ne marche pas à tous les coups. Mais lorsque c'est le zoologiste lui-même, le succès est assuré. La hauteur des protections ne compte pas pour grand-chose. Le loup est un acrobate et gravit les grillages avec l'agilité d'un funambule. Il faut donc les électrifier. 12 volts ce serait l'idéal (c'est peu-être gênant pour les enfants, ces touche-à-tout ingouvernables, mais on ne fait pas d’omelette etc … ).

Dans une étude pionnière que j'ai déjà citée dans ce blog, Sophie Bobbé montre que dans l’imaginaire collectif l’ours et le loup fonctionnent comme un couple oppositif. Si l’un a certaines caractéristiques, l’autre aura des caractéristiques opposées. L’ours est marqué par la verticalité (il est plantigrade), le loup par l’horizontalité (les loups procèdent l’un derrière l’autre à la queue leu leu). C’est ainsi que certains commentateurs refusent l’idée qu’un loup puisse gravir les grillages avec l’agilité d’un funambule, prérogative réservée aux ours.

mardi 22 octobre 2024

Il n’y a qu’à (2). Éco-dissuaseurs à l’ancienne

 


Ce que les ours ne supportent pas, nous expliquait le zoologiste Renato Semenzato il y a quelques jours, est de se retrouver à l’improviste face à un représentant de notre espèce. Il réagit automatiquement. C’est éthologique. Dans une zone fréquentée par les ours, pour ne pas désacraliser la forêt en parlant trop fort (« Martine, regarde là, c’est une chanterelle! » « Je vois, c’est une chanterelle, mais pourquoi tu cries comme un malade ? Je ne suis pas sourde ! »), on peut se munir d’une clochette.

J’ai tout de suite pensé aux lépreux, censés déambuler avec une clochette pour prévenir les bien-portants de leur arrivée. Le rapprochement n’est pas sans fondement : dans la nature sauvage - ne serait-ce que pour les plus purs chez les amateurs d’espaces non-contaminés - nous sommes des intrus polluants et contagieux.

À la place de la clochette, souvent, les lépreux utilisaient une crécelle. J’imagine le joyeux boucan (je dis joyeux parce que trop de silence, c’est vrai, rend mélancolique).

Ça me donne des idées. Je vais me lancer dans la production de crécelles anti-loup. Je les appellerai « Éco-dissuaseurs à l’ancienne ». Et j’ai déjà la formule d’accompagnement : « Un clin d’œil sympathique à la tradition ». En plus c’est biodégradable. Je deviendrai riche et fameux.

dimanche 20 octobre 2024

« Il n'y a qu'à » (1).Dans le grand cancan de la nature. Nuisances sonores et wilderness

Répulsif par ultrasons (le vacarme se déploie à des fréquences que nous n'entendons pas, ce qui est l’essentiel) 

La nature sauvage? Dans l’imaginaire collectif cela rime avec « contemplation », « sublime », « C’est ravissant », « C’est magique », « C’est mystique », « La forêt ? Une immense cathédrale dans le vert»...

 

Le retour des grand prédateurs a tout bouleversé : autrefois, dans les bois, nous parlions doucement pour ne pas effaroucher les animaux et pouvoir les admirer dans leur intimité*. Aujourd'hui, les techniciens de l’environnement nous conseillent de parler fort pour éloigner les ours et les loups**.

 

* Nous qui ? On mesure toute l’ambiguïté de ce pluriel.

** Morale : aujourd'hui, qui aime vraiment la nature (et a bien compris l'importance des grands prédateurs pour la préservation de la biodiversité) fait du bruit dans les bois.
 

samedi 12 octobre 2024

Promenons-nous dans les bois lorsque l'ours est là


Hier soir j’ai assisté à une conférence du zoologiste Renato Semenzato. Il s’agissait de faire comprendre à la population de Seren del Grappa, un charmant village des Préalpes Vénitiennes, que l’ours qui depuis quelques mois rôde dans les environs ne doit pas constituer une source d’angoisse. Il a là toute sa place pour vivre sereinement, il s’adapte au contexte, il est prudent et s’il entend des voix humaines il se barre.

