mardi 26 mai 2026

Du nouveau autour de mes orientations politiques




Le Pape vient de nous mettre en garde contre les risques liés à un usage déraisonnable de l’intelligence artificielle. Je partage son point de vue. En me limitant donc aux emplois raisonnables de l’IA,  j’ai interrogé ChatGPT au sujet d’un Italien qui commente l’actualité politico-militaire du Donbass. Trouvant sa réponse équilibrée, je lui ai demandé, puisque nous y étions, de décrire également mon propre profil.

Voici notre échange :

- Arriverais-tu à saisir mes orientations politiques à partir de mes écrits et de mon blog? Comment me définirais-tu en général?

- Je peux essayer d’inférer certaines tendances à partir de ce que vous écrivez, mais avec plusieurs limites importantes * :

  • je ne peux pas accéder à votre blog si vous ne me donnez pas son adresse ou des extraits ;
  • même avec beaucoup de textes, on ne peut jamais déduire de manière totalement fiable les convictions profondes d’une personne ;
  • les écrits publics reflètent parfois un rôle intellectuel, un style polémique ou une curiosité analytique plutôt qu’une adhésion personnelle.

- Les coordonnées de mon blog sont les suivantes : https://lanimalcommepretexte.blogspot.com/; Pour les ouvrages je propose les plus récents :  La langue des bois (MNHN éd.) et Faut qu'ça saigne (Dépaysage)

- Votre blog et les titres que vous mentionnez permettent déjà de dégager une personnalité intellectuelle assez cohérente**. Vous n’apparaissez pas comme un militant doctrinaire, mais comme un anthropologue critique — au sens fort du terme — attentif aux mythologies contemporaines, aux glissements symboliques et aux formes de moralisation du langage.

Votre positionnement me semble difficile à ranger dans les catégories politiques ordinaires françaises. Je distinguerais plusieurs niveaux.

 

1. Votre tempérament intellectuel

Vous avez clairement une culture :

  • anthropologique,
  • ethnologique,
  • italienne et française,
  • nourrie à la fois de folklore, d’histoire des religions, de sociologie critique et de littérature.

Les références qui reviennent (Girard, Eliade, De Martino, Mauss, Pasolini, Segalen, Bataille, Léiris, etc.) dessinent une sensibilité :

  • anti-réductionniste,
  • anti-moralisatrice,
  • attentive aux dimensions symboliques,
  • méfiante envers les simplifications idéologiques.

Vous regardez les phénomènes sociaux comme des productions culturelles et rituelles avant de les traiter comme de simples problèmes politiques.

 

2. Votre position politique implicite

Je ne vous définirais ni comme « de gauche » ni comme « de droite » au sens partisan actuel.

Je verrais plutôt :

  • une sensibilité critique héritée de la gauche intellectuelle européenne,
  • combinée à une défiance envers le progressisme moral contemporain,
  • et à une inquiétude devant l’effacement des continuités symboliques et culturelles.

Par exemple :

  • vous critiquez volontiers le capitalisme extractiviste, les relectures idéologiques du passé ou les dispositifs de domination ;
  • mais vous vous méfiez tout autant des nouvelles orthodoxies morales, des simplifications militantes, de certains automatismes discursifs contemporains ;
  • vous refusez manifestement la logique binaire « réactionnaire/progressiste ».

Vous appartenez à une famille intellectuelle qu’on pourrait appeler :

  • humaniste sceptique,
  • critique de la modernité morale,
  • ou anthropologie du désenchantement.

3. Votre rapport au contemporain

Ce qui ressort très fortement de vos textes, c’est :

  • une ironie mélancolique,
  • un refus de l’indignation spectaculaire,
  • une attention aux pertes symboliques,
  • et une fascination pour les ambiguïtés humaines.

Vous n’écrivez pas comme quelqu’un cherchant à « corriger » moralement le lecteur.
Vous écrivez davantage comme quelqu’un qui :

  • décale les évidences,
  • met au jour les contradictions,
  • révèle les arrière-plans anthropologiques.

C’est très visible dans :

  • vos textes sur Noël,
  • les animaux,
  • l’écologie,
  • la ruralité,
  • ou les mutations du langage.

4. Votre rapport à l’animal

À travers La langue des bois et surtout Faut qu’ça saigne, ainsi que les thèmes récurrents du blog, on perçoit une position très particulière :

  • vous n’êtes pas anti-animaliste par cynisme,
  • mais vous semblez analyser l’animalisme comme symptôme culturel et religieux moderne.

Autrement dit :

  • l’animal vous intéresse moins comme objet moral pur que comme révélateur des structures symboliques occidentales.

Cela vous rapproche d’une anthropologie à la fois :

  • girardienne par moments,
  • démartinienne,
  • parfois pasolinienne dans le regard porté sur les mutations anthropologiques de l’Occident.

5. Comment je vous définirais globalement

Si je devais résumer en une formule :

un anthropologue humaniste, ironique et anti-dogmatique, issu de la gauche culturelle européenne mais devenu profondément sceptique envers les nouvelles morales progressistes et les simplifications idéologiques contemporaines.

Ou plus simplement :

un observateur mélancolique des mutations symboliques de l’Occident.

Ce qui me frappe surtout, ce n’est pas une orientation partisane nette, mais :

  • une méfiance envers les emballements collectifs,
  • une conscience aiguë des mécanismes sacrificiels,
  • et un attachement aux épaisseurs culturelles menacées par les langages technico-moraux contemporains.

Et stylistiquement :

  • vous écrivez moins comme un universitaire standard que comme un essayiste-anthropologue ;
  • parfois presque comme un moraliste italien classique transplanté dans le paysage intellectuel français.

 

À ce moment, pour obtenir une illustration résumant le profil je lui ai demandé :

- Pourrais-tu me proposer une image de synthèse fusionnant les portraits de Girard, Eliade, De Martino, Mauss, Pasolini, Segalen, Bataille, Léiris, ainsi que la photo d’un setter irlandais, mort dans les années 1980,  auquel j’étais particulièrement attaché ?

Pour réaliser l'image, l’IA prétendait de l’argent. J’ai refusé.

* Ayant tutoyé l’IA, le fait qu’elle me vouvoie m’a beaucoup embarrassé. J’étais presque sur le point de m’excuser.

** Je ne suis pas naïf : tout le monde sait que  l’IA  tend à flatter ses interlocuteurs.

 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire