« Je crains que les animaux ne considèrent l’homme comme un être leur semblable, qui a perdu d’une manière extrêmement dangereuse le sain entendement animal — comme l’animal qui, par son idée fixe de l’“esprit”, par son imagination d’une origine et d’une destination supérieures, est devenu fou. »
Friedrich Nietzsche Nachlass 1887–1888, fragment de la
fin de l’année 1887 (édition critique Colli–Montinari ), Fragments posthumes 1885–1888).
Dans cet aphorisme, l’animal est un être stylisé comme savent bien le peindre les philosophes, une comparse censée incarner nos vertus originaires, un faire-valoir proche du « bon sauvage » des Lumières. La fureur belliciste qui traverse notre époque donne à cette abstraction une concrétude toute particulière.
« L’homme est un animal qui a trahi ; l’histoire est sa punition. » Emil Cioran.
RépondreSupprimerArmelle Sêpa.
Effectivement, on retrouve dans ce passage de Cioran la même idéalisation de l’animalité originaire affichée par Nietzsche. Je remarque, au passage, qu’autrefois on disait plutôt : « L’homme qui trahit est un animal » (mais cela n’a rien à voir avec cette histoire d’animaux vertueux qui, habités par l’hybris, dégénèrent).
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