La déprise agricole a produit ses effets, les animaux sauvages reviennent, il faut faire avec. Mélangeant anecdotes et informations techniques très éclairantes, le naturaliste n’a pas caché son enthousiasme pour des pays étrangers (La Slovénie, le Canada la Roumanie …) qui vivent depuis toujours dans des rapports d’entente cordiale avec les plantigrades pourtant très nombreux.

Si vous voyez un ours, vous avez le droit d’avoir peur, okay? Ne montez pas sur un arbre, il vous attrapera. Ne lui jetez pas des cailloux, ça l’énerve. N’oubliez pas à la maison votre spray au piment de cayenne, qu’il faut garder à portée de main, dans la poche de la chemise. Sortez-le  au bon moment, pas trop tôt, pas trop tard.

 

Ça ne se fume pas, mais quelque chose me dit que ce spray au piment va faire un tabac.

samedi 21 septembre 2024

Selfies d’antan. En photo avec l’ours

 



Même tenue, mêmes fusils, mêmes berrets, mêmes moustaches. On dirait les Dupont et Dupond à la chasse dans les Pyrénées. Ils sont fiers de leur prise, j’imagine (ça ne se voit pas trop, ils sont pudiques). Aujourd’hui ils seraient tous les trois derrières les barreaux.

dimanche 25 août 2024

L’ours, le loup et le « bovarisme zoologique »


Encore un mot sur le terme « classe » et sur nos identifications aux animaux les plus « stylés ».

« En réalité, j’ai le sentiment que derrière l’engouement pour les grands prédateurs se cache parfois un certain snobisme. Un snobisme symétrique et inverse à l’amour affiché pour les bêtes les moins attrayantes – cet amour militant, souvent très bien argumenté, qu’on peut éprouver pour les chauves-souris, les chats sans poils ou les mygales. On pourrait le caricaturer par le propos suivant : je n’aime pas les animaux d’ici, trop courants et faciles d’accès. Et je ne m’identifie pas à des espèces grégaires comme les vaches et les moutons. Cette attitude se voudrait moderne («J’ai saisi la notion de chaîne trophique, de biotope, etc., et c’est pourquoi j’exige le retour des grands prédateurs »), alors qu’elle est romantique. Elle fait penser à Goethe et à sa réflexion sur les affinités électives : derrière des apparences différentes, le loup et moi partageons les mêmes dispositions, la même nature, la même alchimie. Je m’identifie au loup parce que je suis aussi noble que lui. Cette attitude fait également penser à celle que Flaubert prête à Emma Bovary: pourquoi j’aime l’ours et le loup? Parce qu’ici on s’ennuie beaucoup. Parce qu’ils sont des étrangers, et les étrangers, quoi qu’on en dise, ont leur charme. L’ours et le loup ne sont pas des étrangers, pourrait-on rétorquer, ils ont seulement disparu pendant une courte période et ils sont revenus. Cela est vrai, mais ils gardent le charisme de l’étranger, tout comme ces migrants qui ont quitté les mêmes régions montagneuses pour faire fortune ailleurs et sont revenus cinquante années plus tard, avec des mœurs qui ne sont plus les mêmes, et des fils qui parlent allemand. Les nouveaux loups viennent d’Italie, d’Espagne et parfois même d’ailleurs, selon une rumeur persistante. Les ours, assez souvent, sont slovènes. Ils mettent un zeste d’exotisme dans la fadeur locale. Ils ont tout pour plaire. Et étrangers ou pas, ils ont une certaine classe. Tout comme nous. C’est pourquoi ils nous aiment, ce qui est d’ailleurs réciproque. Songeons aux titres de quelques best-sellers : si l’on accepte de danser, c’est bien avec les loups, non pas avec les koalasSi l’on court avec un animal, c’est encore avec les loups, pas avec les marcassins. Ce n’est qu’une parodie, je le sais, les gens sont bien plus sérieux que je ne le suggère et leurs arguments bien plus respectables.

S’il y a quelque chose de vrai dans cette plaisanterie, si cet amour « provincial » pour ce qui est plus beau, fort et éloigné est davantage qu’une insinuation malveillante, on peut le qualifier alors de « bovarysme zoologique ».

