Amanda Ba, American Girl, American Bully, American Bomb. Image tirée de : https://www.artribune.com/arti-visive/arte-contemporanea/2025/03/chi-pittrice-amanda-ba/*
Freud est passé de mode, paraît-il, mais il a laissé son empreinte dans notre manière de raisonner. Désormais, nous admettons que des motivations inconscientes puissent être à l’origine d’un comportement, d’un hobby, d’une vocation. Cela nous incite – je le rappelle souvent – à faire de la psychanalyse à bon marché. Le chasseur à beau déclarer « Je vais à la chasse parce que j’aime la nature ». On fait semblant de le croire mais on se dit « Non, mon cher, tu vas à la chasse parce que tu aimes ça, à savoir le moment excitant de la mise à mort d’un animal». Cela vaut aussi pour le gynécologue. Il a beau affirmer « J’ai choisi ce métier pour me rendre utile ». On fait semblant de le croire mais on se dit « Non, mon cher, tu as choisi cette branche spécifique de la médecine parce que tu aimes bien ça ». Et nous savons tous ce que «ça» veut dire.
Chez certains artistes, parfois, la motivation occulte est tellement explicite qu’elle n’a plus rien d’inconscient, ce qui
nous empêche de faire de la psychanalyse à bon marché.
Est-ce que lorsqu’on peint des sujets à caractère zoophile on est forcément zoophile ?
Est-ce que
lorsqu'on travaille depuis longtemps sur la « bonne mort animale » et les mises en scène qui l’entourent on est
forcément nécrophile ?**
* L'image que j'ai retenue pour illustrer mes propos est la moins « zoophilique » de la série.
** Mon article « Une Personne pas tout à fait comme les autres. L’animal et son statut » (L’Homme n°120), date de 1991.
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