Brest. Le square de la Tour d'Auvergne (avec étournaux) (Cliché Sergio D.B.)
Moi je les aimais beaucoup, ces magnolias. Je passais par là tous les jours en faisant attention, lorsque l’hiver arrivait, à ne pas traverser le bosquet en diagonale. Oui, parce que les étourneaux aimaient ces arbres vénérables encore plus que moi. Ils faisaient beaucoup de boucan et leurs fientes attiraient des rats, créant ainsi, pour employer le langage de l’administration, une « gêne sanitaire dans l’espace public ». Il ne faut pas regretter cette coupe claire - nous explique-t-on - parce qu’elle ouvrira la voie à une « meilleure végétalisation ».
À l’époque du « tournant ontologique », on a beau souligner le respect croissant pour ces proches de nous que sont devenus les végétaux ( ne serait-ce que dans la rhétorique ambiante). Nous adorons les magnolias, nous protégeons les oiseaux, mais lorsqu'il s'agit d'avoir la paix, nous restons très anthropocentristes*.
C'est une manière comme une autre de respecter la tradition**.
* Dans un monde qui commence à reconnaître (ou, plutôt, qui recommence à penser) que les plantes aussi ont une personnalité, une intelligence, une sensibilité, on pourrait se demander comment elles ont perçu cette initiative municipale).
* La tradition de « Brest, ville minérale ».
Le square de la Tour d'Auvergne (sans étourneaux et sans magnolias)
« Et si l'araignée que tu as tuée dans ta chambre avait toujours cru que tu étais son compagnon de vie ? »
RépondreSupprimerF Dostoievski
Armelle Sêpa.
Oui, je pense que les magnolias, entendant nos déclarations de « philodendron » (litt. : celui qui aime les arbres), croyaient pouvoir dormir sur leurs deux oreilles.
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