D’un autre côté, pendant un
certain temps, j’ai eu une grande confiance envers les masques à gaz. J’étais
convaincu que, à l’instar des
autres fournitures de l’armée, ils étaient indestructibles. C’est ainsi que, le jour où on nous a emmenés
au champ de tir pour que l’on prenne connaissance de notre équipement, j’ai
soumis mon masque à une série d’épreuves assez rudes. Je ne
l’ai pas fait exprès. Le masque est toujours resté dans son étui, accroché à ma
ceinture. Mais, tout au long de la journée, il m’a accompagné pendant les bonds, les rampements et autres galipettes qui me semblaient convenir
à la situation. Ce n’est que dans le car, avant de rejoindre la caserne, que j’ai
jeté un regard furtif à l’intérieur de la sacoche : mon pauvre masque à
gaz avait perdu une lentille et l’autre était sérieusement abimée. Je l’ai déposé
dans l’entrepôt, avec nonchalance, en espérant que personne ne vérifie son état et que la guerre n’éclate pas le lendemain.
Le masque à gaz pouvait servir de répulsif contre la mort par effet miroir : en voyant sa tête, elle repartait en courant.
RépondreSupprimerAvec votre masque amoché, ça aurait pu marcher aussi : bien que son sens de l’humour soit très contesté, il paraît qu’on peut calmer les ardeurs de la faucheuse en la faisant rire.