lundi 16 mars 2020

Irons-nous tous au Paradis? Tout dépend du prix (Trump, le coronavirus et la mère de Saint Pierre).




Échelle menant au Paradis récemment rachetée par une firme américaine (en noir, les employés censés éloigner les intrus).
C’est hallucinant. Les Allemands pensent pouvoir réaliser un vaccin contre le coronavirus d’ici quelques mois (ce qui nous réconforte un peu). En apprenant la nouvelle, Trump a proposé de l’acheter et d’en  garder l’exclusivité pour les Américains. Cela me rappelle une vieille légende que je reporte ici dans sa version corse*:

LA MÈRE DE SAINT PIERRE

La mère de saint Pierre avait été si méchante pendant sa vie, que Dieu ne voulut pas la laisser entrer  au Paradis après sa mort.   Saint Pierre en fut bien attristé : il ne mangeait plus  et maigrissait à vue d'œil.   Le Seigneur s'en aperçut et lui dit :   «  Pierre, pourquoi donc es-tu si triste ? »  Et Pierre lui répondit :   « Seigneur, ne voyez-vous pas tous les supplices  que ma mère endure aux enfers ? ».   «  J'en suis bien désolé, mais elle n'a que ce qu'elle  mérite. Dis-moi, Pierre, a-t-elle seulement fait une  bonne action pendant sa vie? Cherche, et si tu en  trouves une, si petite qu'elle soit, je te promets de la  faire entrer au ciel ».   Saint Pierre se mit aussitôt à feuilleter le livre où  était écrite toute la vie de sa mère.   Il tourne et retourne les pages, mais pas la moindre  bonne action. Enfin, à force de chercher, il réussit à  trouver qu'un jour elle avait donné une feuille de poireau à un malheureux qui mourait de faim. Triomphant, plein de joie, saint Pierre courut vers  le Seigneur :   « Seigneur, Seigneur, elle a donné une feuille de  poireau » « Eh bien ! ce sera cette feuille de poireau qui la  sauvera ».   A l’instant, saint Pierre prit une feuille de poireau  qui s'allongea, s'allongea tant et tellement qu'elle  arriva jusqu'aux enfers.   La mère du saint s'y suspendit sans perdre de temps.  La voyant monter au ciel, un premier damné s'accrocha à elle, un second suivit, puis un troisième, puis  un quatrième, etc.   La feuille de poireau enlevait tout le monde.   En chemin, la méchante femme s'aperçut qu'on la  suivait. Furieuse elle donne de grands coups de pieds,   « Lâchez-moi, ce n'est pas pour vous que mon fils a  envoyé cette feuille ».   «  Laissez-les monter, ma mère, disait saint Pierre;  ne soyez pas si ingrate ».   Mais sa mère n'écoutait rien et continuait à donner  de grands coups de pieds afin qu'aucun malheureux ne  pût se sauver avec elle.   «  Eh bien ! Pierre, dit alors le Seigneur, que dis-tu  de cela ? »   Pierre baissa tristement la tête ; puis, lâchant la  feuille de poireau, il laissa retomber sa mère au fond  des enfers.   (J.B. Frédéric Ortoli, Contes populaires de l'île de Corse  -1883).

* Il me semble que le poireau, dans la version italienne,  est remplacé par un oignon.

4 commentaires:

  1. St Pierre est bien le fils de sa mère. Drapé de sa vertu, il fait comme elle et renvoie tout le monde en enfer, avec la bénédiction de son Seigneur.

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  2. Le méchants aussi, à la fin, seront sauvés. Mais il ne faut pas qu'ils le sachent.

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  3. Il problema con i suoi post è che quando voglio condividerli con degli amici italiani, ahimè sempre meno francofoni, devo tradurglieli. Poi penso che lei magari in qualche caso - come per questa leggenda corsa - ha fatto l'inverso, e mi mangio le dita. Buon proseguimento, prof! Pier V. Molinario

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  4. Avevo circa dieci anni e la storia, evidentemente, mi ha molto impressionato. L'ho letta nell'"enciclopedia per ragazzi" Il Tesoro. C'era anche un'illustazione, mi sembra. Per fortuna, in effetti, ho trovato una versione già pronta.

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