samedi 1 août 2026

L'agave résiliant (Premier épisode)


 Ficus et phalangère, déjà mal en point,  redoutant le coup de grâce des vacances d'été

 

« Les peuples celtiques entretenaient un lien fort avec la nature.

Les Bretons sont héritiers de la culture celtique.

Donc les Bretons entretiennent un lien fort avec la nature. »

 

C'est ce que je pensais lorsque j'ai été muté à Brest, sans savoir que j'y passerais des décennies. J'ai vite découvert que les Bretons, tout en descendant des Celtes, n'étaient pas plus « naturophiles » que mes concitoyens d'origine latine. Ils étaient à peu près pareils : certains prenaient soin des plantes, d'autres pas di tout. En entrant dans certains bureaux de l'administration publique, je pouvais tomber sur des yuccas et des ficus frais comme des gardons. Parfois, en revanche, l'état de santé des partenaires végétaux* censés agrémenter la pièce suscitait la compassion :

 

- Votre date de naissance ? 

J'aurais eu envie de répondre :

-  Je vais vous dire tout ça, d'accord, mais avant, je propose qu'on serve un verre d'eau à ce pauvre philodendron qui est en train d'agoniser sous nos yeux.

Et j'aurais même ajouté - mais ça aurait été assez impoli :

« Vous avez beau être Breton et héritier des Celtes, votre empathie envers le monde végétal évoque davantage Attila que Merlin l'Enchanteur. »

Mais transportons-nous maintenant en Vénétie, où vient de se produire le micro-événement qui, par analogie, a réveillé ce souvenir… (À suivre)

 

* Je cherche à m’approprier la rhétorique ambiante.