mercredi 5 août 2026

L'agave résiliant (3). Sauver, recycler


Plante d'appartement qui pourrait se porter mieux

On ne connaît pas les raisons qui poussent les gens à se débarrasser de leurs plantes d'intérieur avant qu'elles ne soient passées à meilleure vie. On en croise une, de temps à autre, près des poubelles, livrée à son destin comme ces chiens d'appartement auxquels on « redonne leur liberté » avant de partir en vacances. Parfois, elles sont là parce que leurs propriétaires déménagent et que, trop moches, elles ne correspondent plus au standing du nouveau logement. Parfois, elles commencent à dépérir et risquent, comme les rois sacrés de certaines traditions africaines, de transmettre cette déchéance à leur entourage. Parfois encore, elles ont fait l'objet d'une dispute, et les avoir constamment sous les yeux devient insupportable.

Lorsqu'on a l'esprit d'un sauveteur de plantes ou, plus simplement, un penchant pour le recyclage, on est tenté d'adopter ces orphelines végétales. Mais les freins psychologiques ne manquent pas : « Et si quelqu'un me voyait trafiquer autour des poubelles ? Et si la plante était porteuse d'un virus transmissible ou, pire encore, d'une malédiction ? Et si son ancien propriétaire, voyant que quelqu'un lui prête enfin de l'attention, était saisi d'une crise mimétique et prétendait la récupérer ?  : « Tu la désires, donc elle vaut quelque chose. Touche pas à ma plante, espece de maraudeur ! ».  (À suivre.)

1 commentaire:

  1. Merci de nous ramener vers la lecture de René Girard !
    Nicole Juin

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