jeudi 28 août 2025

Rencontres alpestres

 



Pas un seul champignon. Il a plu pas mal, pourtant.  Au retour je croise un chevreuil. Il ne me regarde même pas et continue dans ses affaires. Quel diable d’herbe peut-il avoir consommé ? À côté de ma voiture il y en a une autre, toute noire.  Un monsieur approche et me dit :

- Pas un seul champignon ».

- Il y a quinze jours, en revanche, il y en avait pas mal. Des russules, notamment.

- Ah, les russules. Mais moi je ne ramasse que les cèpes.

- Les tiques en revanche ne manquent pas.

- J’en ai choppé une l’année passée.

- Ça m’arrive aussi, de temps en temps.

Il soulève légèrement sa chemise pour me montrer où il a été piqué. Pour lui faire plaisir je lui dis :

- Ah oui, on voit encore la tâche.

N’ayant pas grand-chose à ajouter on se congédie courtoisement.

lundi 25 août 2025

Les Alpes se dépeuplent

 

 


Cela fait des années que je reviens sur le thème de la  « réification » de l’animal en vue de son abattage. Le mot réification vient du latin res qui signifie « chose » : Plus l’animal s’apparente à une chose, plus sa mise à mort est aisée*. Même au sein de l’ontologie occidentale, le degré de choséité d’un animal peut varier d’un pays à l’autre.

J’ai posé à Chatgpt la question suivante :

Est-il vrai qu’en matière de dermatose nodulaire contagieuse le gouvernement français prend des mesures  bien plus radicales (l'abattage total) qu'en Suisse ou en Italie?

Voici sa réponse :

 

« Synthèse comparative

Pays

Stratégie principale

Abattage total ?

Vaccination

France

Dépeuplement total des foyers + zones + vaccination

Oui, dès 1er cas confirmé

Vaccination obligatoire (20–50km)

Italie

Abattage partiel (≈18%) + autres mesures

Non systématique

Probablement vaccination/surveillance

Suisse

Surveillance + vaccination envisagée

Non

Vaccins non autorisés actuellement


Conclusion

Oui, la France applique des mesures beaucoup plus radicales que l’Italie ou la Suisse : abattage total des troupeaux dès le premier cas, contre abattage partiel en Italie, et aucune politique d’abattage en Suisse, du moins selon les informations disponibles ».

J'y reviendrai. Pour l'instant, je me limite à dire que j’aimerais voir à quoi ressemble le petit-malin qui a inventé l’euphémisme « dépeuplement » : « Nous, on n’extermine pas, Monsieur. Lorsque c’est vraiment indispensable, on euthanasie, on dépeuple ! ».

* Voir, su ce sujet, le chapitre : « Une personne pas tout à fait comme les autres, l’animal et son statut » dans l’ouvrage en ligne :  La langue des bois. L’appropriation de la nature entre remords et mauvaise foi. Paris, Muséum National d’Histoire naturelle, 2020.

samedi 23 août 2025

Creusé dans le marbre

 


Après les vacances j’ai du mal à redémarrer.           Je traverse le marché du samedi matin  à la recherche d’un signe, d’une inspiration. Je regarde le sol. Deux bipèdes ont laissé une trace de leur passage. C’est déjà quelque chose, une piste à creuser.

Et pour aujourd’hui c’est tout.  

mercredi 20 août 2025

Mon blog a dix ans

 

 
Mon blog a dix ans. Je n’ai rien préparé pour fêter son anniversaire.  1727 articles pour répéter toujours la même chose, c’est hallucinant. J’aurais envie de lui dire : « C’est passable, mais tu pourrais faire mieux », mais j’ai peur de le décourager. En tout cas, je compte continuer encore un peu.

vendredi 8 août 2025

Pause estivale. (Promenons-nous dans les bois, bien que le loup y soit.)


