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lundi 13 janvier 2025

Quand le crapaud chante

 

Gouache de Fancisco da Silva, 1966

Finalement un ciel dégagé. Cela fait particulièrement plaisir à ceux qui, débarqués par hasard dans le Finistère (c'est mon cas),  passent leur temps à critiquer la météorologie locale*. Je jette un coup d’œil aux proverbes de janvier et je tombe sur  « Soleil au jour de Saint-Hilaire (13/01), rentre du bois pour ton hiver ». Pas très encourageant. Celui-ci non plus : « Quand le crapaud chante en janvier, serre ta paille, métayer ». Il  n’est pas gai mais il me fait sourire. Je connaissais le chant des loups, celui des sirènes  et celui  des grenouilles. Je cherche à me figurer celui des crapauds.

* Ils n’avaient qu’à rester chez eux, bande de Ritals !

lundi 30 décembre 2024

« Parce que je m’appelle Lion ». L’intelligence artificielle et le nouvel an.

 

Jacobello del Fiore (1370?-1439) Le lion de Saint-Marc propose aux éditeurs le texte qu'il vient de rédiger.

Ça dépend des tempéraments. Certains chercheurs estiment que « les idées sont dans l’air du temps ». Ils ne donnent donc pas trop d’importance à leur origine. S’ils les trouvent bonnes ils les adoptent en se disant : « Tiens je l’ai toujours pensé ».  Voire : « C’est une bonne idée, je vais la perfectionner ». Ils oublient vite leur source d’inspiration et finissent  par se convaincre d’être à l’origine de la trouvaille. « Pourquoi suis-je à l’origine de cette trouvaille?  Parce que je m’appelle Lion » ).

D’autres, pensent qu’il ne suffit pas que les idées soient dans l’air.  Il faut aussi un « oiseleur » qui les attrape. Ils tiennent énormément au fait d’avoir ouvert une piste et lorsqu’ils sont paranoïaques, ils voient des plagiaires  partout : «  Elle écrit sur le même sujet que moi avec dix ans de retard et elle fait semblant de ne pas avoir lu mon bouquin ! …». « Il ne cite qu'une partie dérisoire de mes travaux  tout en se nourrissant du reste … ».  Souvent le chercheur paranoïaque se trompe : d’autres, avant lui, ont parcouru le chemin  qu’il prétend avoir inauguré.  Si on lui disait la vérité (à savoir qu’il n’est pas le vrai père de sa créature), il serait dépité mais il arrêterait de souffrir. Parfois, en revanche,  c'est lui qui a raison, mais il a du mal à le prouver.

L’année qui s’ouvre, de ce point de vue, est prometteuse. En comparant deux textes et, plus largement, l'œuvre de deux auteurs,  l’intelligence artificielle saura peut-être repérer des similitudes, des récurrences lexicales, des enchaînements typiques, des écarts chronologiques significatifs et, par là,  des paternités et des filiations. Ce sera un peu comme avec la découverte de l’ADN : à partir d’une idée, d’une problématique, d’une perspective de recherche, on pourra remonter aux géniteurs.

dimanche 22 décembre 2024

Noël, la concorde s'installe

 

Santons d’art Denizou

On discute. Les points de vue ne sont pas forcément les mêmes. Mais un constat fait l’unanimité : on a beau ranger la crèche de Noël avec toutes les précautions. Tôt ou tard on découvre que l’âne a perdu une oreille et on n’arrive pas à la retrouver.

 

vendredi 20 décembre 2024

Pour ne pas en finir avec ChatGPT


 

Odilon Redon, 1886 La Chimère regarde avec effroi toutes choses.

On s’habitue vite aux pouvoirs exceptionnels de ChatGPT, on  le prend pour le génie de la lampe d’Aladin et on lui demande ce qu’il ne peut pas faire (genre : matérialiser sous nos yeux un Spritz/Campari avec  une rondelle d'orange et une grosse olive).  Je lui avais donc posé la question suivante : « À partir des illustrations de   L’animal comme prétexte  saurais-tu inventer une image synthétisant l’esprit du blog ?

