mercredi 2 avril 2025

Cornuto e mazziato (Cocu et battu) - à savoir : le droit d'être cité

 


Les  auteurs qui  tiennent à revendiquer la paternité de leurs idées, ou l’ancienneté de leurs recherches dans un certain domaine, sont souvent taxés de narcissisme. C’est méconnaître l'univers académique. Les chercheurs en sciences humaines et sociales ne gagnent pas un rond avec leurs ouvrages. Les chemins qu’ils ont inaugurés (en même temps que d’autres peut-être, mais en tant que pionniers), sont leur  seule fierté. Leurs trouvailles  sont leurs créatures et donnent un sens à leur vie. C’est pourquoi, lorsqu’ils voient  chez le libraire un bouquin consacré aux thèmes qui leurs sont chers, ils se précipitent sur la bibliographie.  « Ce n’est pas vrai, il/elle ne me cite pas », «  Ce n’est pas possible, elle/il ne cite que mes contributions marginales ». Incapables d’accepter la vérité, à savoir que si on ne les cite pas c’est que leurs travaux ne le méritent pas, ils sombrent dans le complotisme. S'installe alors chez eux le soupçon d’avoir fait l’objet d’un pillage ou d’un refus d’accepter la controverse scientifique.

L’attitude que je viens de  définir est souvent qualifiée  de « paranoïaque ».  C’est oublier  que dans le monde de la recherche, comme dans certains établissement religieux, les gens de bien ne manquent pas, mais il y a aussi des prédateurs. Ces prédateurs ont des complices qui contribuent, par leur silence,  à la prospérité de la meute.

lundi 31 mars 2025

Pacifistes

 



- Maurice, arrête de taper à la fenêtre. C’est mon maquereau, pas le tien.

- (Boucan d’enfer et cris de bravache à la limite du supportable).

- Maurice, laisse-moi manger en paix, je te supplie.  Que veux-tu en échange?

- Le Groenland.

vendredi 28 mars 2025

À propos des savoirs naturalistes populaires

 


Glacier de la Marmolada

J’ai peut-être déjà raconté cette histoire. C’est à l’époque où je menais mes enquêtes sur les chasses traditionnelles dans les Préalpes de Vénétie.  Mes informateurs, occupés à m’expliquer le fonctionnement  d’un filet pour le piégeage des  petits oiseaux, reçoivent un appel téléphonique.  On leur signale que dans le glacier de la Marmolada, comme tous les printemps,  la neige commence à fondre. On m’embarque dans une voiture et, une heure plus tard, on est sur les derniers tournants qui mènent aux pieds du massif. La route est propre mais bordée par des parois de neige. On y  aperçoit des fissures d’où jaillit l’eau du dégel. Mes complices (dans le sens que, à ce moment là, je deviens leur complice) posent  des épuisettes  à la sortie des trous. Tous les vingt-trente secondes, une grenouille apparaît  et s’enfonce dans l’épuisette. La récolte est bonne et rapide. On remonte dans la voiture et on repart. En route, pas de commentaires. On s’arrête à mi-chemin, chez une dame souriante qui nous fait signe d'entrer sans rien dire et  nous dirige vers sa salle de bain.  Les cueilleurs versent leur butin dans la baignoire. Les bestioles se mettent à  grenouiller montrant à tout le monde leurs ventres multicolores.

Le glacier de la Marmolada est en train de se dessécher. D’ici vingt ans il aura disparu.

mercredi 26 mars 2025

Pour qui écrivent les ethnologues ?

 

L'ethnologue avec son informateur privilégié

Les ethnologues écrivent pour leurs pairs, bien entendu,  pour eux mêmes, pour leurs informateurs* et  pour « un plus large public » (définition vague, cette dernière, qui réunit dans une même catégorie des individus aussi hétérogènes que l’abonné du Club du livre, notre voisin de palier ou le Ministre de la culture). Ils ont des interlocuteurs officiels mais également, comme on le découvre en lisant le journal de  Malinowski ou celui de Leiris, des interlocuteurs  intimes**. À l'ombre de  chaque  ethnologue se cache une Dulcinée (ou un Dulciné)  qui inspire ses prouesses. Ce « tu » à qui il/elle s'adresse de façon clandestine constitue un point aveugle  dans l’analyse du texte ethnologique ***.