Cervidés en attente de leur prédateur naturel. Dessin à l’encre de Chine de Paolo Dalla Bernardina (13 juillet 1978)

Le temps passe. Je découvre avec surprise que mon blog a presque dix ans. Il mérite bien une pause estivale d’une ou deux semaines. J’en profiterai pour contempler les espaces alpins - que j’arpente depuis ma naissance - en suivant méticuleusement les indications de Nature & découverte, Anapurna et Décathlon*

* J’oubliais d’évoquer les conseils précieux des Animateurs nature (que ferait la nature s’ils n’étaient pas là ?) et les suggestions tout aussi édifiantes de Nicolas Hulot, qui n'est plus à la mode mais qui a joué un rôle important dans la mise en valeur des surfaces vertes, aériennes et aquatiques  faiblement domestiquées.

mercredi 6 août 2025

Racisme animalier

 


 

J’apprends qu’un zoo danois, pour nourrir convenablement ses prédateurs, sollicite l’apport des particuliers voulant se débarrasser de leurs chevaux, lapins et cochons d’Inde. « Nous avons la responsabilité d’imiter la chaine alimentaire naturelle des animaux », expliquent les porte-parole du zoo d'Aalborg, tout en précisant que pour bénéficier d’une diète équilibrée, tigres et lions ont besoin de leur dose quotidienne de viande, d’os et de fourrure. Je comprends cette proposition, mais je me demande pourquoi la liste des animaux domestiques mis à contribution ne prévoit pas les chiens et les chats.

lundi 4 août 2025

J’ai rencontré l’altérité animale (mais on n’a pas pu se regarder dans les yeux)


Chauves-souris dans une ferme alpine. Cliché de Sergio Dalla Bernardina 

Je me tais, dans le bois, en attendant le loup. Il passera tout près de moi, se laissera prendre en photo et me permettra de raconter : « Il était à dix mètres, pas plus. On s'est regardé d'un air complice, comme si on se connaissait depuis le Paléolithique. On s'est apprécié  mutuellement. Il est reparti dans la plus grande sérénité, en véritable maître des lieux ». J'ai beau attendre, il n'arrive pas. Je me rabats sur des chauves-souris en train de dormir (elles font semblant, peut-être, ou elles sont mortes. En tout cas, elles m’ignorent).

samedi 2 août 2025

Medicamenta. (Encore sur les taupes et la manière de les décourager).

 

 

- Mirella, j’ai des taupes dans mon jardin, toi tu sais comment je dois faire, j’en suis sûr.

- Ah, les taupes … nous on mettait des pièges, mais maintenant je ne sais pas. Tout est interdit, maintenant … Aujourd’hui ils leur donnent le médicament.

- Le médicament ?

- Oui, le médicament contre les taupes. Tu n’as qu’à demander au Consorzio Agrario*. Sinon, mon voisin mettait la naphtaline. Dans chaque trou une boule de naphtaline. Ça pue et elles partent. Enfin, il disait comme ça … nous on n’a jamais essayé.

* La coopérative agricole.

jeudi 31 juillet 2025

Sciences humaines et proxénétisme de la nature (3)


(Suite du billet précédent). Les parcs naturels ressemblent de plus en plus à des entreprises touristiques qui attirent les clients en mettant des animaux sauvages à leur disposition.  De ce point de vue, les responsables du Parc National des Abruzzes, Latium et Molise ont beau crier au scandale (« nous sommes envahis par les photographes professionnels et amateurs … ») : ils sont en fait à l'origine du phénomène qu'ils dénoncent.

Les réseaux sociaux ont bon dos. Ils contribuent largement au suivisme ambiant, c’est vrai, mais pour qu’il y ait imitation, il faut qu’il y ait des modèles à imiter. Ces modèles, comme nous le diraient René Girard ou Pierre Bourdieu, chacun à sa manière, sont les détenteurs de la légitimité sociale, les « médiateurs de prestige ». Aujourd’hui on parle d’« influenceurs ». Lorsqu’on a de la visibilité sociale, passer son temps à magnifier la rencontre avec un animal sauvage, présenter le tête à tête avec un fauve  comme un événement indispensable pour notre développement personnel, devient une instigation à la domestication du monde.

Les écrivains, anthropologues, philosophes qui, au nom de la Wilderness et du dialogue entre les espèces, poussent la population (c'est à dire leurs lecteurs, leurs « clients ») à la consommation du sauvage, contribuent largement à sa disparition.

mardi 29 juillet 2025

Sciences humaines et proxénétisme de la nature (2)

Louve philanthrope allaittant les petits d'autrui (J'ai pris cette photo à Landerneau - Fonds Léclerc, exposition Animal!?)