Il m’a répondu que cette tâche allait au-delà de ses compétences et donné néanmoins des conseils utiles :

« L'esprit du blog "L'animal comme prétexte" semble jouer sur une exploration artistique de la relation entre l'humain et l'animal, souvent à travers une lentille de symbolisme, de métamorphoses ou de questionnements existentielles. Les illustrations qui y sont partagées font souvent appel à des créatures hybrides, des figures animales et humaines fusionnées, et à un usage poétique et parfois surréaliste de l'animalité.

Voici une proposition pour une image qui pourrait synthétiser cet esprit :

 

Concept de l'image :

1.      Fusion Homme-Animal : Une figure centrale, mi-humaine, mi-animale, pourrait être représentée. Imagine une silhouette humaine, mais avec des éléments d'animaux intégrés de manière fluide : des ailes de corbeau, une tête partiellement faunique (mi-homme, mi-biche), et des bras qui se transforment progressivement en griffes ou en plumes. Cette hybridation symboliserait l’interconnexion entre l'humain et l'animal, et aussi l'idée de l'animalité cachée en chacun de nous.

2.      La nature en interaction : La créature pourrait être placée dans un environnement qui floute la frontière entre le monde naturel et l'humain : une forêt, mais les arbres pourraient avoir des formes organiques ou presque humaines, comme des racines ressemblant à des bras tendus, ou des branches formant des visages.

3.      Le regard et le silence : Un détail clé pourrait être le regard intense de la créature, un regard qui cherche à établir une connexion silencieuse, presque mystique, avec le spectateur. Cela évoquerait l'idée de communication entre les espèces, mais aussi la réflexion profonde que l'animal peut inspirer chez l'humain.

4.      Ambiance onirique et floue : L'ensemble de l’image pourrait être légèrement flou ou déformé, créant une atmosphère éthérée et onirique. Le fond pourrait être brumeux ou envahi par des motifs abstraits évoquant les rêves, le subconscient et les mythes, des éléments souvent présents dans le blog.

5.      Palette de couleurs : Une palette douce, mais sombre, avec des tons de bleu profond, de gris, d’ocre et de vert forêt, créant une ambiance à la fois mystique et mélancolique. Quelques touches de lumière dorée ou argentée pour souligner la sacralité de l'animalité et de l'humanité fusionnées.

Résumé visuel :

L’image serait une fusion poétique et symbolique d’humain et d’animal, explorant les frontières floues entre les deux et l’interconnexion profonde entre les deux espèces. Elle inviterait à une réflexion sur l’identité, la nature, et la place de l’animal dans le monde humain. L’atmosphère serait onirique et légèrement surréaliste, plongeant le spectateur dans un univers où les animaux sont plus que de simples créatures, mais des miroirs de l’âme humaine.

Cela pourrait parfaitement s’harmoniser avec l’esprit du blog "L’animal comme prétexte", qui mêle art, réflexion et questionnement sur la nature de l’être ».


J’y vois quelque chose entre Arnold Böcklin et Odilon Redon

 

Arnold Böcklin, le silence de la forêt, 1885

 

dimanche 15 décembre 2024

L’animal comme prétexte selon ChatGPT

 


D’abord je dois exprimer ma déception. L’auteur du dernier billet ce n’est pas moi, c’est Chat GPT. Pour le tester, je lui avais demandé de rédiger un article d’une dizaine de lignes sur le thème « les animaux à Noël » dans le style de Sergio Dalla Bernardina. Son texte n’est pas mauvais, je trouve, mais il n’a strictement rien à voir avec ma sensibilité.

