lundi 12 avril 2021

Du sang dans les prés, mais pour la bonne cause

 

Les fauves reviennent et il est de bon ton de s’en réjouir. 

J’aborderai  ce thème mercredi prochain  à 18h dans le cadre des conférences  du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques.

Mon intervention s'intitule : 

"Les herbivores domestiques sous la dent des grands prédateurs : autour d’une compassion à géométrie variable".

On pourra la suivre en se connectant au lien suivant : https://zoom.us/j/94031306306

vendredi 9 avril 2021

Dominants et dominés chez les non-humains

 LUNDI 12 AVRIL de 15h à 17h

Séminaire "De l’humain animalisé au vivant humanisé"




Sergio Dalla Bernardina

La noblesse du prédateur (et la vulgarité de la proie)


La « lycolatrie » est à la mode. On loue la prestance des grands prédateurs, leur utilité, leur savoir-faire. On s’identifie à ces garants des écosystèmes, on justifie leurs incursions dans la sphère domestique,  on  pardonne leurs « bavures ». On finit ainsi par oublier les moutons qui, par définition, n’ont qu’une valeur pécuniaire.

 

 

 

 

mercredi 7 avril 2021

Touche pas à mon hibou

 



 

Avec quoi remplacer l’agneau pascal ? En parcourant le net je suis tombé sur cet échange édifiant en matière d’alimentation alternative* :

 

- Salut les gars, Avec des potes, on se demande si le hibou est comestible et quel goût a sa viande. Si vous avez    déjà testé et si vous avez des idées de recettes, je suis preneur !

 

-  Toi et tes potes vous devez être une belle brochette de cons.

 

- Je n'en veux pas personnellement aux hiboux, c'est une simple question relative à la gastronomie sylvestre.

 

- Bah ça doit avoir le gout de pigeon ou de faisan, j'en sais rien.

 

- Putain touche un hiboux je t'explose !!!!

 

* J’ai juste éliminé deux ou trois interventions pour faire plus souple.

dimanche 4 avril 2021

Le dessein intelligent


C'est le jour de Pâques. Je constate que la menthe, dans le jardin, a déjà poussé. Elle revient périodiquement à la même époque que les agneaux.
C'est une remarque atroce, je sais, digne de l'ogresse de "Hansel et Gretel".

vendredi 2 avril 2021

Je t’aime … moi non plus. À propos de notre amour pour les autres animaux


 

Moi aussi, à ma manière,  je suis un ami des animaux, mais je n’en fais pas tout un fromage.

A-t-on  déjà trop épilogué  autour des opacités de l’animalisme ? Ce n’est pas mon sentiment.  Je trouve au contraire que, en matière d'animaux,  l’angélisme est en train de s’infiltrer dans le monde académique et qu’il n’y a plus de place pour les rabat-joie*.

Cela me donne envie de citer un autre passage de « Zoophiles et ethnophiles. L’amitié homme-animal comme modèle de subordination » :

« En fait, sommes-nous vraiment sûrs que le grand charme de ces animaux ne réside pas, avant tout, dans leur “infériorité” ? Le discours sur “nos amis les bêtes », de ce point de vue, deviendrait à la fois un expédient pour narrer l’épopée d’une domestication réussie, pour “ontologiser” la distance homme/animal et les rôles asymétriques qui en découlent, pour se dédouaner vis-à-vis du vaincu, pour se complaire aussi dans une bienveillance exemplaire ». 

* Cf. à ce propos mon post du 13 juin 2020.

Sergio Dalla Bernardina, in L’éloquence des bêtes. Quand l’homme parle des animaux, Paris, Métailié, 2006, p. 71.

mardi 30 mars 2021

Nos amis les bêtes

 

 
Tentative de  communication interspécifique

 « Dans son exemple du chevalier mongol faisant corps avec sa monture, Canetti résume admirablement l’équivoque immanent à tout rapport de domestication : celui de prendre pour égalitaire, après l’avoir naturalisé, un lien de subordination. Et notre problème est peut-être le même : comment éviter que la démarche de l’ethnologue, dans ses implications psychologiques  et sociales, s’apparente à une entreprise de domestication ? Comment préserver l’autre de cette sympathie officielle, de cette politically correctness, qui règne dans les salles d’attente du vétérinaire ou aux diners-buffets du Club Méditerranée? Tout simplement en se réservant le droit de ne pas sympathiser avec lui, ce qui revient à lui reconnaître son statut de personne adulte et responsable ».