Je reviens sur mon dernier billet, concernant la nature sauvage et ses « proxénètes », et sur la prophétie que je formulais dans L’utopie de la nature en 1996, devenue aujourd’hui une réalité. Depuis quelque temps les photographes naturalistes professionnels et amateurs visitent frénétiquement une localité de l’Italie centrale où on a repéré une louve avec ses petits. Les responsables du PNALM  (Parc National des Abruzzes, Latium et Molise), n’aiment pas du tout cette ferveur et ont diffusé le document suivant :

« Bien que beaucoup se déclarent amoureux de la nature et profondément passionnés, nous constatons avec désarroi que, de plus en plus souvent, au moment où il faudrait vraiment le prouver, peu de personnes font le bon choix. Une fois encore, malheureusement, la course à la publication de photos sur les réseaux sociaux a commencé, souvent accompagnées de la traditionnelle mention : “Photo prise à distance pour ne pas déranger”, comme si cela suffisait à justifier leur présence.  En mettant de côté les impacts potentiels négatifs liés à la présence quotidienne de nombreuses personnes dans la zone où une louve a mis bas, et en mettant également de côté les risques potentiels d’une éventuelle accoutumance des loups à la “proximité” des êtres humains, nous sommes réellement frappés par l’absence (quasi) totale de responsabilité et d’éthique de la part de certaines personnes, locales ou non, qui semblent prêtes à tout pour “capitaliser” leurs clichés en visibilité et en likes. Une fois encore, nous nous demandons comment il est possible d’ignorer les effets négatifs de ces actions, alors que l’effet démultiplicateur des réseaux sociaux est bien connu ? Comment peut-on totalement ignorer la possibilité que la situation échappe à tout contrôle, attirant des personnes mal intentionnées ou totalement inaptes à observer la faune de manière attentive et responsable ? ».

Je tenterai de répondre à cette question dans le prochain billet.

 

dimanche 27 juillet 2025

Sciences humaines et proxénétisme de la nature (1)

 



Comme je l’ai déjà écrit, le titre originaire de ma thèse de doctorat devait être : « La nature sauvage et ses protecteurs ». Après, pour des raisons d’opportunité académique (ne pouvant pas courir le risque de passer pour un rigolo), j’ai opté pour : « La nature sauvage et ses consommateurs ». Mais l’idée était bien celle-là : sous prétexte de protéger la nature nous la confisquons, la gérons et l’exploitons comme des proxénètes. Cette thèse a donné lieu à « L’utopie de la nature. Chasseurs, écologistes touristes ». J’y écrivais, par exemple :

 

« Sur le plan général, il est inévitable de constater que plus l’amour de la nature devient un status symbol – plus le fait d’aimer la nature est synonyme d’adéquation sociale (désormais, les seuls à ne pas aimer la nature sont les paysans), - et plus la dénaturation des derniers espaces incontaminés devient inévitable. Il suffit de penser aux graves répercussions, du point de vue de l’impact, que peut avoir la lecture de revues comme Airone, Gente viaggi, Géo et ainsi de suite. On pourrait comparer les journalistes de ces revues à des agents financés par la société de consommation pour dénicher ce qu’il reste encore de relativement intact et le désigner à une masse de démolisseurs prêts à fouiller, juger, comparer, reconnaître. « La flore rarissime du mont Baldo », étalent les titres, « Aspromonte, un paradis à sauver. » « Stromboli, un petit village de pêcheurs : trois maisons et une mer très pure.» Fatalement, l'article lu, des milliers d’amoureux de la nature débarquent pour coloniser la zone. « Je ne te tue pas, dit le chasseur à sa victime, je t’apprécie, je te transforme. » « Je ne t’anthropise pas, dit le lecteur de Terres sauvages  en s’installant dans un de ces derniers recoins de territoire peu habités, je savoure ce qui reste d’une nature qui, si cela ne dépendait que de moi, serait encore incontaminée ». Extrait de L’utopie de la nature. Chasseurs, écologistes, touristes. Paris, Imago, 2026, p. 246

 

Aujourd’hui, sauf chez les plus hypocrites, ce constat est devenu une évidence. J’aimerais beaucoup que quelqu’un revienne sur mon ouvrage qui a été écrit il y a 30 ans.

vendredi 25 juillet 2025

Mettre en valeur un territoire

 


- Comment résumerais-tu l’action des Israéliens à Gaza ?