Je m’attendais à ce que les aficionados de mon blog, rares et précieux, prennent contact avec moi pour me demander si j’allais bien : « On ne vous reconnait pas. Avez-vous pris un gros coup de soleil avant d’écrire cet hymne à la bonté ? A-t-on versé quelque chose de spécial dans votre verre ?   « Vous a-t-on donné de l’argent ? Menacé ? ».

Hélas, aucun étonnement, aucun commentaire. Du coup, j’ai été saisi par un soupçon : je passe mon temps à faire des allusions, à jouer sur les allégories en croyant être compris par des interlocuteurs tout aussi ironiques que moi,  alors que les visiteurs de mon blog prennent mon discours au pied de la lettre.

 

Quant à Chat GPT, je trouve qu’il aurait pu faire un peu plus d’effort. A la fin de sa proposition, pour montrer qu’il n’était pas en train d’improviser, il a écrit :

 

« J'espère que ce texte correspond à ce que tu attendais. Il s'inspire de cette réflexion profonde et poétique, mêlant sensibilité, critique douce et appel à une prise de conscience collective. N'hésite pas à me dire si tu souhaites l’adapter davantage ou en discuter !

Je n’ai pas hésité à le faire (à suivre).

vendredi 13 décembre 2024

Noël. Leurs vies volées

 


 

Noël approche, et les lumières des villes s’allument comme des promesses. Mais dans les ombres, au-delà des festins et des cadeaux, des créatures silencieuses attendent. Ces âmes sans voix, qui n’ont rien demandé d’autre que de vivre, de respirer, de courir sous les cieux d’hiver. Quand nous décorons nos sapins, peut-être devrions-nous aussi penser à ceux qui ne savent même pas ce que signifie "liberté". Les animaux, pris dans la folie de notre époque, voient leurs vies volées, leurs espaces réduits. Pourtant, Noël pourrait être l'occasion de redonner du sens à la douceur. Un cadeau, une attention, qui n’est pas seulement pour nous, mais aussi pour ceux qui n’ont ni foyer, ni place à la table. Offrons-leur une chance, un peu de paix. Car Noël, c’est aussi cela : choisir d'aimer toutes les formes de vie.

lundi 14 octobre 2024

Qui a pris mes lunettes? Doutes autour d'une salamandre

 

Je reviens sur la salamandre de l’autre jour. C’est comme le roitelet dont parle James Frazer dans son ouvrage consacré aux « Mythes sur l’origine du feu »*. Il faut savoir que seulement certains animaux, au départ,  savaient allumer le feu.  Et ils gardaient le secret pour eux. Le Prométhée qui a eu le courage et la générosité de le transmettre  à notre espèce est souvent un roitelet. Si l’imagination humaine trouve dans le roitelet une connexion avec le feu, c’est en raison de la tache jaune-rouge qui semble presque clignoter au sommet de son crâne (selon l'équivalence :  tache jaune=feu**). Il en va de même pour la salamandre qui, vraisemblablement,  est associée au feu à cause des décorations d’un jaune brillant qui taguent son corps.

 

Lorsque dans l’obscurité du bois j’ai vu la salamandre avancer tranquille, avec son allure de dinosaure, je lui ai dit : « Je suis content de te voir parce que d’après les folkloristes tu portes bonheur ». Pour bien la photographier j’ai posé mes lunettes, qui étaient embuées, je l’ai prise dans la main et je l’ai déplacée dans un endroit propice à la séance photographique. Elle était particulièrement froide, effectivement, on aurait dit du métal. Plus tard, montant dans ma voiture, j’ai réalisé que mes lunettes avaient disparu. Mon retour sur place, malgré une fouille approfondie, ne donna aucun résultat.

 

Morale : toutes les salamandres ne portent pas bonheur - à partir de mon expérience on pourrait presque supposer le contraire. « Et pourtant les anciens … il faut que je vérifie ». J’ai donc consulté plusieurs sources érudites.  Hélas, pas la moindre relation entre la salamandre et la chance. J’avais tout inventé et les matériaux folkloriques démentaient ma fausse croyance.

