Ethnologue malveillant cherchant à hypnotiser son informateur (que d’ailleurs il ne faudrait pas appeler comme ça).
Hier matin, je suis intervenu au séminaire « Ruralités contemporaines » avec la communication : « Empathiser, emphatiser. Les émotions du chercheur ». Fidèle à cet intitulé, j’ai décrit mes émotions personnelles avec emphase en adoptant un ton vaguement satirique. Dans l’ensemble, j’ai pu m’exprimer comme je le souhaitais, même si, vers la fin, le fatum, implacable, m’a privé des quelques minutes nécessaires pour assurer une conclusion équilibrée.
Mes propos ont suscité quelques réactions. Elles m’ont aidé à remettre en cause mon usage approximatif du terme « empathie » que, dans ce cas précis, j’avais associé trop directement à la sympathie et à la compassion. On m’a rappelé la vaste palette des sentiments qui entrent en jeu dans une enquête de terrain (alors que moi, je n’avais mis en avant que les sentiments extrêmes, à la manière d’Otto Dix ou de George Grosz).
Une collègue a carrément exprimé son désaccord, me signifiant que, par expérience, elle sait que les choses, sur le terrain, ne se passent pas forcément comme ça. Ce qui est très vrai. Je me suis dit : « Moi, j’ai parlé de mes émotions. Pour obtenir son agrément, j’aurais dû ressentir les siennes. Bonjour l’empathie. »
Les bémols, finalement, n’ont pas manqué. Ce matin, pour bien démarrer la journée, j'ai cherché à me souvenir des dièses.
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