On connaît la joie inaugurale suscitée par la première gorgée de bière. On prête moins d’attention à la déception que l’on éprouve en découvrant que la dernière cerise était abîmée ou que la dernière noisette était vide.
Ce qui gêne, dans ce genre d’expériences, n’est pas seulement l’interruption inattendue d’un plaisir programmé. C’est que ces contretemps, en raison de leur pouvoir allégorique, se présentent comme des signes, des présages.
Nous constatons l'accident (« Un pagure dans le dernier bulot ? Que veut-il me communiquer? »). Après une brève pause divinatoire nous nous disons : « Enfin, on n’est plus au Moyen Âge ! » Ce qui nous permet de passer à autre chose.*
* Ce « nous » est très arbitraire, je le reconnais. Je parle de ceux, d’entre nous, qui n’ont pas réussi à se débarrasser, malgré les progrès de la pensée rationnelle, du vieux schéma « analogiste » qui alimente les superstitions.
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