* Ou à la place de leurs informateurs, pour leur restituer la parole. Le terme « informateur » est désuet et plein d'harmoniques désagréables, je le sais. 

** Très précieuse, à ce sujet, la version d'Afrique fantôme éditée par Jean Jamin  incluant  dans le document la correspondance de Michel Leiris pendant la rédaction du manuscrit ( Miroir d'Afrique, Quarto Gallimard, 1996)

*** J’aborde la question du « moi » du chercheur dans : « Je interdit ». Le regard presbyte de l’ethnologue, in (Georges Ravis-Giordani éd.), Ethnologie(s). Paris, CTHS, p. 18-40

samedi 22 mars 2025

Le choix du sujet (l'auteur et son œuvre)

 

)

Amanda Ba, American Girl, American Bully, American Bomb. Image tirée de : https://www.artribune.com/arti-visive/arte-contemporanea/2025/03/chi-pittrice-amanda-ba/*

 

Freud est passé de mode, paraît-il, mais il a laissé son empreinte dans notre manière de raisonner. Désormais, nous admettons  que des motivations  inconscientes  puissent être à l’origine d’un comportement, d’un hobby, d’une vocation. Cela  nous incite – je le rappelle souvent – à faire de la psychanalyse à bon marché. Le chasseur à beau déclarer  « Je vais à la chasse parce que j’aime la nature ». On fait semblant de le croire mais on se dit « Non, mon cher, tu vas à la chasse parce que tu aimes ça, à savoir le moment excitant de la mise à mort d’un animal». Cela vaut aussi pour le gynécologue. Il a beau affirmer « J’ai choisi ce métier pour me rendre utile ». On fait semblant de le croire mais on se dit « Non, mon cher, tu as choisi cette branche spécifique de la médecine parce que tu aimes bien ça ». Et nous savons tous ce que «ça» veut dire.

 

Chez certains artistes, parfois, la motivation occulte est tellement explicite qu’elle n’a plus rien d’inconscient, ce qui nous empêche de faire de la psychanalyse à bon marché.

 

Est-ce que lorsqu’on peint des sujets à caractère zoophile on est forcément zoophile ?

 

Est-ce que  lorsqu'on travaille depuis longtemps sur  la « bonne mort animale » et   les mises en scène qui l’entourent on est forcément nécrophile ?**

 

* L'image que j'ai retenue pour illustrer mes propos est la moins « zoophilique » de la série.

 ** Mon article  « Une Personne pas tout à fait comme les autres. L’animal et son statut » (L’Homme n°120), date de 1991.


jeudi 20 mars 2025

L ‘art de vivre (et de bien manger)

 

Je cherche sur Wikipédia des informations concernant le  barbecue. J'aimerais trouver une réponse à la question suivante :  est-il vrai que  le mot barbecue est d’origine  arawak ?  Et est-il vrai que les Arawaks pratiquaient le cannibalisme ? Dans la description de cette technique de cuisson  une formule récurrente attire mon attention :

 

- En Russie, dans le Caucase et en Asie centrale, le chachlyk [à savoir le barbecue] est un art de vivre.

 

- Chez les Turcs, cette façon de cuire des aliments est appelé mangal, et fait partie de l'« art de vivre » des Turcs.

 

-  Dans les pays arabes, cette façon de cuire des aliments est appelée chouae et fait partie de l'« art de vivre » des Arabes, notamment des nomades et ruraux.

 

Chez nous c’est pareil. Il suffit de se rendre dans une grande surface, rayon barbecue, pour réaliser à quel point nous avons la fibre artistique.

mardi 18 mars 2025

La Ruée vers l’or blanc et ses effets collatéraux


 

Il y a un trentaine d’années, je m’en souviens,  la mort d’un skieur hors-piste faisait la une des journaux et déclenchait plein de reportages. Maintenant les accidents de ce genre  sont tellement nombreux que cela nous paraît presque normal.

dimanche 16 mars 2025

Deux poids et deux mesures (à propos du prix Nobel)


 

 Nicolas Poussin (1594-1665). L’armée d’Hannibal procédant à l’annexion de la Gaule Cisalpine.

On reproche à la Fondation Nobel d’être partisane. Ce n'est pas injustifié :  elle prévoit un prix Nobel pour la paix, mais pas de  prix Nobel pour la guerre*.

 

* Ne serait-ce que commerciale.

vendredi 14 mars 2025

Les races animales et le droit international

 

 


Dans son ouvrage Patterns of Culture, Ruth Benedict soulignait la variabilité  des « personnalités de base » propres aux différentes cultures. Chaque culture a son « éthos » et le transmet d’une génération à l’autre. La personnalité idéale d’une société peut aussi varier selon les époques. En héraldique, elle est souvent symbolisée par un animal, qui devient une sorte de « totem ».  Mussolini  aimait dire : « Mieux vaut vivre un jour comme un lion, que cent ans comme un mouton ».

 

Aujourd’hui, s'identifier au  lion et en être fier revient à la mode*.

 

* Et si vous n'êtes pas d'accord avec moi, la semaine prochaine je vais occuper le Groenland et le Canada.

mercredi 12 mars 2025

Le papa de la chienne (souvenir d’automne)

 


Quelque part dans les Alpes, il y a une dizaine d'années. Il fait froid. On se promène dans le bois à la recherche des derniers champignons. Mes amis ont une chienne très élégante d’origine teutonique dont  j’ai oublié le nom. Son maître l’appelle :

 

 - Viens ici, ma chérie, reste auprès de ton papa.

 

La chienne s’en fiche et on continue la promenade. Après un court silence, le maître s'arrête et me dit :

 

- Il y a une semaine, je l’ai appelée comme ça devant des gens qui passaient. Ils  nous ont regardé d’un air malin, comme pour dire : « Voilà un couple qui n’a  pas d’enfants ». Mais nous avons des enfants. J’étais sur le point de les poursuivre pour leur dire qu'ils se trompaient. Finalement ... j’ai laissé tomber.

 

On reprend la marche en méditant.

 

- Eh oui, je réponds, les gens sont comme ça. Ces champignons, quand même …  il a fait trop sec, je crois.

lundi 10 mars 2025

Être/avoir un grain

 




Je suis un grain de riz de la plaine du Pô. Suis-je BIO? J’en doute. En tout cas ce n’est pas grave …  je veux dire,  pour les humains. D’ici quelques jours, vraisemblablement,   je serai bouffé par des flamands roses, espèce protégée qui neutralise, par endroits,  80% des récoltes.  

Ces agriculteurs, quand même … ils cultivent du riz non-BIO sans se soucier de la santé des  flamands roses. C’est criminel !

samedi 8 mars 2025


Ruralités contemporaines en question(s)
 
LUNDI 10 MARS
de 11H00 à 13H00
de préférence en présentiel (salle AS1-23, 54 boulevard Raspail, Paris)
mais possiblement en distanciel


Véronique DASSIÉ (anthropologue, chargée de recherche CNRS, Cergy Paris Université, directrice de l’UMR Héritages :Culture/s, Patrimoine/s, Création/s), Les forêts entre centralité et périphérie (présentation : Sergio Dalla Bernardina)

En espérant vous y retrouver,

Pierre Alphandéry
Sophie Bobbé
Sergio Dalla Bernardina
Maxime Vanhoenacker
Christophe Baticle

    Monts D'Arrée, cliché SDB

Véronique Dassié

 

Les forêts entre centralité et périphérie 

 

En Europe, les forêts sont envisagées de longue date comme des lieux périphériques, de la marge et des frontières. Une forme de hiérarchisation des terres, du cultivé au sauvage, semble les avoir inscrites dans une relation concentrique aux espaces habités européens, entre le saltus gallo-romain et la silva royale de l’ancien régime, loin des préoccupations des êtres humains civilisés. Pourtant, elles occupent aujourd’hui le devant de la scène des préoccupations environnementale et font l’objet d’attachements renouvelés. Elles deviennent centrales dès lors qu’il s’agit de penser « la nature ».