Extrait de Faut qu’ça saigne, Écologie, religion, sacrifice, éds. Dépaysage, 2020, p. 73. «Bovarisme animalier» serait peut-être encore plus approprié. J'ai du mal à choisir.

 

mercredi 17 juillet 2024

Comment réduire la sur-fréquentation touristique ? Les multiples de Trente


Est-ce une trouvaille pour réduire l’afflux de touristes dans une région à forte composante identitaire ? Toujours est-il que le coureur à pied strasbourgeois dont parle la presse du 15 juillet, aurait mieux fait d’aller courir dans les Pyrénées, où les ours sont d’une politesse notoire (bien gérés par les administrateurs locaux et mieux compris qu'en Italie du nord par une population plus empathique). À la différence d’Andrea Papi mort sur place en plein jogging sylvestre, le randonneur français a réussi à s’en sortir avec les jambes et les bras sérieusement abîmés. Le retour des ours, nous rappellent leurs défenseurs, aide à restaurer les équilibres naturels. Pour favoriser la cohabitation, ils proposent d’interdire aux promeneurs les territoires fréquentés par les plantigrades, qui pourront ainsi se propager sereinement dans des surfaces de plus en plus étendues*. Du point de vue écologique c’est clairement la bonne solution : davantage d’ours, moins de touristes et de bergers dans les espaces alpins, plus de Wilderness (et moins de « fascisme », si on prend au pied de la lettre le panneau que j’ai publiée dans le billet précédent).

* Tout en s’arrêtant gentiment à la frontière lorsqu’on leur demandera de respecter les accords.

samedi 22 juillet 2023

Cherchez le chien 2


 C’est comme pour les vaches du billet précédent. Les ours n’aiment pas les chiens qui folâtrent joyeux dans les solitudes  alpestres*. Par tradition, ils ont appris que lorsqu’un chien les approche ce n’est pas pour leur amener le journal, ni pour  les reconforter avec une gorgée de schnaps. Les chiens de chasse et de berger, chacun à sa  manière,  ont pour fonction de  chasser les prédateurs**. Leur présence  - et même celle des chiens qui ne servent à rien -  déstabilise les ours qui ont déjà du mal à supporter les humains. Monsieur Antonio Rabbia, le promeneur qui dans le Parc National des Abruzzes a failli être éventré par un ours,  circulait avec son  chien. Et monsieur Alessandro Cicolini, qui s’est sauvé par miracle dans les bois du Trentin, la tête et le bras sérieusement abîmés, était aussi accompagné par son chien.   Le chien, manifestement, n’est pas le meilleur amis des ours.

* On les appelait comme ça, c’est très joli.

** Ils les chassent au double sens du terme.

dimanche 2 juillet 2023

L'ourse s'explique (amalgame)

Techniciens du sanctuaire de San Romedio, en Italie, spécialisés dans la conversion des ours au véganisme

Jj4, l’ourse qui a tué un « runner » dans la région de Trente, a finalement donné sa version des faits : « L'individu  courait très vite et risquait de blesser quelqu’un. Pour le neutraliser j' ai visé aux jambes, mais le runner a bougé ».

mardi 20 juin 2023

Bonne nouvelle pour les ours


Le transfert de l'ourse Jj4 en Roumanie

Bonne nouvelle. On a peut-être trouvé un refuge en Roumanie pour Jj4, l’ourse qui au mois d'avril a  euthanasié*  un « runner »** dans la région de Trento (il courait, alors que dans la « terre des ours » il ne faut surtout pas le faire, ça les perturbe)***.

Je lis dans le Corriere della Sera qu’on veut changer de nom à cette ourse malheureuse qui n’a fait que répondre à ses automatismes biologiques. On l'appellera « Speranza ». Espoir de quoi ?  C’est évident : espoir qu’elle n’arrive pas à s’échapper du refuge  pour tuer un autre coureur.

 

* Moi aussi, on le voit,  je deviens de plus en plus sensible aux nuances verbales du politiquement correct.

**  En Italie on dit runner. Quelle est la différence entre un runner et un corridore à savoir un coureur ? Mystère.

** Et pourtant il le savait. S’agirait-il d’un suicide masqué ?

mercredi 31 mai 2023

Rewilding, survival … la nature est anglophone

 


On a parlé de  rewilding, hier matin. J'ai appris que l'on réensauvage le monde un peu partout. Mais à vue de nez, sans trop de concertation. L’important c’est de réensauvager.  Et après,  quand le coin a atteint un niveau d'ensauvagement suffisant,  on fait du survival. 

Quelqu’un, pendant la discussion,  s’est plaint des réensauvagements ratés :  « Chez-moi, par exemple, dans les Pyrénées, on a voulu remettre les ours, mais ce n’était pas les bons. Ils n’étaient pas d'ici … ». Les ours de chez soi sont les plus authentiques. C'est bien connu.

mardi 9 mai 2023

Coup de théâtre : blanchissement d’une ourse injustement accusée d’homicide.

 

 

Création numérique  de l’artiste hongroise Sarolta Bàn

Voici une bonne nouvelle. Les experts ont tranché : l’ourse accusée d’avoir tué un randonneur dans la région de Trente, dans les Alpes italiennes, était innocente.

Le vrai responsable est un ours.

mardi 18 avril 2023

Mille ours de trop

 


Ces derniers temps on parle beaucoup des ours italiens. C'est qu'ils ont fait ce qui était prévisible : après avoir blessé plusieurs randonneurs (c'était pour s'entraîner),  ils ont fini par en zigouiller un*. Je m'aperçois que j’ai déjà publié 17 billets sur les ours.  Le premier, datant du 20 octobre 2015, était terriblement optimiste. J’écrivais :

« Personnellement  je ne crains pas les ours. La possibilité d'être agressé par un ours dans la chaîne alpine dépasse à peine celle d'être écrasé par une météorite. Si pendant mes promenades en montagne je devais être assailli par un ours, il ne faudrait pas en vouloir au Ministère de l'environnement mais aux caprices du  destin ».

J’ai vite compris ma superficialité et dans les billets suivants j’ai commencé à mettre en doute les certitudes scientifiques délivrées aux profanes  par les amis des grands prédateurs. Dans la région de Trente, actuellement,  le nombre d’ours adultes dépasse la centaine. En Slovénie il y en a plus de 2.000. On prévoit d’en éliminer la moitié pour éviter qu'ils ne se mettent à pulluler comme des sangliers.

Les plus malins diront : « Les ours augmentent? Laissons faire les loups ». Mais les ours ne sont pas des sangliers. Et encore moins des moutons.

* Je rappelle mon point de vue : si on a favorisé le retour des grands prédateurs, derrière les raisons d'ordre écologique,  c'est pour mettre de l'animation dans les espaces boisés.

samedi 8 avril 2023

Le randonneur qui a rencontré un ours (les effets collatéraux du projet Life Ursus)

 


Extrait de l'ouvrage de Dino Buzzati : La Fameuse Invasion de la Sicile par les ours

C’est bien un ours qui a tué le jogger retrouvé il y a quelques jours  en bas d’un chemin forestier  dans la Val di Sole, en province de Trente. Le mois passé, dans la même zone,   un randonneur s’en était mieux sorti avec juste des blessures. Certains estiment que  c’est le prix à payer pour restaurer la biodiversité. Et  on comprend leur raisonnement : on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.

C'est sans doute vrai. Il n’empêche que cela fait de la peine *.  

* Il semblerait que cet ours-là n’est pas comme les autres (dont la gentillesse est notoire). Il était sûrement un borderline. Malgré  le désaccord des Animalistes, les administrateurs locaux vont s’occuper de lui et tout rentrera dans l’ordre : des humains sereins dans les villes, des prédateurs sereins dans les bois.

lundi 6 mars 2023

En attendant l’ours qui fera parler de moi


Une autre attaque d’ours dans la région de Trente. Ce n’est pas comme dans les Pyrénées, où les ours locaux, qui sont manifestement  des poules mouillées, n’attaquent pratiquement personne. La victime  s’en est sortie avec des blessures à la tête et au bras, rien de particulièrement grave. C’est bon pour le commerce local. Les touristes viendront nombreux frissonner dans les bois.