Nudité anthropomorphe du gibier. Still Life of Dead Game with Hounds, Alexandre-François Desportes, 1730.
Je reviens sur mon aphorisme du billet précédent : « La chasse, sur le plan fantasmatique, est un va-et-vient permanent entre l’animalité et l’humanité de la proie ».
Cette généralisation avait été précédée par le propos suivant :
Alors là … si un chasseur m’entendait … je veux dire un chasseur « standard », il crierait au scandale. Il me dirait : « Mais ça va pas ? C’est un raisonnement pervers. Moi, je sais bien faire la différence entre un humain et un non-humain ». Je lui répondrais ce que je viens de vous dire :
« C’est indiscutable - mon cher chasseur - mais dans tes récits, dans tes poèmes, et même dans les discours que tu fais au bar avec tes copains, tu anthropomorphises ta proie. Tu la présentes comme un être intentionné, avec sa personnalité, ses astuces, ses vices. Et tu anthropomorphises même ses caractéristiques physiques ».
J’en ai ensuite profité pour suggérer à mon auditoire la lecture de l’article « Sur qui tire le chasseur ? Jouissances dans les bois », publié dans n. 67 de la revue Terrain et consultable en ligne : https://journals.openedition.org/terrain/16152
Je partage tout à fait votre analyse. J’ajouterai qu’il y a peut-être aussi un va-et-vient entre empathie et agressivité. Empathie (a minima au niveau de l’espèce) dans l’effort mis à connaître la biologie, l’éthologie, l’écologie de la proie. Agressivité dans l’acte final de sa mise à mort.
RépondreSupprimerVenant d’un chasseur, je trouve votre commentaire édifiant (à plusieurs titres).
RépondreSupprimerEst-ce un "édifiant" ironique ?
RépondreSupprimerNon, pas du tout. Je trouve que votre témoignage légitime un peu plus mon analyse et qu'il confirme l’idée que l’on peut être chasseur tout en gardant une certaine capacité introspective (comme vous le savez, ce n’est pas toujours le cas).
RépondreSupprimerMerci pour vos précisions réconfortantes.
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