Ma communication reviendra sur cette oscillation entre périphérie et centralité forestière en analysant les conflictualités et tensions patrimoniales qu’elles suscitent aujourd’hui et la manière dont les ethnographes ont traité ces espaces avant d’en faire un nouvel objet d’attention.

vendredi 7 mars 2025

Des territoires et des terres rares

 


En matière d’alimentation animale, manifestement, Phèdre avait une bonne marge de progression. Sur l'arrogance des puissants, en revanche, il avait les idées très claires.

 

LA GÉNISSE, LA CHÈVRE, LA BREBIS ET LE LION.

 

« S’associer avec un puissant n’est jamais sûr ; cette fable va prouver ce que j’avance.
La Génisse, la Chèvre et la patiente Brebis firent dans les bois société avec le Lion. Ils prirent un cerf d’une grosseur prodigieuse ; les parts faites, le Lion parla ainsi : « Je prends la première ; parce que je m’appelle Lion ; la seconde, vous me la céderez, parce que je suis vaillant ; la troisième m’appartient, parce que je suis le plus fort ; quant à la quatrième, malheur à qui la touche ! »
 

C’est ainsi que, par sa mauvaise foi, il resta seul maître du butin ». (Fables, Livre I)

 

Est-ce que la génisse, la chèvre  et la brebis, en acceptant le deal,  arriveront à sauver leur peau ? C’est tout ce qu’on peut leur souhaiter.

mercredi 5 mars 2025

Des murènes et des aventuriers

 

J'ai emprunté cette photo à La Repubblica, il me semble, ou au Corriere della Sera.

 Les murènes sont en haut à droite.

On a découvert une nouvelle salle à Pompéi, d’un beau rouge pompéien. Elle est consacrée   à Dionysos. On y voit du gibier. Sur les photos on aperçoit même  des murènes.

 

J’étais en Corse, sur un rocher qui émergeait à peine de la mer, les pieds dans l’eau. À côté de ma cheville j’ai aperçu un joli ruban aux reflets dorés. Je n’ai pas bougé. Il s’est éloigné doucement en serpentant.

 

Les Romains appréciaient les murènes. Personnellement, je ne les trouve pas très appétissantes. Je préfère les anguilles -  et de loin - voire même les congres. Ce qui est beau, chez les murènes, c’est qu’elles permettent de se donner des airs :

 

« Moi, chers amis, j’ n’ai jamais rencontré d’ours, ni de loups.  Mais j’ai rencontré une murène. J’étais en Corse, sur un rocher qui émergeait à peine de la mer, les pieds dans l’eau … »*.

 

* Variante : « La murène était devant moi. Impériale. On s'est regardé dans les yeux. On s'est compris ».


lundi 3 mars 2025

Rêveries




Franz Marc, (1880-1916). Chat

- Certes que ces chats dorment sans arrêt.

- C’est marrant des animaux qui existent essentiellement pour dormir. Qui se réveillent juste pour tuer, et après ils se rendorment pour faire des rêves de tueries. Ils doivent avoir eu un comportement exemplaire dans leur vie antérieure, mes chats. Parce qu’ils ont vraiment une vie de roi.

- Parfois je me demande si les morts rêvent. Et  ils rêvent de quoi
, éventuellement? D’un au-delà de l’au-delà ?

samedi 1 mars 2025

Sortir du troupeau

 

Je profite de ma visite de l’année passées à l’exposition « Chasse pêche, nature » à Longarone (Vénétie) pour alimenter mon blog . Le stand des taxidermistes était remarquable

 

Egregio Cavalire, Egregio Avvocato, Egregio Presidente ...

 

C’est comme ça qu’on s’adresse aux autorités, en italie, en signe de respect.

Egregio vient du latin egregius et indique « celui qui sort du troupeau ».

 

Lorsqu’on croise un chevreuil albinos on ne lui dit pas « Egregio capriolo », mais on aurait le droit. Lui aussi, manifestement, « sort du troupeau ».

Les adeptes du safari-photo adorent les albinos.  Les chasseurs un peu moins. Ils prétendent  que tuer un albinos porte malheur.

Quelqu’un m’a raconté qu’Ernest Hemingway, à la fin de sa carrière de  chasseur, a tué un albinos (un tigre ? une panthère ? peu importe). Ça ne lui a pas porté beaucoup de chance.  Mais c’est une rumeur, peut-être.

 

vendredi 28 février 2025

Nuits brestoises (questions d'accent)

 

Pêcheurs nocturnes sur la jetée du port de commerce (Cliché SDB)

 

Pêcheurs ou pécheurs ? Je ne me souviens jamais, il me faut  à chaque fois vérifier dans le le dictionnaire.
La nuit, en tout cas,  les frontières s’estompent.

mercredi 26 février 2025

Le chasseur occidental entre animisme et naturalisme

 

 


Àne/Coq (1996). Dans notre for intérieur, la frontière entre les êtres n’est pas si  marquée qu’on le prétend officiellement. C’est ce que nous montre l'artiste allemand Thomas Grünfeld  par ses animaux chimériques.

Rentré à la maison, l’autre soir, je me suis rendu compte que dans mon intervention au séminaire  “Ruralités contemporaines en question(s)” annoncée dans le billet précédent  je n’ai fait que répéter ce que j’avais écrit dans un article de 2016 (et ailleurs).

Je redis toujours les mêmes choses, finalement,  et après, pour des raisons qui m'échappent,  j’oublie. Voici un passage qui résume en bonne partie mon point de vue sur les ontologies en Occident :

« La chasse telle qu'elle se donne à voir dans les récits et dans les témoignages iconographiques de la tradition occidentale, est manifestement un jeu sur les statuts ontologiques. L'incertitude, le chevauchement des catégories, ne sont pas des bavures, des lapsus, ce sont les éléments constitutifs  d'un horizon fictionnel où le réel et l'imaginaire semblent pour un instant converger.  Élevé au sein d'une vision du monde "naturaliste", le chasseur sait bien que le sanglier n'est pas son rival, qu'une biche n'est pas une femme, que les lièvres n'ont pas des jambes mais des pattes. Il sait bien qu'il n'est pas un  homme préhistorique, ni le mâle dominant d'une meute de loups, ni  une caille en chaleur. Sur le plan cognitif, les frontières sont claires. Mais la "machine cynégétique", cet hybride rhétorico-sensoriel, lui permet d'accéder, par le jeu des métamorphoses, au plaisirs interdits et "cannibales" de poursuivre, posséder, anéantir, incorporer une proie anthropomorphe, à savoir un "presqu'humain" »*.

* Cf. "Sur qui tire le chasseur ? Jouissances dans les bois",  Terrain n. 67, pp. 168-185, 1917

lundi 24 février 2025

Histoire de lard (à propos des boucheries chic)


Lorsque j’étais petit, dans la ville alpine où j’habitais, les boucheries pullulaient. Seulement sur la Piazza delle erbe (Place des herbes), il y en avait trois.  Celles qui restent, pour clients « branchés »,  ressemblent de plus en plus à des galeries d’art, ou à des boutiques de mode. C’est un peu partout pareil. Même à Brest, où j’ai pris cette photo.  

« Depuis les années 2000 – peut-on lire sur le site de FranceInfo - la consommation totale de viande en France continue d'augmenter, portée par la croissance démographique. En 2000, la France consommait 5 290 milliers de tonnes équivalent-carcasse (TEC), une unité qui permet de prendre en compte le poids de viande des animaux abattus et des produits transformés contenant de la viande. En 2023, ce chiffre a atteint 5 672 milliers de tonnes, soit une augmentation d'environ 7%. »*.La population française, en moyenne, consomme 84 kgec (kilogrammes équivalent-carcasse) par an. 

