Giotto, 1303, l'Adoration des Mages
L'actualité m'inquiétant pas mal, je préfère rester encore un peu dans l'univers suspendu de la pensée folklorique.
« Après les Rois, les jours rallongent et les fêtes s’en vont ». Qui sont les Rois ? Autrefois tout le monde le savait. Mais aujourd’hui ? Cela mériterait un sondage*.
Drôles de dons, en tout cas, ceux que les Mages ont apporté à l’enfant Jésus. De l’or, pour marquer sa royauté. De l’encens, pour symboliser sa nature divine. Et de la myrrhe, pour lui rappeler que, tout en étant divin, il faisait lui aussi partie du genre humain et, par conséquent, il était censé mourir. Oui, parce que la myrrhe, dans ces régions-là, était utilisée pour les rituels funéraires.
Je connais quelqu’un dont la grand-mère s’appelait Mirra, c’est à dire Myrrhe. Loin de venir de Palestine, elle était originaire du lac de Garde, la région de Roméo et Juliette. Pourquoi ses parents lui ont-ils affublé un prénom si engageant ? Allez savoir. On aurait tendance à penser que, lorsqu’on s’appelle Mirra, la vie sera une succession d’événements funestes. Je me suis renseigné. Il semblerait que, dans la vie de Mirra, l’agencement des malheurs n’a pas été la note dominante**. J’en déduis que son prénom très pieux a dû la protéger.
*Je ne suis pas nostalgique de l’époque où tout le monde connaissait Gaspard, Melchior et Balthazar. Cela ne m’empêche pas de constater la désintégration rapide d’un imaginaire chrétien qui nous a accompagnés pendant deux millénaires.
**Même si les souffrances, dans cette "vallée de larmes", n'épargnent personne.
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