Un événement critique menace la communauté. Pour réduire l’angoisse, il faut désigner un responsable sur lequel projeter le ressentiment collectif. Il ne le mérite peut-être pas, mais ça soulage.
René Girard et Edgard Morin, chacun à sa manière, ont traité ce sujet avec beaucoup de finesse.
J’y pense par rapport à ce qui vient de se passer dans le bassin de Thau : des analyses sanitaires montrent que plusieurs lots d’huîtres et de moules sont contaminés par un virus très contagieux qui provoque des gastro-entérites (vomissements, diarrhées, douleurs abdominales). La préfecture de l’Hérault suspend la vente des mollusques. Le Midi Libre relate les faits, décrivant quelques cas d’intoxication. Le 5 décembre, une cinquantaine d’ostréiculteurs cagoulés manifestent devant les grilles du siège de Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas et incendient le portail.
« Rappeler l’interdiction sanitaire de consommer des huîtres du bassin de Thau n’est pas une opinion – écrit Olivier Marino, directeur de la rédaction - c’est un devoir d’information et de santé publique. »
Rien de plus logique, a priori. Mais il oublie que « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ».
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire