De retour à Brest j’approche de la fenêtre. Maurice arrive. Pas un seul geste pour exprimer sa joie de me revoir. Nous sommes loin d’Argos, le chien d’Ulysse. Nous sommes loin de Stasi, la chienne de Konrad Lorenz**. J’ouvre la fenêtre et je lui passe un morceau de pain. Il l’avale d’un mouvement sec et presque mécanique. Je lui en livre un deuxième. Pareil. Il fait le plein et il s’en va.
Je pense qu’il me prend pour un automate. Ou, plus précisément, pour un distributeur automatique.
*Ils n’ont pas dit exactement ça, je le sais, mais on a pris l’habitude de faire comme s’ils l’avaient dit.
** D'une exubérance excessive que je qualifierais de latine, si je ne savais que c'était une bergère allemande.


