Duccio di Buoninsegna : L'ultima cena (1308-1311). Sur la table, du pain, du vin et un agneau rôti.
On interprète trop souvent le refus de l'alimentation
carnée comme le résultat d'une prise de conscience : depuis que l'on a appris
que les bêtes sont des "proches de
l'homme " (on le savait depuis longtemps mais on faisait semblant de
rien), nous ne pouvons plus les manger le cœur léger. Il n'empêche
que derrière l'argument
"animalitaire" se cachent
souvent d'autres motivations, tout aussi idéologiques que celles justifiant l'engouement pour la viande.
Derrière la viande, finalement, on refuse autre chose.
Cela vient de très loin.
Les Pythagoriciens, par le refus de la viande, refusaient l'institution du
sacrifice qui était au cœur du pouvoir politique.
Ne pas manger de la viande revenait à contester le pouvoir en place. Mais tout
au long de notre histoire, finalement, des mouvements hérétiques ou subversifs
ont exprimé leur dissidence par des choix alimentaires alternatifs. Des études
récentes sur la communauté antispéciste montrent que le refus de manger de la
viande s'accompagne assez souvent du refus de l'autorité paternelle, de
l'autorité étatique et, plus généralement, des normes et de valeurs qui règlent
notre société*. "Je ne mange pas de viande pour ne pas me conformer". "Je ne mange pas de viande pour ne pas être comme
vous!". "Je ne mange pas de viande pour saboter votre plaisir d'être à table, votre commensalité !"...
.*
* Cf. Catherine-Marie Dubreuil, Libération animale et végétarisation du monde. Ethnologie de
l'antispécisme. Éditions du CTHS, 2013
* Refus de l'alimerntation carnée et commensalité ne sont pas incompatibles, je le sais. Comme le dit le psychanalyste Octave Mannoni, "Je sais bien mais quand même ...".
* Refus de l'alimerntation carnée et commensalité ne sont pas incompatibles, je le sais. Comme le dit le psychanalyste Octave Mannoni, "Je sais bien mais quand même ...".
Ça me fait penser à "La Grande Bouffe", (rediffusée dernièrement, mais non merci, sans façon).
RépondreSupprimerLes bourgeois cochons qui gagnent par KO au combat de la subversion en retournant l'arme contre eux.