- Je dirais qu'ils sont en train de faire d’un désert un jardin.

- Ah je vois, c'est ce qu'ils appellent « Fleurir le désert ».

mercredi 23 juillet 2025

Le chapeau de ma grand-mère

 

Manteau en fourrure de taupe, années 1930

Mario ne se limitait pas à déterrer les courtilières, il attrapait aussi les taupes qui infestaient le jardin. Il insérait dans le monceau de terre un piège métallique, un ressort minimaliste en forme de V. Le matin suivant il sortait sa belle taupe et la désolidarisait de sa peau qu’il mettait à sécher. Il faisait pareil avec la peau des lapins. Le chiffonnier passait tous les mois, achetait ses produits et il les revendait aux fourreurs.  Dans les champs, avec ce traitement,  il restait toujours des taupes, mais dans des proportions acceptables. Leur prélèvement périodique était une sorte de récolte. La communauté des taupes payait une dîme, c’est vrai, mais elle n'était pas exterminée. Tout en tuant les courtilières, les taupes et les lapins, Mario n’était pas particulièrement méchant.

Lorsque j'étais petit, ma grand-mère paternelle, une femme très sobre, portait un chapeau en fourrure de taupe dans lequel brillaient des petites plumes de faisan. Elle était loin d’être méchante.

Quand je pense aux animalistes, saisis non pas dans leurs déclarations officielles, mais dans leur « éthologie » (je veux dire dans leur intimité, dans leur manière de se rapporter les uns aux autres et d’administrer des sentiments comme la jalousie, l’envie, le désir de juger et de conditionner son prochain  au nom de la bonne cause ... ), je me demande s’ils sont forcément plus humains que Mario et ma grand-mère.

lundi 21 juillet 2025

Taupiques

 



Ai-je le droit moral d’éliminer physiquement les taupes qui envahissent mon jardin ? Je me suis posé cette question après avoir consulté le net à la recherche d’un « dispositif » (terme très à la mode) pour empêcher que mon jardin ne devienne une taupinière.  La tendance générale, en matière de bestioles envahissantes, est à la non-violence. Il y en a qui proposent de les dissuader par des vibrations sonores (avec quelles conséquences pour la santé humaine et non-humaine ? On le saura dans quelques années). On suggère également une série de plantes décourageant l’installation des talpidés, tout en précisant qu’elles ne marchent qu’à moitié. D’autres proposent des pièges qui ne blessent pas l’animal et permettent de le transférer, la nuit tombée, dans le jardin du voisin (où l’herbe, on le sait, est toujours plus verte).

Je vois venir la création d’un service vétérinaire pour taupes accidentées : une fois  la santé retrouvée, elles pourront être réintroduites dans l’écosystème et fidélisées au territoire par la diffusion souterraine d’une musique « taupiaire » conçue à cet effet.

vendredi 18 juillet 2025

Donner la vie, donner la mort (pour un partage équitable des fonctions)


Dans son ouvrage Donner La Vie, Donner La Mort. Psychanalyse, Anthropologie, Philosophie (Paris, La Bibliothèque du Mauss,  Le bord de l’eau, 2014),  Lucien Scubla pointe un paradoxe : les analyses anthropologiques et même psychanalytiques ont tendance à refouler une évidence : dans les sociétés traditionnelles, en raison de leur pouvoir physiologique, les femmes sont connotées du côté de la naissance, des soins, de la réparation, de l’apaisement. Elles sont les « gardiennes de la vie ». Ce n’est pas le cas des hommes à qui on demande, lorsque c’est nécessaire, de savoir donner la mort. Pendant longtemps, cette donnée de base a joué un rôle fondamental dans l’organisation symbolique des groupes humains les plus disparates.

Aujourd'hui,  il est normal que même les femmes revendiquent le droit de donner la mort. Aux Etats- Unis, cela fait plus de dix ans qu’elles ont obtenu le droit de servir dans les unités de combat de l'armée, y compris dans les positions les plus exposées au front. En France – c’est une vieille statistique - Le nombre de chasseresses a augmenté d'environ 25% en 10 ans, passant de 25 000 en 2014 à 31 200 en 2023.