Sergio Dalla Bernardina, « Zoophiles et ethnophiles. L’amitié homme-animal comme modèle de subordination », in L’éloquence des bêtes. Quand l’homme parle des animaux, Paris, Métailié, 2006, p. 74.

samedi 27 mars 2021

Le propre de l’homme

 

 

Je ne sais pas si parmi les autres animaux il y en a qui, comme chez nous, affirment par principe le contraire de ce qu’on leur dit*. Mais ça m’étonnerait.  

* « Je suis d’accord avec toi mais … », « Mais où t ’as vu  ça ? », « Tu rêves ? », « Moi en revanche »,  "T'as rien compris", « Mon œil »  etc.)

lundi 22 mars 2021

Le chasseur chassé (mais il n’y a rien de drôle)

 



 

Mince, une autre victime de la chasse, je me dis en lisant ce tweet de la Fondation Brigitte Bardot. C’est un jeune homme de 22 ans. J’avance des hypothèses sur son identité : cycliste ? Bucheron ? Ramasseur de champignons ? Ah non, tiens,  c’est un chasseur. On aurait pu le préciser, quand même… Je pense au tweet du 8 janvier où Brigitte Bardot souhaite la mort par covid de tous les adeptes de la chasse à courre. Pourquoi alors déplorer  la mort de ce « jeune homme » ? Cela fait bien un chasseur de moins.

samedi 20 mars 2021

Empathie cognitive

Après les ethnographes, les zoographes. 

Vous en saurez davantage en suivant la prochaine séance du séminaire :

De l’humain animalisé au vivant humanisé (deuxième année : risques et avantages de la proximité ontologique).

Lundi 22 mars 2021 de 15h à 17h en webinaire :

en webinaire : lien de connexion : https://webinaire2.ehess.fr/b/gui-zas-zrq

pensez à utiliser Chrome de préférence


Vanessa Manceron (CNRS-LESC)


 

« Un certain régime d’attention. Les manières de connaître et de se relier aux oiseaux d’un zoographe amateur en Angleterre »


A suivre les naturalistes anglais au gré de leurs observations, on prend la mesure de la voie discrète mais consistante et singulière qu’ils ouvrent en ces temps d'aspiration à la relation au vivant. Avec leur réticence à parler de la nature au singulier car tout n’est que milieux, situations, évènements ; avec leur épistémologie qui n’est pas détachable d’une expérience personnelle et d’un cheminement tout au long de la vie qui engage profondément la personne et sa subjectivité ; avec cette idée qu’être un humain n’est pas s’arracher à la nature ou la considérer comme un segment du réel sur lequel exercer une influence mais avec lequel il convient de socialiser avec respect, les naturalistes amateurs filent une voie bien singulière. Cultivant l’empathie cognitive pour aller plus loin que possible en direction d’une vie autre, ils s’immergent, entrouvrent le rideau, à l’instar de Robin, dont nous allons décrire les pratiques d’observation déroutantes des Buses variables qui, sans renverser l’ordre naturaliste des choses, permettent d’en dire autre chose.

mercredi 17 mars 2021

Faits divers périurbains

 

 

Il y a plusieurs types de loups.  Ceux qui bouffent des moutons anonymes au nom de la biodiversité, par exemple, et ceux, moins connus, qui avalent des « individus »*. Bien que nombreux, ces faits divers périurbains passent presque inaperçus.    

« On ne connaît pas l’ identité des tueurs mais on connaît les noms des victimes - j'écrivais il y a quelques temps  - : Bri, une bastardina (« petite bâtarde ») enceinte qui quitte, joyeuse, ses propriétaires, rentre dans le bois et se fait croquer par les loups. Arturo, un autre chien de petite taille, kidnappé dans la bassecour et dévoré un peu plus loin ; de lui, quelques heures plus tard, on ne retrouvera plus que la queue, un œil et une mandibule. Daù, un âne de quatre ans, prélevé à l’ intérieur de l’enceinte de protection, sorti manu militari sur la route et consommé sur place, comme dans un self-service. Puis, sans parler des innombrables vaches, chèvres et moutons, il y a toute la série des ânesses. Si elles sont gravides, c’est encore mieux. Les prédateurs se limitent à manger leurs entrailles, notamment s’ ils sont pressés, et abandonnent le reste aux photographes ».  (Extrait de Faut qu’ça saigne, Écologie, religion et sacrifice, Éd. Dépaysage, 2020, p.  61-62)

* À savoir des créatures aussi attachées à leur maître que le sont notre chien ou notre chat.

dimanche 14 mars 2021

La joie d’avoir des fourrures

 


C’est un souvenir très ancien.  Pour le cours de sciences naturelles, la maîtresse nous avait amenés chez un fourreur. Il exerçait chez lui, dans un petit appartement en centre ville. Après un bref discours, il a sorti d’un gros sac des chutes de fourrure de toutes sortes. Tout le monde a pu en bénéficier. Je suis rentré à la maison avec  un trésor : des échantillons  de vison, de castor, d’astrakan, de rat musqué,  d’agneau, de renard, de taupe et même d’ocelot. J’étais heureux et j’ ai gardé cette collection pendant longtemps.

vendredi 12 mars 2021

Chien qui mord n’aboie pas

 


« Avec Joe Biden, c’est le retour des chiens à la Maison Blanche et ce n’est pas un détail »,  lisait-on dans La voix du nord du 8 décembre 2020.

Mais Major, par la suite,  a montré avoir trop de mordant  et il a fallu le renvoyer. S'agirait-il d'un mauvais présage?

mercredi 10 mars 2021

De l’intérêt d’être sauvage


 

Le qualificatif de sauvage, autrefois, était une insulte.  C’est de moins en moins le cas.

 

Je développerai ce sujet  jeudi prochain,  dans le cadre  de la conférence suivante : 



agenda

jeudi 11 mars 2021 à 20:15

Des « bons » et des « mauvais » parmi les sauvages

Conférence de Sergio Dalla Bernardina, professeur d’ethnologie à l’Université de Bretagne Occidentale

La notion de wilderness (nature sauvage) renvoie à la celle de pureté. Elle revêt un caractère à la fois moral et politique. Les parcs, les forêts, les pâturages alpins, deviennent ainsi le théâtre d’une lutte pour la crédibilité sociale qui passe par la gestion du discours sur la nature.

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Cette conférence se tiendra sur notre chaîne Youtube, sans inscription préalable.

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Voici le lien : https://www.youtube.com/MENMuseeethnoneuch

lundi 8 mars 2021

Diplomatie arctique

 

 


Sedna, déesse des profondeurs marines

 

Formule pour faire venir les animaux de chasse.

« Animal de la mer, viens et offre-toi de grand matin ».

« Animal de la steppe, viens et offre toi de grand matin » .

Ces prières païennes, si simples - écrivait Knud Rasmussen autour de 1925 -  sont pour l’Esquimau des paroles sacrées. Elles paraitront peut-être puériles à certains. Mais ceux qui sont insensibles à la dévotion et à la beauté qu’elles expriment, ne comprennent pas non plus ce que c’est de se sentir petit devant une nature puissante ”. Knud Rasmussen, Du Groenland au Pacifique, deux ans d'intimité avec des tribus d'esquimaux inconnus, Paris, CTHS, 1994,  p. 198.

vendredi 5 mars 2021

Oiseleurs sénégalais

Aujourd'hui on les qualifierait de braconniers (c'est dire si on s'améliore).

 

Prochaine séance du séminaire
 

De l’humain animalisé au vivant humanisé (deuxième année : risques et avantages de la proximité ontologique).

Lundi 8 mars de 15h à 17h en webinaire :

en webinaire : lien de connexion : https://webinaire2.ehess.fr/b/gui-zas-zrq

pensez à utiliser Chrome de préférence



Julien Bondaz

L’avifaune « coloniale ». Oisellerie, ornithologie et brouillages ontologiques


La circulation des animaux destinés aux parc zoologiques européens dans le contexte colonial suscite des études toujours plus nombreuses, tandis que la marchandisation des oiseaux d’agrément reste méconnue. Dans le cadre d’un vaste projet de recherche international et interdisciplinaire intitulé PuNaCA (« Putting nature in a cage: an interdisciplinary research program on aviaries »), je m’intéresse aux imbrications entre les pratiques marchandes et la construction des savoirs ornithologiques en situation coloniale ainsi qu’aux formes d’embrigadement des oiseaux dans la propagande impériale. En présentant le cas d’une catégorie instable et hybride, « les oiseaux du Sénégal », il s’agit de montrer comment l’avifaune s’est retrouvée capturée, appropriée et au final colonisée, fournissant autant de métaphores pour penser les formes de violence coloniale.


Julien Bondaz est ethnologue, maître de conférences au département d’anthropologie de l’université Lumière Lyon 2. Il est membre du Laboratoire d’anthropologie des enjeux contemporains (Université Lumière Lyon 2) et chercheur associé au Centre Alexandre Koyré (UMR 8560, EHESS-CNRS-MNHN). Après avoir mené des enquêtes ethnographiques sur plusieurs musées et parcs zoologiques ouest-africains (L’exposition postcoloniale. Musées et zoos en Afrique de l’Ouest, Paris, L’Harmattan, 2014), il a notamment développé des recherches historiques sur les pratiques de collecte en contexte colonial. Il est par ailleurs l’un des quatre porteurs du projet PuNaCA (« Putting nature in a cage: an interdisciplinary research program on aviaries »).

mardi 2 mars 2021

Strawberry fields forever (à propos du fruitarisme)

 



En retard sur l’actualité,  je viens juste de découvrir l’existence du fruitarisme, « pratique alimentaire végétalienne fondée sur la consommation exclusive de fruits » (Wikipédia).  C’est puéril, je sais, mais ça me donne envie de réagir.

dimanche 28 février 2021

La promenade des sangliers

 


Sanglier parisien (je l’ai immortalisé dans le quartier des Batignolles avant l’émergence de la pensée animaliste). Image tirée de mon ouvrage La langue des bois. L’appropriation de la nature entre remords et mauvaise foi, Paris Muséume d’Histoire Naturelle, 2020)

 

Tout le monde semble s’occuper des sangliers, cette année, et de leur souhait de vivre avec nous. Mais le problème n’est pas récent. Si à  Nice, en profitant de la pandémie, ces suidés omnivores se  reproduisent joyeusement, à Gènes, comme je le soulignais il y a dix ans, ils cohabitent peinards avec la partie la plus éclairée de la population urbaine. Et cette amitié interspécifique est  loin d’être la seule : 

“Nouveaux « mendiants » - j’écrivais -  les sangliers circulent en ville, nourris de spaghetti par des gens compassionnels.  Les ours polaires sont soignés par des dentistes alors que les chats et les chiens, encore plus proches de l’homme qu’ils l’étaient auparavant,  vont chez le psychologue et prennent du Prozac. Las de vivre dans les bois,  les piverts s’installent dans les maisons secondaires et creusent des trous dans les fenêtres  « à l’ancienne » (c’est ce qu’on appelle la multipropriété : lorsque les humains s’absentent les pivert réaménagent).  Grâce à la médiation des chiens  « Patou », le loup habite déjà ou presque avec l’agneau. Le paysan, dûment apprivoisé, ne s’oppose plus à l’ensauvagement  de ses terres (ici et là, il faut l’avouer, on trouve encore quelques poches de résistance, mais avec l’aide d’un bon négociateur …). Habillé en « vrai paysan » pour être plus photogénique,  faute de cultiver des terres de plus en plus en friche, il cultive son image et apprend aux touristes, qui le remplaceront bientôt (on les appellera les néo-ruraux), ses savoir-faire  ancestraux”. (Sergio Dalla Bernardina, Le retour du prédateur, Presses universitaires de Rennes, 2011), p. 122.

jeudi 25 février 2021

D’un curé à l’autre (écologie et biopouvoir)

 


Je trouve  indispensable que les écoliers qui le souhaitent puissent avoir droit à un menu végétarien.  L’idée  d’une journée hebdomadaire sans viande me paraît tout aussi judicieuse (autrefois c’était le vendredi). Tout dépend de l’identité de celui qui la propose et de ses motivations.

mardi 23 février 2021

Têtes de morts et autres reliques


Blaireau marseillais. Cliché : Sergio Dalla Bernardina

 Les morts se vengent, parfois. A-t-on donc intérêt à garder des trophées dans sa maison ?