*https://www.francetvinfo.fr/environnement/crise-climatique/infographies-moins-de-b-uf-davantage-de-poulet-visualisez-l-evolution-de-la-consommation-de-viande-en-france_6381706.html

samedi 22 février 2025

L’Église et les corvidés (pour le rétablissement de la vérité éthologique)

 



Francesco Bergoglio, ces derniers temps, n’est pas très en forme et dans la Cité du Vatican, comme on sait, il n’a pas que des amis. « Autour de lui – dit Monseigneur Vincenzo Paglia président de l’Académie pontificale pour la vie – il y a des “corbeaux“ qui spéculent sur la maladie du Pape ».

Pauvres corbeaux, toujours le mauvais rôle. J' attends les remontrances de la Ligue pour la Protection des Oiseaux*. 
 
Je me permets de faire de l'humour pour tourner en ridicule le "politiquement correct" en matière d'animaux. Ce n'est peut-être pas  le bon moment. Ce Pape-ci, en tout cas, suscite chez moi une certaine sympathie (sympathie d'agnostique)


jeudi 20 février 2025

Éco-chasseurs d'hier et de demain

 


  
         Exposition des trophées à la Fiera della caccia, pesca, natura,  de Longarone, dans les Alpes de Vénétie. ( Avril  2024). Cliché : Sergio Dalla Bernardina.
 
Ruralités contemporaines en question(s)
 
  LUNDI 24 FEVRiER
de 11H00 à 13H00

de préférence en présentiel (salle AS1-23, 54 boulevard Raspail, Paris)
mais possiblement en distanciel


Cette cinquième séance de l'année accueillera

Sergio DALLA BERNARDINA
Anthropologue, professeur émérite, université de Bretagne occidentale, LAP

pour une séance intitulée :
 
Du « Viandard incontinent » au « Rural éco-responsable ». Aller et retour d’un mythe urbain ?

Les dynamiques acculturatives, on le sait, ne sont pas unidirectionnelles. Les victimes du démantèlement des visions du monde non-modernes (les visions du monde des « Vaincus », pour recycler une vieille formule) finissent souvent par imiter les « Gagnants » : ils assimilent leurs valeurs, leurs comportements voire même leurs narrations. Les imitateurs aussi, à leur tour, peuvent être imités, il suffit seulement de laisser le temps à la mémoire collective d’effectuer ses tris et ses ajustements.  La migration d’un récit d’une culture à l’autre fait parfois l’objet d’un véritable va-et-vient qui remet en cause la notion d’« authenticité ». C’est le cas du mythe du « Bon chasseur rural », version moderne du mythe du « Bon sauvage ».

Présentation : Sophie Bobbé

mardi 18 février 2025

Des loups et des pitbulls. Errare caninum est


 Chien errant, mais pas trop

Pourquoi les appelle-t-on chiens errants ? Parce qu’ils se trompent. Et en quoi se trompent-ils ? C’est qu’ils croient avoir le droit de circuler à droite et à gauche comme ça leur chante, sans tatouage, sans maître, sans foi ni loi. Et puisqu’ils ont tendance à se tromper, on en profite pour mettre sur leur compte des fautes qu’ils n’ont pas commises. Des moutons égorgés dans un champs ?  Pourquoi penser automatiquement aux loups ? L’autre jour on a bien vu un chien à l'allure très suspecte  qui passait par là …

Dimanche 16 février,  un pitbull a dévoré une petite de 9 mois qui dormait à côté de son père dans un appartement d’Acerra, près  de Naples. Ce dernier, au départ, a accusé du forfait un fantomatique « chien errant »*. Invité par les gendarmes à un peu plus de sincerité, il a fini par balancer son fidèle compagnon**.

* Le même que tout à l'heure, vraisemblablement.

** Les chiens de ce genre, en Italie, tuent une dizaine de personnes par an.  J’en profite pour demander aux lecteurs s’ils ont des nouvelles de Curtis, le staffordshire  dont on a pas mal parlé sur ce blog, présenté par Brigitte Bardot comme le Dreyfus des chiens de défense (dans ce cas, les "vrais coupables" de la mise à mort d'une jeune femme enceinte n’étaient pas des chiens errants mais des chiens de chasse).