J’ai du mal à imaginer une société à venir où il y aura plus de chasseresses que de chasseurs. Mais on ne sait jamais.

lundi 14 juillet 2025

Dénoncer, profiter de la vie, laisser une trace


À quoi sert un blog comme le mien, très proche du monologue ? À laisser une trace. Pendant un moment (relativement long, désormais), un type a profité d’un sujet parmi tant d’autres pour mettre les événements à distance, les relire à la lumière de ses sentiments personnels et les commenter. On alimente un blog comme on prend des photos, dans l’illusion qu’il puisse avoir la même longévité que les vieilles photos que nous gardons dans nos tiroirs. Quelqu’un, plus tard, tombera dessus, comme on tombe sur des clichés anonymes achetés chez un brocanteur, et se dira : «   À cette époque, il y avait des gens qui voyaient les choses comme ça ».

Mettre les événements à distance revient aussi à lutter contre la tentation d’augmenter notre dose de tristesse quotidienne en revenant systématiquement, comme le font les médias (c’est bien leur fonction) sur les atrocités qui nous entourent. Rappeler, par exemple, que Benyamin Netanyahou et ses souteneurs exterminent ab ovo les enfants Palestiniens de peur que, une fois adultes, ils ne soient tentés de venger la mort de leurs proches, me paraît important. On ne peut pas faire grand-chose, mais on peut au moins témoigner, rappeler qu’on a vu, qu’on a pris note.  D’un autre côté, cependant, j’ai le sentiment que l’objectif de ces semeurs de mort, soit de nous entraîner par tous les moyens dans leur spectacle nécrophile : « Que tu le veuilles ou pas, je t’oblige à me regarder, je t’oblige à parler de moi, je t’oblige à renifler mon insupportable puanteur ».

Il se peut que, si le Bon Dieu devait exister, un jour il nous dise : « Mais comment ... le monde est complexe, d’accord, et il y a du tragique partout …  mais toi, tu avais eu de la chance. Chez toi ce n’était pas si mal que ça.  Tout ce qu’il y avait de beau, dans ma création, était à ta portée. Mais toi, au lieu de te réjouir, de contempler, d’honorer cette opportunité, tu as passé ton temps à râler. Je suis gentil par nature.  Donc je te pardonne*.   Mais tu mériterais l’enfer ».

Pour cette raison, à la place d’une photo des massacres quotidiens  perpétrés en Palestine au nom des valeurs de l’Occident, je propose cette image bucolique, prise dans les Alpes**, nous montrant une population tranquille, bien dans ses baskets (et dans ses territoires), qui ne craint pas les exactions des colons et qui, pour se nourrir,  n’a pas besoin de faire la queue sous les tirs des snipers.

* Il y a des Dieux qui sont plus gentils que d’autres.

** Cette Photo a été prise à Fornesighe, dans la vallée de Zoldo. J’ai largement parlé de ce village insolite à propos du carnaval local, organisé tous les ans autour du masque de la Gnaga. En été, l’ambiance est plus propice à la méditation.

samedi 12 juillet 2025

Anniversaires (les Alpes, tant bien que mal, sont toujours là)

 


- Écoute, ça commence à bien faire.  C’est la troisième fois que tu me dis : « Encore dix minutes et on arrive au col ».

- Je suis désolé, et pourtant … j’étais sûr que …

-  C’est toujours la même histoire. C’est pas comme ça que tu me feras aimer la montagne.

Mon frère s’appelait Paolo. Il était sensible à l’ambiance alpestre, mais sans en faire une priorité. Je me demande où et quand il a rencontré les vaches immortalisées dans ces croquis.

Aujourd’hui c’est son anniversaire.

jeudi 10 juillet 2025

Les fleurs du miel

 


- Il est à quoi ton miel?

- Beh, c'est du miel toutes fleurs.

- Oui, mais c'est quoi les fleurs de ton jardin?

- Donc ... j'ai  du muguet, de l'aconit, du cytise et ... ah oui ...  de la digitale.

mardi 8 juillet 2025

Démocrates par intermittence

 


- Ça alors, Boualem Sansal, vieux, malade et condamné à cinq ans pour un délit d'opionion s’est vu refuser la grâce présidencielle  et toi tu ne te scandalises pas ?

- Beh non, il ne fait pas partie de notre équipe. 

- Équipe ?

- Oui, ou de notre paroisse, si tu préfères.