C’est le thème que je vais développer jeudi prochain, à14h15,  dans le cadre du colloque :

Bio art before Bio art
The living as cultural expression
25th and 26th February 2021
Organisation by:
University of Paris 1, Panthéon Sorbonne, Paris (France):
OLGA KISSELEVA,
European University Viadrina, Frankfurt an der Oder
(Germany): KLAUS WEBER,
Centre Marc Bloch, Berlin (Germany): JULIO VELASCO.


C’est le thème que je vais développer jeudi prochain dans le cadre du colloque.

Voici le lien :

https://us02web.zoom.us/j/87968808253?pwd=eUliQmxKQ2Q0c0NCTnVuY1ZSUklmQT0

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samedi 20 février 2021

Ne jetons pas Freud avec l’eau du bain

 

 

À l’époque de Freud on se lançait dans des parallélismes aujourd’hui inconcevables. Parfois ça sonnait très bien :

« L’attitude de l’enfant à l’égard des animaux présente de nombreuses analogies avec celle du primitif. L’enfant n’éprouve encore rien de cet orgueil propre à l’adulte civilisé qui trace une ligne de démarcation nette entre lui et tous les autres représentants du règne animal. Il considère sans hésitation l’animal comme son égal ; par l’aveu franc et sincère de ses besoins, il se sent plus proche de l’animal que de l’homme adulte qu’il trouve sans doute plus énigmatique ». Sigmund Freud, Totem et Tabou, Paris, Petite Bibliothèque Payot, 1971, p. 146-147.

jeudi 18 février 2021

De la part de qui ?

 


J’aime recevoir des commentaires anonymes, ils me permettent de tester mon flair : « Ah celui-ci, avec sa prose travaillée …  doit être untel. Et celui-là, avec son style lapidaire, est probablement ... ».  Je serais encore plus heureux, cependant, si les interlocuteurs anonymes, sans trahir leur identité,  choisissaient un pseudonyme.

mardi 16 février 2021

Être Furry aujourd'hui

 

J'ai appris depuis peu l'existence des Furries, des citoyens paisibles (loin des Berserkir et des Loups-garous)  s'identifiant à un animal anthropomorphe. Malgré leur gentillesse, ils n'auraient pas plu à Saint Augustin.  

« Pendant ces jours exécrables » écrivait le théologien à propos des calendes de janvier, « certains hommes aux mœurs déplorables et, ce qui est encore plus grave, certains hommes baptisés, changent leur aspect ordinaire pour prendre des formes monstrueuses, certains s’habillent avec des peaux d’animaux, d’autres mettent sur leur têtes les têtes de ces animaux, en montrant qu’ils ont l’apparence et le cerveau d’une bête, et qu’ils sont vraiment sans discernement »*

* Cité par Dominique Lajoux, Maschere animali e cortei mascherati d’inverno, in  (Piercarlo Grimaldi éd), Bestie, santi, divinità, Maschere animali dell’Europa tradizionale, Torino, Museo Nazionale della montagna Duca degli Abruzzi, Cahier museomontagna n. 137, 2003, p. 61.

dimanche 14 février 2021

Pas de record pour le vétéran

 



On l’appelle le Vieux. Le requin de Groenland peut vivre jusqu’à 400 ans, voire plus. S’il meurt avant, c’est qu’il en avait marre. Tout comme certains vétérans de notre espèce. Ils sont optimistes, gaillards, ils pourraient vivre jusqu’à cent ans.  Mais on les a tellement déçus, grondés, exaspérés*, qu’ils profitent de la première hospitalisation pour se laisser mourir.

 

* En italien j'aurais utilisé le verbe ricattare qui correspond au français  "faire chanter".

jeudi 11 février 2021

Pour une réhabilitation des oies

 


« Stupide comme une oie », dit-on en Italien. C’est un dicton injustifié, vue  la sagacité notoire des oies (comme celles du Capitole, par exemple). Mais j’ai appris cette formule lorsque j’étais tout petit et je n’arrive pas à m’en débarrasser. Si bien que - émigré en France - lorsque j’entends parler d’un « projet de loi » je me demande : « Qui est l’oie à l’origine du projet ? ». C’est un automatisme imbécile, je le reconnais, mais ce soir je n’ai rien de mieux à raconter.

mardi 9 février 2021

Toujours autour des distances (après trois heures de débat sur les frontières ontologiques)

 

Plus on reconnaît qu’un chien a des sentiments, une conscience, un sens de la morale, plus on a des attentes à son égard. Et c’est réciproque.   On peut décevoir son chien et on peut en être déçu. L'idéal, dans ces cas, est de  se quitter à l’amiable.

samedi 6 février 2021

Le retour du sacré? Annonce et lien


Prochaine séance du séminaire

UE446 - De l’humain animalisé au vivant humanisé (deuxième année : risques et avantages de la proximité ontologique).

Lundi 8 février de 15h à 17h

voici le lien https://webinaire2.ehess.fr/b/gui-zas-zrq

Sergio Dalla Bernardina

Le crucifix comme trophée


« Avançons alors une hypothèse qui reste très proche de la fabulation. Je me demande si, entre la disparition des crucifix, de moins en moins « présentables » dans une société sécularisée, et l’ arrivée en masse des animaux taxidermisées, il n’y a pas une corrélation : une place était prévue, sur les murs des maisons, pour exposer quelque chose qui va au-delà du simple artefact, un objet qui n’est pas un simple objet, doué d’une force, d’une agentivité spéciales. Un objet à mi-chemin entre l’ ici et l’ ailleurs. Cette place, le crucifix l’ a quittée, le trophée l’a récupérée ». Extrait de Faut qu’ça saigne. Écologie, religion, sacrifice. Essai d’anthropologie conjecturale,  Éd. Dépaysage, 2020, p. 38.

jeudi 4 février 2021

Questions de distance (de la bête au non-humain)

 

 

Plus la science progresse, plus la distance entre les humains et les non-humains semble se réduire.

 

J’en profite pour annoncer le séminaire  « Ruralités contemporaines en question (s) » de lundi prochain :

8 février 2021 de 10h à 13h

Réflexions sur les ontologies à partir de la publication de l’ouvrage collectif,

 

De la bête au non humain. Perspective et controverse autour de la condition animale, Sergio Dalla Bernardina (éd.), Paris, CTHS, 2020


• Intervenants : Sophie Bobbé, Michèle Cros, Frédéric Saumade,
• Présentation :
Sergio dalla Bernardina, ethnologue

 

Lien webinaire :

 

https://webinaire.ehess.fr/b/bob-kvx-zfn

 

Ce séminaire sera suivi, l'après-midi, par le séminaire  "De l'humain animalisé au vivant humanisé" dont l'annonce est  imminente.

lundi 1 février 2021

La part du diable : anthropocène et bonté

 

 

Collage extrait de mon ouvrage : Faut qu’ça saigne. Écologie, religion, sacrifice*.

Le sadisme, la nécrophilie, … nous sommes tous psychanalystes lorsqu’il s’agit de commenter les motivations profondes du vivisecteur ou du chasseur. Nous cessons de l’être, en revanche, lorsqu’il s’agit d’interpréter les mobiles des militants pour la cause animale. Je développerai ce raisonnement mercredi prochain, 3 février, à partir de 15h55 (en principe), dans le cadre du Colloque du IIAC Mondes en rupture, monde inventifs. Voici le lien pour ceux qui voudraient jeter un coup d’œil : 

 

https://zoom.us/j/98608675072?pwd=L2wwS21KVnhnS1ZkNVBmbjZBWE0wQT09


* Éditions Dépaysage, 2020

vendredi 29 janvier 2021

Errare humanum est (et Castrare aussi)

 

C’est une bonne nouvelle, vraisemblablement, qui justifie le sourire de Monsieur Dombreval (en haut à gauche dans l’image). Le bon sens, la rationalité  scientifique et la bonté triomphent.

Je pense au sourire tout aussi extasié du chat errant :  « Finalement, se dit-il, quelqu’un qui s’occupe de moi »*.

* C’est vrai que la manière la plus immédiate pour « errare », dans la tradition médiévale (et, dans certains milieux, jusqu'à nos jours)  était de s'accoupler.