Je l’ai toujours vu, ce chemin, mais, allez savoir pourquoi, je ne l’ai jamais parcouru. Ah oui, je sais pourquoi. C’est qu’il descend, alors que, lorsque je passe par là, c’est pour monter. Je m’y aventure donc pour la première fois, juste pour voir à quoi il ressemble.
Il descend beaucoup, effectivement. Je passe devant une ruine. Un panneau indique son nom : Bait del piciol (abri pastoral du Petit). Je songe à l’époque où le Petit, à la belle saison, logeait dans son abri face à un paysage somptueux, désormais caché par la végétation. Je pense aux temps forts du pastoralisme alpin et à sa géographie, tout aussi effondrée que le gîte du berger.
J’espère croiser un chemin pour remonter sans devoir refaire le même parcours. Je le trouve. Sur un panneau en bois, genre néo-campagnard, je lis : « Take off ». C’est quoi ? Un canular ? Je remonte en fredonnant dans ma tête « Take Five », dont je n'arrive plus à me débarrasser. À la sortie du bois, je perçois un endroit d’où partent les parapentes et je comprends.
Je tire de ma promenade la conclusion suivante : le sens des espaces alpins n’est plus le même, et il se décline en anglais*
* En fait, je fais le candide, mais j’en étais largement au courant