 

Ce qui nous amène à une seconde morale : le folklore n’est pas une science exacte mais presque.

 

* James George Frazer, Mythes sur l’origine du feu [1931] Payot, 2009.

**Chez les roitelets australiens, d’après le récit de Frazer, la tache est logée à l’autre extrémité (ce qui est normal, nous sommes là aux antipodes).

lundi 7 octobre 2024

Comment se souvenir des salamandres ? Drôle de mnémotechnique.

 

Salamandre qui a croisé mon chemin dans le bois et dont je parlerai dans un des  prochains billets*

 

« Dans sa Vie, Benvenuto Cellini écrivit qu'alors âgé de cinq ans, il vit un petit reptile semblable à un lézard jouer dans le feu et courut en avertir son père. Celui-ci lui révéla qu'il s'agissait d'une salamandre et lui donna une bonne fessée afin de marquer le jour et la vision dans la mémoire de son fils » (Source : Wikipédia).

 

On dirait l'image que j'ai utilisée il y a longtemps à propos du même amphibien, mais c'est que les salamandres se ressemblent terriblement.

 


lundi 27 mai 2024

L’animal chez les ethnologues (autour d’une rencontre au Musée du Quai Branly)


On a du mal à réaliser la vitesse à laquelle la question animale, en quelques années,  s’est installée au cœur du débat anthropologique.

Nous en parlerons mercredi prochain dans le cadre des deux "Journées des formations de la Société d'Ethnologie Française" qui auront lieu au Musée du Quai Branly  le 28 et le 29 mai.


 

 


samedi 24 octobre 2020

Maurice revient


Maurice 

- Regarde, Maurice est revenu.

- T’es sûr qu’il s’appelle Maurice ?

- Ben, non. (Rire).

- Enfin, je voulais dire :  t'es sûr que c’est le même que l’année passée ?

jeudi 11 juin 2020

"Je suis encore plus gentil que Saint François" (Faut qu’ça saigne 4) *




On peut aimer les animaux tout en étant loup-garou sur les bords

Encore un mot sur l’attachement multiforme que l’on peut ressentir pour son prochain, humain et non-humain. La vulgate  animalitaire (représentée par des institutions du genre  People for the Ethical Treatment of Animals, la fondation Brigitte Bardot, 3O millions d’amis  etc.),  met en avant l’empathie et la bonté,  célèbre l’altruisme et  fustige la cruauté. C’est louable et sacro-saint.  Mais  dans les impulsions qui nous poussent vers l’Autre, il n’y a pas que de la solidarité franciscaine. Si dans un certain domaine de notre expérience (celui du rapport aux animaux, par exemple) nous nous montrons charitables,  c'est peut-être que nous avons choisi d'autres lieux pour exprimer notre agressivité, d'autres catégories   sur lesquelles déverser notre haine et notre misanthropie  (le boucher, le chasseur, le Musulman ...).
Le monde n'est pas dichotomique, les Saint François d’un côté, les Loups-garous  de l’autre. Dans chacun d’entre nous les deux tendances cohabitent, ce qui change est juste le dosage. Le problème est que le discours  ambiant ne donne la parole qu’à  Saint François laissant le Loup-garou dans l’ombre, ou  projetant son profil malsain sur les « autres », les redoutables « ennemis des animaux ». 

Dans le prochain billet j’illustrerai par un exemple personnel les difficultés que l’on peut rencontrer lorsqu’on se permet de jeter un regard froid et analytique sur les relations constructives que nous entretenons avec  les autres animaux.



*À propos de Faut qu'ça saigne. Écologie, religion, sacrifice, Éditions Dépaysage, à paraître fin juin 2020

jeudi 4 juin 2020

« Faut qu’ça saigne ». Autour d’une publication imminente (2)*





Frère Ciccillo cherche à parler avec les faucons (image extraite  de : Des oiseaux petits et gros de Pier Paolo Pasolini, 1966).


