Lorsqu’on approche de Venise, juste avant d’atterrir à l’aéroport Marco Polo, on survole une zone lagunaire caractérisée par des ilots traversés par une multitude de canaux qui vont dans tous les sens, sorte de labyrinthe naturel. Il s’agit des barene. Ces marais salants régulièrement submergés par les eaux ont l’air très sauvage, comme si la ville des Doges, pour mieux faire ressortir son haut niveau civilisationnel, avait voulu garder un décor primordial.
On y pêche avec modération les mulets, les bars, les crevettes, les crabes verts, les palourdes et les coques.*
* On me fera remarquer que le pôle pétrochimique de Porto Marghera fait aussi partie de ce décor. C’est exact, mais ça n’enlève rien à mon raisonnement : Porto Marghera, avec ses raffineries sans doute « nécessaires pour la modernisation du pays », mais qu'on a eu le culot d'installer à moins de 10 kilomètres de la place de Saint Marc, est une autre manière de mettre en scène la sauvagerie. Ou la barbarie, si on préfère.
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