vendredi 4 septembre 2020

(Ba)lanceurs d’alerte infiltrés dans le milieu

 

Je tombe sur ce tweet. Il m’interpelle. Ce n’est pas son contenu qui me dérange, mais sa forme (qui recèle des contenus moins évidents mais tout aussi importants).  J’ai la plus grande admiration pour les lanceurs d’alerte, ces individus courageux qui bravent les interdits, et souvent le sens commun, en criant  haut et fort ce  que l'on cherche à cacher*. J’en profite, au passage, pour rappeler que Julian Assange est toujours en prison**. Je suis donc attristé par le galvaudage de ce néologisme ("lanceur d'alerte" est une expression toute récente) trop souvent employé pour  anoblir des comportements équivoques. À ce rythme n’importe quel délateur («mouchard », « balance », « donneur », « indic », « poucave », « sycophante », « cafard », « collabo », « traître », « Judas »***) devient un lanceur d’alerte.

 

* Ils ne hurlent pas avec les loups, ils ne titillent pas l’angélisme et le voyeurisme ambiants.

** On pourrait qualifier Julian Assange de balanceur balancé (et j’arrête-là parce que ça nous amènerait très loin. Certains auront compris ce que je suis en train d’insinuer). 

***  Source : Wikipédia