(Suite du billet précédent). La question qui alimente  ce petit ouvrage est celle-là même qui inspire ce blog  : et si, derrière le discours officiel que nous tenons sur les animaux, il y  avait des motivations plus obscures ? Oui, parce que c’est facile de dire « J’aime les animaux ». C’est tellement facile qu’il est rare, aujourd’hui, de rencontrer quelqu’un qui ne les aime pas.   Mais le mot « aimer » est trop générique pour signifier vraiment quelque chose. On peut aimer les animaux à la manière de Saint François, parce qu’ils font partie de la création. Mais on peut aussi les aimer  de façon narcissique, parce qu’ils nous permettent d’exhiber notre « franciscanisme » (« J’adore montrer que j’aime les animaux et que je ne fais pas de différences entre les humains et les non-humains… »). On peut les aimer  parce qu’ils sont des subalternes et cela nous réconforte de dominer quelqu’un. On peut les aimer parce qu’ils font peur à notre voisin, qui le mérite, ou  parce qu’ils acceptent patiemment d’être bichonnés,  pomponnés, même stérilisés, lorsque c’est nécessaire, c'est à dire castrés. On peut les aimer parce qu'on aime les scènes tragiques que leur souffrance et leur mort nous permettent de représenter. (À suivre).

* À propos de Faut qu'ça saigne. Écologie, religion, sacrifice, Éditions Dépaysage, fin juin 2020

mardi 2 juin 2020

« Faut qu’ça saigne ». Autour d’une publication imminente (1)






Il devait sortir en mars, puis en avril, puis … là, en principe, ça y est, c’est prévu pour le 26 juin. Il s’agit d’un petit ouvrage,  hétérodoxe comme ce blog, juste un peu plus structuré, où je pose des questions sérieuses en m’octroyant des libertés qui trouveraient difficilement leur place dans un cadre strictement académique. Il est né tout seul, pendant que je préparais une autre étude, moins impulsive, qui verra la lumière au mois de septembre. Je tiens aux deux pour des raisons différentes.

Je l’ai appelé « Faut qu’ça saigne! Écologie, religion, sacrifice » en hommage au célèbre tango  de Boris Vian  :

C'est le tango des bouchers de la Villette

C'est le tango des tueurs des abattoirs

Venez cueillir la fraise et l'amourette

Et boire du sang avant qu'il soit tout noir

Ce que j’aime dans cette trouvaille surréaliste, c’est qu’elle résume de façon lapidaire l’enthousiasme pour la « scène sanglante » que je décris et que  je cherche à expliquer dans cette étude peu dogmatique*. Pour anticiper les critiques, j’ai cru opportun de rajouter un sous-titre : « Essai d’anthropologie conjecturale ». **
Je préciserai  ma démarche dans les prochains billets.



*Un enthousiasme qu’il serait hypocrite de  rejeter sur les autres et que je contribue à propager.
** "Oui, c'est de l'anthropologie conjecturale, je sais.  Et c'est moi qui l'ai dit le premier".

jeudi 12 mars 2020

Lapins

 

J’allume la télé. J’apprends que dans l’île de Sein il y a plein de trous. C’est à cause des lapins, paraît-il.

jeudi 28 novembre 2019

"Gardez moi de mes amis"

 

Voici une invitation au séminaire de lundi prochain

Séminaire EHESS-IIAC-LACI

De l’humain animalisé au vivant humanisé

Séance du 2 décembre de 15h à 17h (salle 2, 105 bd Raspail 75006 Paris)

Sergio Dalla Bernardina  (IIAC-LACI EHESS)

"Gardez moi de mes amis" (l’amitié/homme animal, ses aspects émouvants,  ses implications opportunistes).


