Lasagnes antispécistes prouvant que la frontière entre le bœuf et le cheval n’est qu’une construction sociale
Aux débuts de ce siècle, en faisant la cuisine (j’ai toujours aimé gérer personnellement cet aspect de mon existence) j’écoutais avec délectation Ça se bouffe pas, ça se mange de Jean-Pierre Coffe. Je trouvais l'émission marrante et courageuse. Coffe luttait contre les plats industriels de mauvaise qualité, les additifs, les arômes artificiels, les colorants, et il s’en prenait aux grandes marques, qu’il citait explicitement sur des tons qui pouvaient frôler la Commedia dell'Arte. J’étais fier d’être en France et, lorsque je rentrais en Italie je disais à mes amis : « C’est dans les détails de ce genre qu'on évalue l’état de santé d’une démocratie» . J'ajoutais que ce moment de vérité se passait à une heure de grande écoute, tous les samedi entre midi et treize heures : « Chez nous, ce serait impensable ! ».
En 2008, Jean-Pierre Coffe a été mis à la retraite manu militari par France Inter et l’émission a été supprimée*. Je suis néanmoins resté en France.
Une tribune publiée dans Le Monde du 6 janvier 2026 et signée par des citoyens tout aussi sensibles que moi au bon fonctionnement de la chose publique, a annoncé que « Le budget 2026 organise la mise à mort de l’Institut national de la consommation et de son magazine 60 millions de consommateurs, média indépendant consacré à la défense des citoyens-consommateurs.
« Détruire un contre-pouvoir, rappellent les signataires, c’est fragiliser la démocratie ».
Prendre acte de ce processus devient de plus en plus urgent.
* On me dira que le Président de la République de l’époque était Nicolas Sarkozy, dont on a pu constater, par la suite, les limites.
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