Depuis qu’on a compris à quel point les (autres) animaux sont proches de nous, l’anthropologie n’est plus la même. On raisonne en termes de collectifs, on s’adresse aux autres espèces comme à de véritables interlocuteurs, on s’excuse auprès des paysans et des « primitifs » de ne pas avoir compris, lorsqu’ils prêtaient aux bêtes des sentiments, des intentions, une conscience,  qu’ils avaient raison.  Attendris par cette découverte – voici  une bonne nouvelle dans la morosité ambiante -  les spécialistes des sciences humaines  multiplient les événements pour célébrer la « nouvelle entente », le « nouveau contrat ». Puisque la question animale est devenue un enjeu et, par là, un territoire à conquérir et à défendre, ils se disputent aussi  autour des méthodes et des postures légitimes (« Touche pas à mes animaux  … » « C’est moi qui les ai vus le premier »). On abordera la question suivante : est-ce que, au sein de tant d’enthousiasme, il y a encore une place pour  le regard éloigné? Peut-on rester ironique? Peut-on, sans devenir inaudible, sans se faire expulser de la chorale, mettre l’accent sur les aspects mesquins et instrumentaux de l’amitié homme/animal ?

mercredi 4 septembre 2019

Savoir-faire et sainteté




Lorsque j’étais enfant, en Vénétie, j’entendais des gens qui disaient (je traduis) : « Saint Pierre dit le vrai ». On jouait sur la rime entre « Piero » et « vero ». Parfois quelqu’un rajoutait : « Et sainte Anne dit le faux ». Là aussi on jouait sur la rime (« Anna » et « inganna »). Je me demande quelle créature méphistophélique peut avoir mis en circulation cette rumeur infondée, juste pour faire de l’humour. Toujours est-il que les saints sont extrêmement spécialisés. Si on a des problèmes de vue, inutile de s’adresser à Saint Martin de Tour, qui soigne les rhumatismes, il faut prier Sainte Odile.  Pour les maux de ventre le meilleur est peut-être Saint Brice, mais Sainte Émérentienne n’est pas mal non plus.
Pour réparer les chevaux on s’adresse à Saint Alar.

samedi 3 août 2019

Ce qui est vrai est sans prétention


Agneau présumé innocent

Plus j’y penseplus je réalise le potentiel subversif de l’adjectif « prétendu».

Exemple : « La prétendue innocence des agneaux »

mercredi 15 mai 2019

Les bienfaits de l’ Église


Image empruntée  à https://www.youtube.com/watch?v=_ueqDLLx8so


Voici deux nouvelles merveilles issues d'un examen d'ethnologie et concernant l’univers des chasseurs-cueilleurs.

1) « Les chasseurs-cueilleurs se sont sédentarisés avec le temps pour éviter de tuer trop d’animaux ».
2) « Les premiers hommes étaient des chasseurs-cueilleurs ; ils se déplaçaient donc pour trouver de quoi se nourrir tels un troupeau ou une meute ; les humains ressemblaient donc énormément aux animaux. Mais l’arrivée de l’Église a tout remis en cause ».

jeudi 2 mai 2019

Columba palumbus





Ce pigeon ramier  surpris à Brest, tout près de la poste, le 30 avril 2019, pèse entre 460 à 570 grammes. Son envergure est de 75 à 80 centimètres et sa longueur de 40 à 42 centimètres. Il a de faibles chances d’être anglais car « la population britannique ne quitte son île qu'exceptionnellement à l'occasion, rarissime, d'un enneigement prolongé ». Source : Wikipédia*

*Je suis le premier à reconnaître le faible intérêt de ces informations.

vendredi 10 août 2018

Du bon usage des sauterelles



Rien à signaler, ce matin. Tout juste cette sauterelle géante. Pourquoi l'ai-je rencontrée? Il y a sûrement une raison. C'est comme le rêve de l'autre jour : elle m'amène  un message que j'ai du mal à décoder.